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Actualités - Chronologie

Moeurs Au nom du père (photo)

Le premier homme dans la vie d’une femme c’est ce personnage à la voix grave que perçoit la minuscule femelle blottie dans les bras maternels. Petit à petit, cette présence secondaire va acquérir une importance telle que de grands anatomistes de l’âme qualifieront de «capitale» dans le développement de la personnalité féminine, le regard du père... Au cours des années, en effet, ce personnage auxiliaire vole la vedette à son épouse aux yeux de leur fille. Il est de plus en plus difficile de résister à ce mâle puissant dont la présence à ses côtés, sensiblement plus réduite que la maternelle, le rend encore plus désirable. Le temps n’arrange pas les choses. Le lien qui unira la petite fille à son père laissera des traces profondes et indélébiles dans l’arrière-plan de sa conscience. Entre-temps, sans bien savoir pourquoi, elle minaude autour de lui et prend modèle sur sa mère pour gagner son attention, le détournant «de l’autre» dont il semble tellement apprécier la présence. Il arrivera un moment, bien plus tard, où la minuscule séductrice, devenue adulte, évaluera d’un œil bien plus critique ce mâle à qui elle doit la vie. Mais ce premier homme attentif ou absent, tyrannique ou bon copain, tatillon ou permissif, définira sa future personnalité de femme et d’amoureuse... Selon la psychanalyste et psychologue Ghislaine Corraza-Le Guen, la fille, dès le tout premier stade de sa vie, reconnaît son père et tourne la tête vers lui dès son premier sourire. «L’attirance est déjà là», affirme-t-elle. Cette spécialiste reconnaît que toute fille, devenue adulte, peut faire la part entre les qualités et les défauts paternels tout en admettant que tels qu’ils sont, les pères sont essentiels au développement psychologique de leurs filles. En guise d’indication, cette psychanalyste trace le portrait de quelques types de pères en expliquant l’influence exercée sur leurs filles. Sans faire de la psychologie sauvage, ces indications pourraient éclairer certaines attitudes et aider à mieux comprendre leurs conséquences sur la progéniture féminine. Prévenant et attentif Père idéal, il aime sa fille telle qu’elle est, en veillant à ce qu’elle exprime sa personnalité tout en l’encourageant dans ses initiatives. Il veille à ses relations, connaît ses amis, il la guide sans la brimer et écoute avec intérêt ce qu’elle a à dire. Il la trouve belle et même, sans le répéter à longueur de journée, son appréciation se lit dans son regard. Elle ne se limite pas d’ailleurs au physique, car pour lui la beauté intérieure est encore plus importante que celles du visage et du corps. Il s’agit, on l’aurait compris, du père idéal. Bénéfique, son influence aidera sa fille à grandir, à mûrir et plus tard à vieillir sereinement. Le père admirateur À genoux devant sa fille, il la veut féminine dès l’enfance, belle et gracieuse. Il s’occupe de son apparence bien plus que de ses études en exaltant chez elle la séduction, la grâce, la féminité. Il tolère mal ses amis mâles et encore moins les admirateurs éventuels, surprotégeant son enfant comme une chasse gardée. Personne n’est à la hauteur du trésor... Au fil des ans, la fille finit par le croire, sombrant dans un narcissisme égal au sien. Car si ce père admire sa fille, c’est parce que c’est lui qui l’a faite: elle est son œuvre et son reflet. La suite est facile à deviner... On n’est pas très heureux en épousant sa propre image. Pour garder son côté «fille de papa», la fille restera pour de bon, sa vie durant, «une femme fille» qui aura du mal à s’échapper pour construire une vie à elle, loin de son père admirateur. Violent, critique et tyrannique Agressif, violent, jamais content, il a l’art de couper les ailes dans tous les domaines. Sa fille ne vaut rien, ne peut rien faire. Lui laissant peu d’espoir, même lorsqu’elle fait de son mieux, que ce soit dans ses études, son apparence, sa conduite. Il a le don de lui saper le moral, en expliquant qu’il agit pour son bien. Par réaction, la fille copie sa mère et finit par rechercher un homme tel celui que sa mère a épousé ! Autre version. Privée de toute confiance en elle, elle recherchera la perfection afin que personne ne puisse plus la prendre en défaut... Le regard des autres va la hanter et la condamner à une course perdue d’avance, à la solitude. En réaction, elle pourrait aussi essayer d’imiter l’exemple paternel, devenant son reflet féminin. Mais à la première occasion, elle replongera dans sa position initiale, minée par la critique perpétuelle qu’elle s’appliquera. Le père absent Ou bien il n’est pas là physiquement, ou bien, pour lui, sa fille n’existe pas. Son travail, ses amis, ses affaires ou quelque liaison clandestine accaparent son regard, sa pensée, son temps. Même si physiquement il est là, sa fille n’est qu’une ombre... Il sait peu de choses d’elle (ses goûts, ses centres d’intérêt, le nom de ses amis, parfois même son âge). En revanche, pour elle, il est le centre du monde et la moindre de ses remarques lui paraît un reproche. Elle guette, elle mendie une approbation qui ne vient jamais. Comment pourra-t-elle trouver son identité? Elle attend et cherche d’être reconnue pour elle-même, telle qu’elle est. Les amours impossibles deviennent son sort, les hommes étant des enfants qu’on ne peut prendre au sérieux. Comment pourra-t-elle bâtir du solide avec pareils principes?...
Le premier homme dans la vie d’une femme c’est ce personnage à la voix grave que perçoit la minuscule femelle blottie dans les bras maternels. Petit à petit, cette présence secondaire va acquérir une importance telle que de grands anatomistes de l’âme qualifieront de «capitale» dans le développement de la personnalité féminine, le regard du père... Au cours des années, en effet, ce personnage auxiliaire vole la vedette à son épouse aux yeux de leur fille. Il est de plus en plus difficile de résister à ce mâle puissant dont la présence à ses côtés, sensiblement plus réduite que la maternelle, le rend encore plus désirable. Le temps n’arrange pas les choses. Le lien qui unira la petite fille à son père laissera des traces profondes et indélébiles dans l’arrière-plan de sa conscience. Entre-temps, sans...