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Actualités - Reportages

Revue hebdomadaire des marchés Beyrouth : persistance des inquiétudes

Au terme d’une semaine écourtée de deux journées de travail, lundi et mardi, en raison du chômage officiel à l’occasion des Pâques orthodoxes et du 1er mai, le dollar a continué à être activement recherché à Beyrouth en l’absence d’intérêts à la vente en dehors de la Banque du Liban (BDL). Ce phénomène, lié essentiellement aux inquiétudes entourant la situation au Liban-Sud depuis que le gouvernement israélien a décidé de retirer ses troupes des zones occupées dans cette région d’ici au 7 juillet, s’est renforcé après la multiplication des affrontements entre le Hezbollah et les Israéliens, et les raids aériens de la nuit. Mais, l’action de la BDL est venue encore une fois rétablir l’équilibre rompu entre l’offre et la demande de la devise américaine dans le cadre de sa politique de stabilité monétaire. En procédant ainsi, à satisfaire la demande en cette monnaie au haut de sa fourchette d’intervention maintenu à 1 514,00 LL, comme le bas de cette fourchette à 1 501,00 LL, celle-ci est parvenue à la faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, sans aucun changement, depuis le 9 septembre dernier. Pourtant, les établissements de crédit, qui se sont approvisionnés en dollar auprès de la BDL, ont été amenés à le négocier entre 1 514,50 et 1 515,50 LL, ont indiqué les cambistes de la place. Et d’ajouter que le volume d’affaires de cette semaine, réduite à trois journées ouvrables, aurait dépassé quarante millions de dollars, en grande partie placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, dans un marché toujours préoccupé par la détérioration de la situation au Liban-Sud, surtout après l’escalade militaire dans cette région et les raids israéliens contre les centrales électriques de Bsalim et de Beddawi. La dégringolade de l’euro avive les spéculations d’intervention À l’étranger, le gros coup de faiblesse de l’euro cette semaine, qui a brisé de nouveaux plus bas historiques face à l’ensemble des grandes devises, a déclenché de fortes rumeurs d’intervention sur les marchés. Fragilisée par ses maigres performances de la semaine précédente, la monnaie unique européenne a cumulé les records historiques à la baisse face au dollar (à 0,8846), au sterling (à 0,5697) et au yen (à 95,87), avant de se reprendre en fin de semaine grâce aux rumeurs d’intervention. Une nouvelle fois, l’euro a été durement maltraité par les cambistes, qui ont reporté leurs achats sur le dollar et le sterling, laissant l’euro dégringoler en dessous du seuil de 0,90 dollar et perdre ainsi près d’un quart de sa valeur face au billet vert depuis son lancement en janvier 1999. Toutes les raisons étaient bonnes pour se débarrasser de la monnaie unique cette semaine, fait-on remarquer dans les milieux cambistes. À commencer par les mises en garde mardi par la Banque centrale européenne (BCE) concernant l’adhésion de la Grèce à l’euro, qui a agi, selon les cambistes, comme «un drapeau rouge en face d’un taureau». Il était aussi évident pour la plupart des opérateurs que tant que les flux de capitaux continueront de sortir d’Europe pour être placés aux États-Unis, la monnaie unique européenne continuera de souffrir. Devant l’étendue des dégâts, les opérateurs ont fini par spéculer sur une intervention de la BCE. La veille, des rumeurs de rachats d’euros par la Bundesbank, la Banque de France et la Banque d’Italie ont donné du ressort à la monnaie unique, lui permettant de se reprendre au-dessus de 0,89 dollar. Ces rumeurs, non commentées officiellement, ont également été avivées hier par les nombreuses déclarations de responsables politiques et économiques. Les cambistes étaient de plus en plus convaincus, en fin de semaine, que la BCE viendrait au secours de l’euro sur les marchés, après la mise en garde sans fard du gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, et le message du président de la BCE, Wim Duisenberg, aux citoyens européens. «Je suis profondément convaincu que les marchés réaliseront rapidement, avec notre aide, que les parités actuelles sont clairement déconnectées des données fondamentales de l’économie et qu’en conséquence, le potentiel d’appréciation de la monnaie unique se concrétisera rapidement», a lancé M. Trichet. C’est la première fois qu’un responsable monétaire européen laisse entendre que la BCE pourrait intervenir sur les marchés pour faire remonter l’euro. De son côté, le président de la BCE s’est adressé directement aux citoyens en les rassurant de la stabilité de l’euro en un geste exceptionnel. «Les citoyens européens peuvent être assurés que le futur de l’euro est celui d’une monnaie forte, basée sur la stabilité des prix et la force de l’économie européenne», a déclaré