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Actualités - Chronologie

Qui sont les généreux de la junte ?

Face à Aung San Suu Kyi, égérie de la démocratie, une poignée de généraux, mal connus et insondables, tient la Birmanie sous férule depuis plus de dix ans. Si le Conseil pour la paix et le développement (SPDC), le nom de la junte depuis la fin 1997, est composé de 19 hauts gradés et gouverne par consensus, le véritable pouvoir repose entre les mains d’une troïka : THAN SHWE, L’ARBITRE : Le n° 1 de la junte est le généralissime Than Shwe, commandant-en-chef des forces armées, Premier ministre et ministre de la Défense. Selon la rumeur, le général-président approcherait de la fin de sa carrière et envisagerait, à 68 ans, de prendre sa retraite. C’est lui qui joue les arbitres et, dit-on, maintient un savant équilibre entre les différentes factions de la junte. MAUNG AYE, LE (PROBABLE) DAUPHIN : Le n° 2 est le général Maung Aye, 63 ans, vice-président du SPDC et chef de l’armée de terre. Il est peu connu, n’aime guère la publicité et serait, selon ses proches, assez taciturne. Son étoile grandit depuis peu au sein de la junte, où il est en train de consolider son pouvoir, et il devrait succéder à Than Shwe quand ce dernier prendra sa retraite. Preuve en est qu’il est désormais responsable des grandes décisions économiques. Soldat de carrière, Maung Aye a gagné ses galons contre les maquis communistes pro-chinois sur le front nord-est de la Birmanie. Il est devenu amateur de golf et parle parfaitement anglais. On le dit soucieux de protéger la réputation de l’armée, sinon de restaurer son prestige terni. Certains assurent même qu’il souhaiterait dissocier l’armée de la gestion politique au quotidien. KHIN NYUNT, STRATÈGE ET PROPAGANDISTE : Le n° 3, le général Khin Nyunt, est à la fois premier secrétaire («S-1») de la junte et chef des renseignements militaires. Il est le plus «visible» des généraux, ce qui ne veut pas dire qu’il soit le plus puissant. «S-1» est considéré comme un pragmatiste et on l’oppose commodément à la faction la plus conservatrice, la plus autarcique, de la junte. Gros travailleur, c’est lui qui oriente largement la politique étrangère du régime. Il a notamment obtenu l’adhésion de la Birmanie à l’Association des nations du sud-est asiatique (Asean) en 1997. À son actif aussi, la signature d’une série de cessez-le-feu entre le gouvernement central et les principales minorités ethniques, longtemps rebelles, à l’exception des Karens. Féru de politique, il est ambivalent à l’égard de l’opposante Aung San Suu Kyi : un jour il l’appelle «ma petite sœur» mais, quotidiennement, les services secrets à ses ordres s’appliquent à l’isoler et à détruire son parti. Il est peu probable, estime-t-on aujourd’hui, que Khin Nyunt parvienne jamais au poste de n° 1, mais il restera longtemps incontournable. En arrière plan, l’ombre de Ne Win, 89 ans, l’ancien autocrate, que l’on ne voit jamais en public. Il vit confiné chez lui à Rangoon. Ne Win a incarné la «voie birmane vers le socialisme» (1962-88), une expérience désastreuse qui a conduit la Birmanie à l’isolement et à la banqueroute dont elle ne s’est toujours pas relevée. Certains experts assurent qu’il tire toujours les ficelles du pouvoir tandis que d’autres estiment qu’il est définitivement retiré des affaires de l’État. On le considère comme le protecteur politique de Khin Nyunt.
Face à Aung San Suu Kyi, égérie de la démocratie, une poignée de généraux, mal connus et insondables, tient la Birmanie sous férule depuis plus de dix ans. Si le Conseil pour la paix et le développement (SPDC), le nom de la junte depuis la fin 1997, est composé de 19 hauts gradés et gouverne par consensus, le véritable pouvoir repose entre les mains d’une troïka : THAN SHWE, L’ARBITRE : Le n° 1 de la junte est le généralissime Than Shwe, commandant-en-chef des forces armées, Premier ministre et ministre de la Défense. Selon la rumeur, le général-président approcherait de la fin de sa carrière et envisagerait, à 68 ans, de prendre sa retraite. C’est lui qui joue les arbitres et, dit-on, maintient un savant équilibre entre les différentes factions de la junte. MAUNG AYE, LE (PROBABLE) DAUPHIN : Le n° 2 est...