Toujours en mouvement et toujours aimable, Timor Goksel, porte-parole de la Finul depuis 1979, a à peine le temps de répondre à quelques questions. Dans quelques heures, il doit prendre l’avion pour New York afin d’être sur place lorsque l’émissaire du secrétaire général de l’Onu, Terjé Roed-Larsen, remettra son rapport à M. Kofi Annan. En quelques phrases incisives, il se fait l’écho du sentiment général au sein de la Finul. «Les choses sont en train de changer, dit-il. C’est une période fascinante mais aussi très critique. C’est sur base du rapport du secrétaire général que le Conseil de sécurité devra définir le nouveau rôle de la Finul». Selon lui, la décision devra être prise d’ici à la fin de la semaine prochaine, car le temps presse. «Les Nations unies ont besoin d’un peu de temps pour s’organiser, surtout s’il s’agit d’augmenter leurs effectifs. Le Liban attend de nous que nous vérifions la totalité du retrait israélien, mais si cela est fait, où trouver immédiatement les soldats pour les envoyer combler le vide ? Il nous faudra être prêts et, pour cela, une décision doit être prise en ce sens. Nous avons des contraintes techniques dont doivent tenir compte ceux qui prennent les décisions». Pour M. Goksel, il existe actuellement deux grands obstacles : le cas de l’ALS, qui pour le Liban est une affaire interne, et celui des fermes de Chebaa. Concernant l’ALS, Goksel ne croit pas à une réédition de l’aventure de 78, lorsque le major Saad Haddad avait conservé une portion de territoire sous l’appellation du «Liban libre». «Cette aventure avait entraîné Israël dans une invasion du Liban. Or, je ne crois pas que cela soit la tendance actuelle. Au contraire, les Israéliens veulent se retirer de ce pays et non se lancer dans une nouvelle invasion». Goksel est confiant dans le génie libanais à trouver des solutions aux problèmes les plus épineux. «Ils sont très créatifs et ils finiront bien par trouver une formule», dit-il. Il précise toutefois que l’Onu a été prise de court par l’affaire des fermes de Chebaa. Selon le Liban, si Israël ne se retire pas de ces fermes, la résolution 425 ne sera pas appliquée. Pour Israël, il s’agit d’une terre peut-être arabe, mais certainement pas libanaise. Or, la résolution 425 évoque le retrait du territoire libanais uniquement. Goksel affirme toutefois, contrairement à ce qui a été dit dans la presse, que M. Roed-Larsen n’a émis aucune opinion à ce sujet, se contentant d’écouter les uns et les autres. Selon lui, une fois leur décision prise, les Israéliens pourront se retirer en 48 heures. «Le timing tiendra compte des travaux de fortification de la frontière. Une fois ceux-ci achevés, tout ira très vite et peut-être sans avertissement préalable. C’est pour cela qu’il faut être prêt très rapidement. D’autant que les Israéliens pourraient recourir à une grande couverture aérienne pour assurer leur retrait…».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Toujours en mouvement et toujours aimable, Timor Goksel, porte-parole de la Finul depuis 1979, a à peine le temps de répondre à quelques questions. Dans quelques heures, il doit prendre l’avion pour New York afin d’être sur place lorsque l’émissaire du secrétaire général de l’Onu, Terjé Roed-Larsen, remettra son rapport à M. Kofi Annan. En quelques phrases incisives, il se fait l’écho du sentiment général au sein de la Finul. «Les choses sont en train de changer, dit-il. C’est une période fascinante mais aussi très critique. C’est sur base du rapport du secrétaire général que le Conseil de sécurité devra définir le nouveau rôle de la Finul». Selon lui, la décision devra être prise d’ici à la fin de la semaine prochaine, car le temps presse. «Les Nations unies ont besoin d’un peu de temps...