Les Lensois ont quitté la scène européenne, logiquement éliminés par Arsenal en demi-finale de la Coupe de l’UEFA (1-0, 2-1) mais fiers d’un parcours exceptionnel. «Leur victoire est totalement méritée, ils ont fait un grand match», reconnaissait le milieu de terrain Olivier Dacourt, résumant le sentiment général des Lensois après le match, tant la supériorité technique et collective de l’équipe anglaise était évidente, surtout en seconde mi-temps. Le manager général d’Arsenal, Arsène Wenger, acquiescait : «Avec notre vitesse d’exécution et la qualité de nos passeurs, nous avons eu la possibilité de profiter des espaces adverses». Avec un but de retard après le match aller, les Lensois étaient obligés d’attaquer et de se découvrir, au risque de se prendre un but en contre. Le scénario redouté s’est réalisé: juste avant la mi-temps, Thierry Henry marquait un superbe but en pleine lucarne, obligeant les Lensois à en inscrire trois et à prendre d’autant plus de risques. Peut-être tétanisés par l’importance de la rencontre, les Lensois «n’ont pas mis de rythme dans le match», regrettait leur entraîneur François Brisson, et «ont perdu la bataille du milieu de terrain» face à la paire française Emmanuel Petit-Patrick Vieira, beaucoup plus présente qu’à l’aller. Les Londoniens, en ratant une multitude d’occasions dans le premier quart d’heure de la seconde mi-temps, permettaient cependant à Lens de revenir dans le match par Pascal Nouma, à l’abord du dernier quart d’heure. Mais après avoir égalisé Nouma ratait la balle de 2-1, seul devant le gardien anglais Seaman à huit minutes de la fin. «Si on avait marqué, cela aurait donné un autre relief à la fin de match. Au contraire, ce sont eux qui marquent. C’est là qu’on voit la différence entre un grand club européen et le nôtre», constatait le capitaine lensois Guillaume Warmuz. Le match a en effet souligné la différence de niveau entre un onzième du championnat français et une équipe classée 3e en Premier League et regorgeant d’internationaux, dont trois champions du monde français. Arsenal se payait même le luxe de laisser sur son banc des joueurs comme le Néerlandais Overmars et le Nigérian Kanu. Les Lensois peuvent être fiers d’un parcours européen au cours duquel ils ont éliminé des équipes a priori supérieures sur le papier comme Kaiserslautern, l’Atletico Madrid et le Celta Vigo. Ils ont atteint pour la première fois ce niveau de la compétition. «On pourra ajouter à notre palmarès cette demi-finale de la Coupe de l’UEFA», se félicitait le président du RC Lens, Gervais Martel, fixant rendez-vous à la fin du match aux 40 000 supporteurs lensois qui ont ovationné l’équipe. «L’an prochain nous ne serons pas européens mais on veut absolument y retourner dès la fin du championnat prochain. La Coupe d’Europe permet de progresser en rencontrant de grosses équipes», soulignait Gervais Martel. Istanbul célèbre une qualification « historique » de Galatasaray La place de Taksim, à Istanbul, a célébré dans l’euphorie la qualification de l’équipe turque de Galatasaray à Leeds (2-2, après une victoire 2-0 à l’aller) pour la finale de la Coupe de l’UEFA. C’est à cet endroit que deux supporters anglais avaient été poignardés à mort le 5 avril, à la veille du match aller, lors d’une bagarre entre partisans des deux clubs. Comme dans le reste du pays, des milliers de personnes ont manifesté leur joie dans les rues, chantant ou usant du klaxon pour fêter la première finale d’une équipe turque dans une compétition européenne. «Nous avons donné la réponse qu’il fallait à la manière dont nous avons été traités», crie Hulya, 22 ans, «c’est la victoire de la Turquie ce soir». Après les incidents mortels précédant le match aller, le club de Leeds avait interdit aux supporters turcs d’assister au match retour en Angleterre «C’est le plus beau jour de ma vie !», raconte Recai, 45 ans, descendu dans la rue avec sa femme. «Galatasaray sera la première équipe à ramener la coupe en Turquie», affirme Can, le visage peint en rouge et jaune, à l’unisson des milliers de fêtards qui ont envahi le centre de la ville. La télévision turque a montré les mêmes manifestations de joie dans de nombreuses villes du pays Le président de la République turque, Suleyman Demirel, a lui-même déclaré que la victoire en finale de l’équipe stanbuliote serait la «récompense suprême» pour l’équipe de Galatasaray. Arsenal part favori Arsenal, remodelé de fond en comble par l’entraîneur français Arsène Wenger, part évidemment avec une longueur d’avance pour la finale de Copenhague le 17 mai. Mais les Turcs ne sont pas les premiers venus. Ils n’ont perdu aucun match à l’extérieur dans leur parcours en UEFA. Ils ont toujours marqué au moins deux buts loin de leur base. Mieux encore : ils ont même infligé de sérieuses déconvenues au Borussia à Dortmund (0-2), vainqueur de la C1 en 1997, et surtout à Majorque aux Baléares (1-4). Galatasaray compte une équipe solide, avec dans les buts le gardien brésilien Taffarel (deux finales de Coupe du monde à son actif), les Roumains Popescu et Hagi, et l’attaquant vedette turc Akan Sukur, en mesure de rivaliser avec son homologue français d’Arsenal Thierry Henry, qui marque un but par match en ce moment. Pour le reste, Galatasaray regroupe de nombreux internationaux turcs qui vont aborder en confiance le championnat d’Europe des nations. Enfin, la formation d’Istanbul est portée par tout un pays, qui n’a pas apprécié l’ostracisme de ses supporteurs après les graves incidents du match aller. «On peut exclure un joueur, interdire les supporteurs, mais on ne peut pas bannir l’esprit qui a permis à cette équipe d’aller en finale, avec le soutien de 60 millions de Turcs», a déclaré l’entraîneur de Galatasaray Fatih Terim.
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