M. Duisenberg, assurant aussi les Européens de la «vigilance de la BCE». La monnaie unique a également été brièvement aidée hier par la publication des chiffres sur le chômage américain, qui est tombé à 3,9 % de la population active des États-Unis le mois dernier, soit son plus bas niveau depuis janvier 1970, dans une économie engendrant 340 000 créations d’emplois non agricoles avec une hausse du salaire horaire de 0,4 %, relançant des spéculations sur une hausse des taux d’intérêt américains. Les signes de pressions inflationnistes sur l’économie aux États-Unis pourraient en effet pousser la Réserve fédérale américaine (Fed) à resserrer agressivement sa politique monétaire, au risque de perturber les marchés boursiers et d’affecter le dollar. Ces suppositions n’ont toutefois pas entamé la force du dollar qui profitait de la fermeture des marchés du Japon pour la Golden Week (de mercredi à vendredi), pour se négocier à ses plus hauts niveaux depuis deux mois face à la devise nippone, au-dessus des 108,00 yens. Par ailleurs, le marché a sanctionné la décision de la Banque d’Angleterre de laisser inchangé son principal taux directeur à 6 %, en poussant le sterling à un plus bas face au billet vert depuis quatre ans sous le seuil de 1,53 dollar. C’est dans ce contexte, que le dollar est parvenu à achever la semaine hier sur un ton très soutenu par rapport à la fin de la semaine dernière, comme suit : – 0,8980 pour un euro contre 0,9105 – 1,5260 pour un sterling contre 1,5505 – 2,1785 DM contre 2,1480 – 7,3050 FF contre 7,2030 – 1,7310 FS contre 1,7170 – 2 156,75 lires contre 2 126,15 – 108,40 yens contre 108,10. Une semaine volatile pour les marchés boursiers Sur les places boursières internationales, les marchés américains et européens ont connu une semaine très volatile, les boursiers nerveux semblant toujours prêts à tout moment à pousser les valeurs de la «nouvelle économie» et de «la vieille économie» dans les deux sens. Les déboires de Microsoft et les craintes inflationnistes ont continué de nourrir quelques courants spéculatifs à la baisse, alors que les résultats trimestriels de certaines locomotives de la cote américaine sont venus soutenir le marché. En outre, les statistiques économiques contradictoires publiées durant cette semaine ont également tiré la tendance dans les deux sens. À cet égard, l’annonce d’un ralentissement de la hausse de l’indice des directeurs d’achat aux États-Unis ( le N.A.P.M.) de 55,8 points en mars à 54,9 points en avril et de celle de la productivité américaine de 6,9 % au quatrième trimestre 1999 à 2,4 % au premier trimestre 2000 est venue exclure toute résurgence de l’inflation d’un côté. En revanche, la hausse des coûts salariaux aux États-Unis de 1,8 % au premier trimestre contre une baisse de 2,9 % au dernier trimestre 99, ainsi que la forte diminution du chômage à 3,9 % de la population active le mois dernier contre 4,1 % en mars accompagnée de 340 000 créations d’emplois supplémentaires après 458 000 créations pendant la même période sont venues nourrir les craintes d’un resserrement monétaire agressif par la Fed et peser par moments sur la cote, d’un autre côté. De ce fait, Wall Street passait tantôt au rouge tantôt au vert, entraînant dans son sillage les grandes Bourses européennes parfois paniquées par la chute de l’euro (qui traduit la poursuite des achats d’actifs américains) et parfois soutenues par sa dépréciation qui rend les valeurs des sociétés exportatrices européennes plus compétitives. Certes, tous ces facteurs conjugués ont alimenté la volatilité des marchés cette semaine. En effet, d’une huitaine à l’autre, le Nasdaq a évolué de 3 860,66 points à 3 810,98 points et le Dow Jones des industrielles de 10 733,91 points à 10 563,31 points. De l’autre côté de l’Atlantique, l’évolution des Bourses européennes a aussi contrasté avec la hausse du Dax allemand de 7 414,68 points à 7 530,82 points et du CAC 40 français de 6 419,72 points à 6 545,76 points d’un côté, et la baisse du Footsie britannique de 6 327,40 p
Au terme d’une semaine écourtée de deux journées de travail, lundi et mardi, en raison du chômage officiel à l’occasion des Pâques orthodoxes et du 1er mai, le dollar a continué à être activement recherché à Beyrouth en l’absence d’intérêts à la vente en dehors de la Banque du Liban (BDL). Ce phénomène, lié essentiellement aux inquiétudes entourant la situation au Liban-Sud depuis que le gouvernement israélien a décidé de retirer ses troupes des zones occupées dans cette région d’ici au 7 juillet, s’est renforcé après la multiplication des affrontements entre le Hezbollah et les Israéliens, et les raids aériens de la nuit. Mais, l’action de la BDL est venue encore une fois rétablir l’équilibre rompu entre l’offre et la demande de la devise américaine dans le cadre de sa politique de...