Les causes de l’extinction des dinosaures, il y a quelque 85 millions d’années, soulèvent de nombreuses interrogations, les paléontologues argentins soutenant pour leur part que la chute d’une météorite n’en est pas l’unique explication. En 1998, des scientifiques de l’Université de Tokyo, placés sous la responsabilité de Takafumi Matsui, vinrent étudier le sol de la province de Neuquen (1 200 km au sud-ouest de Buenos Aires) où ont été découverts les restes fossilisés des plus grands dinosaures connus. Cette investigation avait pour but de déterminer la présence éventuelle d’iridium, un métal contenu dans le platine mais dont les universitaires pensent qu’il provient d’une météorite. Takafumi Matsui a affirmé que les preuves existent de l’explosion d’un gigantesque météorite s’écrasant sur la terre à la fin du crétacé supérieur, dans une zone actuellement délimitée par la péninsule du Yucatan, au Mexique. Selon ce scientifique, l’impact a dégagé des quantités extraordinaires d’énergie, avec des températures 10 000 fois supérieures à celles que pourrait produire l’explosion simultanée de tous les arsenaux nucléaires américains et russes. Cette collision produisit en outre un déséquilibre de l’écosystème de la planète et les fortes températures provoquèrent des raz-de-marée avec des vagues de 100 mètres de hauteur. Le paléontologue argentin Rodolfo Coria a affirmé également que la chute d’une météorite à la fin du crétacé est «un fait avéré» qui a pu contribuer à la fin des dinosaures, mais il pense que ce n’est pas la seule cause. La météorite tombée au large du Yucatan «devait mesurer plusieurs kilomètres de diamètre et son impact a généré des effets similaires à plusieurs bombes atomiques», suggère-t-il. «Mais les plaques continentales étaient également en totale redistribution, ce qui a provoqué la création de ponts entre des continents qui étaient séparés depuis cent millions d’années. Cela laisse supposer que se produisirent des échanges entre diverses faunes», explique le directeur du musée de paléontologie Carmen Funes de Plaza Huincul. «Ces échanges ont pu donner lieu à la prolifération de microbes contre lesquels certaines espèces n’étaient pas protégées». Et, de plus, «les dinosaures vivant au crétacé supérieur étaient déjà moins nombreux qu’au jurassique où ils connurent leur apogée», soutient M. Rodolfo Coria. Toutefois, «tous les animaux ne périrent pas à cette époque puisque certains oiseaux survécurent». Pour Leonardo Salgado, expert du musée de l’Université de Comahue, dans la province de Neuquen, «l’extinction d’une espèce est un processus biologique très difficile à comprendre dans lequel peuvent entrer plusieurs facteurs : internes, comme l’histoire de l’évolution d’un groupe, environnementaux, en plus de la chute d’une météorite». «Les explications ‘monocausales’ sont les plus simples, mais ces disparitions reflètent un processus très complexe», dit-il.
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