Ils font la couverture des magazines. Ils sont jeunes, beaux et célèbres. Riches aussi, faisant tout simplement rêver les femmes. La «Top Boys», institution instaurée par le vingtième siècle, poursuit sa brillante carrière en changeant de millénaire. Tout pourtant sépare ces mannequins de leurs collègues du sexe d’en face. Là où elles proclament haut et fort leur noble profession, les hommes, eux, optent pour le profil bas. On pardonne en effet difficilement à l’homme de gagner son pain à la beauté de ses traits. Ceci n’empêche nullement certains d’entre eux de faire fortune en faisant commerce de leur image. «La beauté est l’avenir de l’homme», prédisait déjà la devise publicitaire d’une crème à raser en 1980... Vingt ans plus tard, le grand «boum» annoncé n’a pas eu lieu. Mais les mentalités évoluent, et si on n’a pas encore atteint le sommet doré, on n’est pas très loin du but. La beauté est en train, en effet, de devenir l’avenir pour certains hommes, qui ont cependant assez de sagesse de ne pas en faire une carrière unique de l’exploitation de leurs avantages physiques. Comme on peut le constater plus loin, tous ces «beaux gosses» ont des carrières et des projets de rechange... Ils sont fils de familles, jeunes, un brin mélancolique, souvent universitaires et bien conscients de l’état précaire de cette carrière. Entre-temps, elle leur permet de voyager, de gagner richement leur vie en se mettant physiquement en valeur. Avoir aussi des centaines de femmes à leurs pieds... Même si la durée du temps doré est courte, le jeu vaut bien la chandelle... Si les mannequins hommes en tirent profit, ils savent parfaitement que le temps travaille contre eux. Ainsi tous ont des occupations et des carrières parallèles. S’ils profitent des substantiels avantages que leur rapporte leur physique, ils construisent tous un avenir où avoir des rides ou prendre quelques kilos n’est pas vraiment une tragédie... Markus Schenkenberg est Suédois, brun aux yeux noisette. Il garde toujours son bonnet de laine enfoncé jusqu’aux oreilles et circule, hors du podium, en doudoune... Ce profil bas est sa règle dans la vie privée. Mais Markus Schenkenberg est le plus beau des hommes au top. En Italie, les filles en hurlant lui barrèrent le passage à la fin d’un défilé. Très poli, très distant, il poursuit son chemin en cultivant sa (superbe) forme. En 1989, Calvin Klein, fier de sa découverte, l’a lancé en publiant cent seize photos de son corps, aussi parfait que des sculptures antiques. Dans son ascendance on compte une aïeule indonésienne, ce qui explique son détachement asiatique et son apparente douceur. Que pense-t-il de son métier ? «Au bout de sept ans, il est devenu un gagne-pain comme un autre. Un jour on est seul face au photographe, le lendemain on se retrouve entouré, adulé comme un héros. Puis après...». Berthil. Ce Norvégien de 27 ans, 1,85 m, blond aux yeux bleus, vient d’un petit village, Grimstad, où personne ne penserait accorder de l’importance à son physique. Dans sa famille, ses parents très rigoureux étaient surtout fiers de compter des missionnaires et un médecin sélectionné pour le prix Nobel de la paix. Il a été découvert par les limiers d’une agence, à Los Angeles, au cours d’un parcours, sac au dos, de l’Afrique et des États-Unis. «Je n’avais plus que 25 cents en poche. J’étais soulagé qu’on me propose quelque chose. Mais je ne comprenais pas ce que le photographe voulait de moi lorsqu’il criait : “Diable, sois donc plus sexy !”», avoue-t-il aujourd’hui. En gardant toutefois en tête sa devise : «Nous naissons originaux et nous mourrons des copies»... Patrick Petitjean. Armani, Missoni, Trusardi, Gigli se disputent ce Français sosie de James Dean, originaire de... Lourdes. Très photogénique, 1,83 m de taille, yeux bleus et cheveux châtain clair, cet étudiant en hôtellerie, poussé par sa sœur, a proposé quelques photos à des agences à Paris. Il n’a pas fallu plus pour que le futur cuisinier change de vocation. Sa ressemblance avec Dean, son sourire, ses mensurations très «nouvelle vague», son profil «mauvais garçon» le propulsent parmi ceux qui «marchent le mieux». «Je ne parle pas un mot d’anglais», regrette-t-il, mais les grandes griffes internationales se l’arrachent. Devant l’objectif, il se métamorphose en joyeux et espiègle jeune homme dans le vent... Christian William. C’est au fin fond d’Idaho, aux États-Unis, que cet amateur d’arts martiaux a été découvert par les chercheurs de tête de la mode... Quatre ans plus tard, cet Américain de 28 ans (1,87 m, yeux marrons, cheveux châtains) pose pour Lagerfeld, Krizia, Armani, Iceberg... Installé à New Jersey, père d’une fillette de huit ans, Christian William travaille dans la mise en scène et prépare un film sur les Indiens d’Amérique. Joel West est le mannequin par excellence des sous-vêtements de Calvin Klein. Il est d’ailleurs connu «le type qui choque de CK». Cheveux longs, regard de félin, lèvres charnues, il pose sur des affiches géantes en faisant grincer des dents l’Amérique puritaine. Originaire de l’Iowa, élève brillant, doué pour la photographie, Joel West suit des cours d’art dramatique «Quoi que je fasse, il me faut être le meilleur. C’est là pour moi un bien lourd handicap». À vingt et un an, Joel West (1,85 m, cheveux châtains, yeux gris-vert et teint de métisse) a devant lui un avenir bien plus vaste que celui du type en sous-vêtements de Calvin Klein...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ils font la couverture des magazines. Ils sont jeunes, beaux et célèbres. Riches aussi, faisant tout simplement rêver les femmes. La «Top Boys», institution instaurée par le vingtième siècle, poursuit sa brillante carrière en changeant de millénaire. Tout pourtant sépare ces mannequins de leurs collègues du sexe d’en face. Là où elles proclament haut et fort leur noble profession, les hommes, eux, optent pour le profil bas. On pardonne en effet difficilement à l’homme de gagner son pain à la beauté de ses traits. Ceci n’empêche nullement certains d’entre eux de faire fortune en faisant commerce de leur image. «La beauté est l’avenir de l’homme», prédisait déjà la devise publicitaire d’une crème à raser en 1980... Vingt ans plus tard, le grand «boum» annoncé n’a pas eu lieu. Mais les...