Expéditifs face à Utah, les Trailblazers de Portland retrouvent comme la saison dernière la finale de la Conférence-Ouest et viennent de perdre la première manche de leur duel avec les Lakers (94-109), par la faute de Shaquille O’Neal (41 points). Même si les nerfs de Rasheed Wallace, victime de sa huitième expulsion de la saison, ont encore lâché au cours de ce «Game One», Portland reste néanmoins un sérieux candidat au titre que les Trailblazers n’ont plus raflé depuis près d’un quart de siècle (1977). Construite grâce à la plus grosse masse salariale de la Ligue – 74 millions de dollars –, cette équipe n’a en fait pas le droit d’échouer. Durant la saison régulière, que Portland a terminée en troisième position seulement, elle s’est sans arrêt retrouvée affublée de surnoms toujours plus élogieux. On parlait par exemple de la «Dream Team de l’Oregon» ou encore de l’Arche de Noé car, selon le coach des Knicks de New York Jeff Van Gundy, l’auteur de cette trouvaille, «les Blazers ont tout en double». Mais surtout un cinq majeur étincelant, peut-être unique dans l’histoire de la NBA avec le meneur Damon Stoudamire, Steve Smith et Scottie Pippen sur les ailes, Rasheed Wallace et Arvydas Sabonis à l’intérieur. Ce cinq comprend surtout un certain Scottie Pippen. L’ancien lieutenant de Jordan a appris à voler de ses propres ailes ces dernières saisons et tient un rôle officieux de capitaine de route chez les Blazers. Même si, à l’exception de Bonzi Wells, tous ses équipiers ont disputé au moins une finale de Conférence, il est le seul à avoir connu les joies du sacre (à six reprises !). «L’importance de Scottie va apparaître. Portland a besoin de sa défense et sa polyvalence. Il va permettre à ses équipiers de rester concentrés sur l’objectif, car lui seul sait quoi faire pour gagner», annonce déjà Michael Jordan. L’énorme vécu de ce joueur, débarqué dans l’Oregon durant l’intersaison grâce à un énorme échange contre six autres éléments, se résume à un nombre : 190 matches de play-offs. Pippen atteindra cette barre durant la finale de Conférence. Après une saison régulière bouclée à 12 points de moyenne par match seulement, on a pourtant cru que l’ancien chien de garde de Chicago était retombé dans l’anonymat. Mais il a, en fait, un peu à l’image de Portland qui a mine de rien battu son record de victoires en déplacement (29), pris le temps de retrouver un second souffle. Car Pippen a aujourd’hui 34 ans et évolue avec des garçons eux aussi largement trentenaires pour la plupart (Schrempf, Sabonis, Grant, Smith, Anthony...). Cette moyenne d’âge élevée, plus les blessures récoltées par les trois premiers nommés en fin de saison régulière, expliquent sûrement le passage à vide enregistré avant les play-offs. Mourning maître défenseur La défense, c’est son affaire. Élu meilleur défenseur de la Ligue au terme de la saison dernière, Alonzo Mourning (2,08 m) garde son trophée et n’est que le cinquième joueur dans ce cas de toute l’histoire de la NBA. À 30 ans, et pour sa huitième saison au plus haut niveau depuis sa sortie du campus de Georgetown, «Zo» a, il est vrai, pris une part essentielle dans le bon parcours du Heat. Mais Miami a dû comme l’an dernier mettre un terme prématuré à sa saison, sorti une fois encore par l’ennemi new-yorkais dès les demi-finales de Conférence. À la fois premier scoreur (22 points par match) et meilleur rebondeur (9,6 prises de moyenne) du Heat, ce maître défenseur, auteur de 29 points lors du dernier match face aux Knicks, a aussi été élu roi des contreurs du championnat. Ce qui explique pour une grande part la dureté de la défense proposée par les joueurs de Floride, seconds en NBA dans ce domaine derrière San Antonio. Au four et au moulin, assez lucide en attaque pour terminer aussi sur le podium des joueurs les plus adroits, le centre du Heat a en fait aligné des stats qui auraient pu faire de lui un MVP (meilleur joueur) de la saison tout à fait présentable. Hélas pour lui, Shaquille O’Neal évoluait sur une autre planète.
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