Un enseignant de la communauté juive de Chiraz, Faramarz Kachi, s’est livré hier à son tour à des «aveux» télévisés d’espionnage au profit d’Israël, lors de la cinquième audience du procès des 13 juifs iraniens à Chiraz (sud). «J’avoue avoir fait de l’espionnage pour le compte du régime sioniste et avoir trahi mon pays», a dit Faramarz Kachi, 39 ans. «C’est par mon professeur d’enseignement religieux qui avait de fortes relations et affinités avec Israël que je suis entré dans ce réseau qui a profité de mes sentiments religieux», a-t-il dit. En revanche, son frère cadet, Farzad, 33 ans, également enseignant mais aussi responsable de l’abattage selon les rites religieux juifs à Chiraz, et qui comparaissait à ses côtés hier, a rejeté «toutes les accusations à son encontre», a déclaré aux journalistes le principal avocat des accusés, Me Ismaël Nasseri. La télévision d’État avait déjà très longuement diffusé les «aveux» de trois autres accusés. À l’issue de cette cinquième audience, des membres de la famille des deux frères Kachi ont été autorisés à rencontrer les accusés sur le parking du tribunal révolutionnaire de Chiraz, ont constaté les journalistes. En sortant de la salle d’audience, Me Nasseri a une nouvelle fois dénoncé ces «aveux» télévisés et estimé que cette pratique «est contraire à la morale» et constitue un «péché». Il avait annoncé auparavant son intention de déposer une «protestation» auprès de la télévision d’État. Rappelant que «le procès à huis clos n’est pas fini et que les accusations ne sont pas encore prouvées», il a dénoncé une nouvelle fois «la médiatisation du procès», ouvert le 13 avril. «La diffusion des “aveux” par la télévision iranienne est comme une condamnation pour les accusés», s’est indigné l’avocat. Pour la première fois depuis le début du procès, la télévision iranienne a diffusé mercredi en fin de matinée des images de la petite salle d’audience. Les séquences montraient le juge, Sadegh Nourani, la quarantaine, barbe noire, en complet veston, qui suivait une intervention d’un des trois avocats présents à l’audience. Le juge avait entendu dans la matinée l’accusé Nasser Lévi-Haïm, qui avait déjà comparu lundi et qui, à l’issue de sa déposition, avait avoué devant la presse qu’il s’était livré à de l’espionnage au profit d’Israël. «Son rôle était indirect et consistait à collecter des renseignements fournis par les autres membres du groupe», avait affirmé lundi son avocat. Les cinq accusés, qui ont comparu depuis le début du procès, ont tous reconnu les faits qui leur sont reprochés. Mais deux d’entre eux, Ramin Farzam et Ramin Nemati-Zadeh, ont jusqu’ici refusé tout contact avec la presse. Lundi, la défense avait demandé en vain la levée du huis clos imposé au procès. L’un des accusés, Chahrokh Paknahad, avait confirmé lundi à la télévision ses aveux à l’audience du 3 mai et affirmé avoir créé un réseau à Ispahan (centre) où il est rabbin. Avant lui, le principal accusé, Hamid Tefilin, dit «Dany», avait parlé à la presse, réitérant ses «aveux» sur sa collaboration avec les services secrets israéliens (Mossad). Il avait auparavant fait une «confession» télévisée. Le procès continue de susciter de vives réactions dans le monde et l’inquiétude de la communauté juive iranienne. Avec les comparutions de mercredi, sept des 13 accusés juifs auront été auditionnés. Trois des accusés sont en liberté provisoire. Huit musulmans, également en liberté provisoire, sont impliqués dans cette affaire et seront jugés séparément. La sixième audience aura lieu lundi.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un enseignant de la communauté juive de Chiraz, Faramarz Kachi, s’est livré hier à son tour à des «aveux» télévisés d’espionnage au profit d’Israël, lors de la cinquième audience du procès des 13 juifs iraniens à Chiraz (sud). «J’avoue avoir fait de l’espionnage pour le compte du régime sioniste et avoir trahi mon pays», a dit Faramarz Kachi, 39 ans. «C’est par mon professeur d’enseignement religieux qui avait de fortes relations et affinités avec Israël que je suis entré dans ce réseau qui a profité de mes sentiments religieux», a-t-il dit. En revanche, son frère cadet, Farzad, 33 ans, également enseignant mais aussi responsable de l’abattage selon les rites religieux juifs à Chiraz, et qui comparaissait à ses côtés hier, a rejeté «toutes les accusations à son encontre», a déclaré aux...