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Actualités - Chronologie

Les réformateurs défient les radicaux et lancent un nouveau quotidien

Les réformateurs ont défié lundi la justice, dominée par les conservateurs, en lançant un quotidien, alors que leur presse était pratiquement décapitée il y a quelques jours, à la suite de la suspension de 16 de leurs journaux. Ce nouveau titre, Bahar (Printemps), dirigé par le directeur du bureau de presse du président réformateur Mohammad Khatami, Saïd Pour-Azizi, voit le jour après la suspension par la justice depuis le 23 avril de 11 quotidiens. La vague de suspensions a atteint notamment Sobh-é-emrouz, dirigé par le conseiller du président, Saïd Hajarian, victime d’un attentat le 12 mars, et Mocharekat (Participation), dirigé par Mohammad-Reza Khatami, son frère et le chef de file des réformateurs aux élections législatives. Le quotidien, qui a recruté précisément parmi d’anciens journalistes de Sobh-é-emrouz, publie à la «une» un dessin montrant plusieurs journaux suspendus comme autant de gouttes de pluie qui font fleurir le printemps. Il publie également une photo et une déclaration de M. Hajarian, la première depuis l’attentat dont il a été victime, qui compare les suspensions de journaux à «l’incendie des cultures, et non à l’arrachage des mauvaises herbes». Mais ce journal apparaît dans un climat de grande tension politique, trois jours après le second tour de scrutin, le 5 mai, qui a amplifié le triomphe des réformateurs au premier tour, le 18 février, mais les conservateurs ne désarment pas. Dimanche, le Conseil de surveillance, instance qui valide les élections, dominée par les conservateurs, a pour la première fois laissé planer le doute sur la proclamation des résultats du premier tour à Téhéran, qui a pourtant eu lieu il y a près de trois mois, arguant d’importantes «fraudes» découvertes à la faveur d’une troisième vérification des urnes. Une nouvelle polémique s’est engagée avec le ministère de l’Intérieur, qui avait déjà publié en mars des résultats officieux. Selon lui, les 30 sièges de la capitale étaient pourvus dès le premier tour. Les 29 premiers étaient des proches du président Khatami, dont Mohammad-Reza Khatami, le mieux élu avec 61 % des voix. L’ancien président Ali Akbar Hachémi Rafsandjani, chef de file des conservateurs et des modérés, serait élu in extremis, en dernière position. «La publication des résultats du nouveau comptage de 1 167 urnes prouvera que ces allégations sont sans fondement», affirme lundi le ministère dans un communiqué publié par la presse. Hier matin, un membre influent du Conseil de surveillance, Gholamreza Rezvani, cité par Irna, a déclaré que «compte tenu des vérifications qui avaient été réalisées, il semblait peu probable que les élections de Téhéran soient annulées», ajoutant qu’une décision devrait être prise mercredi par le Conseil. Selon l’anayste Khosro Abedi, cette stratégie «par petites touches» du Conseil de surveillance, qui traîne en longueur pour proclamer les résultats, vise à empêcher le président Khatami de disposer d’une majorité des deux tiers, nécessaire notamment pour faire voter un référendum. Le Parlement étant de 290 membres, compte tenu des invalidations, et des attributions à des candidats conservateurs de sièges initialement annoncés comme remportés par les réformateurs, l’annulation des résultats de Téhéran ne permettrait pas au président de disposer des 194 députés indispensables, souligne-t-il.
Les réformateurs ont défié lundi la justice, dominée par les conservateurs, en lançant un quotidien, alors que leur presse était pratiquement décapitée il y a quelques jours, à la suite de la suspension de 16 de leurs journaux. Ce nouveau titre, Bahar (Printemps), dirigé par le directeur du bureau de presse du président réformateur Mohammad Khatami, Saïd Pour-Azizi, voit le jour après la suspension par la justice depuis le 23 avril de 11 quotidiens. La vague de suspensions a atteint notamment Sobh-é-emrouz, dirigé par le conseiller du président, Saïd Hajarian, victime d’un attentat le 12 mars, et Mocharekat (Participation), dirigé par Mohammad-Reza Khatami, son frère et le chef de file des réformateurs aux élections législatives. Le quotidien, qui a recruté précisément parmi d’anciens journalistes de...