La campagne des classiques printanières s’achève samedi à Maastricht avec l’Amstel Gold Race mais il n’est pas besoin d’attendre la manche néerlandaise de la Coupe du monde pour dresser un bilan décevant du cyclisme français. En terme de résultats, il est nul. En terme de participation, il est très médiocre. Ce constat avait déjà été entrevu l’an dernier quand il était patent que certaines équipes étrangères n’avaient retenu aucune leçon de l’affaire Festina. Cette année, l’excuse est irrecevable. En fait, les coureurs français, pour la plupart, souffrent d’une déprime. Dans les classiques flandriennes, une seule équipe a tenu son rang. Toujours placée, jamais chanceuse à l’image de Christophe Mengin (20e du Tour des Flandres, trois jours avant une chute dans Gand-Wevelgem), la Française des Jeux avait plutôt bien tenu le coup avec Frédéric Guesdon (17e de Paris-Roubaix) et ses deux Danois Lars Michaelsen (11e de Gand-Wevelgem) et Frank Hoj (échappé derrière Johan Museeuw) dans le final de Paris-Roubaix. C’est vrai que dans ces courses-là, les maillots de l’équipe Cofidis s’étaient mis en évidence mais en l’occurrence ils étaient portés par des coureurs belges (Chris Peers, Peter Farajzin). Toutes les autres équipes françaises engagées sont passées inaperçues. Une bonne deuxième division Festina avait délégué une formation de jeunes coureurs inexpérimentés n’ayant aucune chance de s’en sortir, AG2r s’en est remis au seul Jaan Kirsipuu, finalement défaillant, et le Crédit Agricole a démontré un drôle de changement de cap. Longtemps considérée comme une équipe de classiques sous l’ère de Gilbert-Duclos Lassalle puis de Frédéric Moncassin, elle est devenue une formation de courses par étapes avec Bobby Julich, Jonathan Vaughters et Jens Voigt. Vinrent ensuite les classiques ardennaises où les Français ont touché le fond. Certes Laurent Jalabert a été très présent (troisième de la Flèche wallonne, dixième de la Doyenne) mais en l’occurrence, le numéro un mondial a laissé passer deux énormes occasions de garnir son palmarès de deux belles lignes. Cela dit, on ne peut pas lui reprocher d’avoir été absent. Tous les autres, de Stéphane Heulot (Française des Jeux), à Christophe Moreau (Festina), Benoit Salmon (AG2r) et David Moncoutié (Cofidis), n’ont pas été à la hauteur de leur réputation et ils ont rappelé les pires heures du cyclisme français quand, dans les années 70, leurs aînés faisaient un complexe dans les classiques, occupant les derniers rangs du peloton sans jamais se sentir concernés. Les Français ont failli et il ne fait pas de doute qu’aucun d’entre eux n’a le potentiel d’un Fignon, d’un Mottet ou d’un Madiot. Il est évident aussi que le Tour de France accapare leur esprit et qu’ils rêvent tous de disputer le Mondial en octobre à Plouay. Ils pensent aussi (cela doit être vrai pour certains cas isolés) qu’il existe deux règles du jeu en matière de préparation. Il est temps toutefois qu’ils prennent conscience que le cyclisme va moins vite, que leurs adversaires étrangers ont désormais peur de faire un effort inutile quand, il y a deux ans, ils faisaient exploser le peloton plusieurs fois dans la journée, que ces mêmes adversaires s’entraînent avec toujours autant de motivation. Ce qui n’est pas le cas dans le camp tricolore. Depuis le début de saison, les deux meilleures formations françaises sont pensionnaires de la deuxième division (Jean Delatour et Bonjour) et Laurent Brochard aurait eu plus sa place à Liège qu’au Tour d’Aragon. Face aux rumeurs, l’équipe Jean Delatour monte au créneau Les dirigeants de l’équipe cycliste professionnelle française Jean Delatour sont montés au créneau, mardi à Lyon, pour réaffirmer leur engagement contre le dopage à la suite des rumeurs nées de l’enquête instruite par la justice à Perpignan. Ces rumeurs sont d’autant plus regrettables, selon eux, qu’elles surviennent alors que la décision sur une éventuelle participation au Tour de France sera connue à la fin mai. Le directeur sportif, Michel Gros, revenu du Tour d’Aragon (Espagne), s’est déclaré scandalisé, devant la presse, par le «raccourci qui a été fait» avec son passé au VC Lyon Vaulx-en-Velin, où sont passés certains des coureurs mis en examen. Le médecin de l’équipe, Roland Mathieu, a expliqué sa «volonté d’un cyclisme propre», déplorant «de mauvaises habitudes héritées notamment des pays de l’Est». Le directeur général du groupe Jean Delatour, Serge Fréty, a déploré le manque d’infrastructures de formation et d’éducation dans le cyclisme, «troisième sport pratiqué après le football et le tennis». Le groupe Jean Delatour (horlogerie-bijouterie en grandes surfaces) a investi 15 MF (2,29 M EUR) sur cinq ans dans son équipe cycliste. «Les enjeux économiques sont importants», a souligné le PDG Jean-Pierre Fréty, qui s’est adjoint les conseils d’un avocat. «Ce n’est pas notre volonté d’aller devant les tribunaux, mais si on doit le faire, on le fera», a-t-il prévenu. Un pharmacien et un ancien coureur toujours en garde à vue Un pharmacien et un ancien coureur cycliste, interpellés lundi respectivement à Montblanc, près de Béziers (Hérault), et à Saint-Tropez (Var), se trouvaient toujours en garde à vue mardi dans le cadre de l’enquête sur le dopage et le trafic de stupéfiants instruite à Perpignan, a-t-on appris de source proche de l’enquête. Deux mandats d’amener ont été délivrés à l’encontre du pharmacien Christian Thiriez et d’un ancien coureur de Rhône-Alpes, Frédéric Berlet, qui devraient être présentés mercredi ou jeudi au juge Francis Boyer pour être mis en examen, a-t-on précisé de même source. Lundi, un autre pharmacien basé à Agde (Hérault) et son assistant avaient été entendus à titre de témoins et sont ressortis libres dans la soirée, a-t-on précisé de source proche de l’enquête. Au cours d’une perquisition dans l’officine à Montblanc, quelques documents, ayant trait à la délivrance de substances illicites à des coureurs à partir d’ordonnances de complaisance, ont été saisis tandis qu’un peu de morphine a été découverte au domicile du pharmacien. L’enquête doit se poursuivre dans les jours qui viennent dans la région de Béziers tandis que les gendarmes procèdent à des vérifications sur des informations concernant la région Rhône-Alpes. Lundi soir, un ancien licencié du VC Bourgoin-Jallieu, Camillo Corcetti, 40 ans, actuellement sans emploi, avait été mis en examen et écroué tandis que le Dr Yves Faure, 48 ans, médecin généraliste à Saint-Just Chaleyssin (Isère), a été mis en examen et laissé en liberté sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer. Depuis l’interpellation fin février près de Perpignan de deux cyclistes amateurs du vélo sprint de Narbonne (Aude), 15 personnes ont été mises en examen dans le cadre de cette enquête et 9 d’entre elles placées sous mandat de dépôt. La plupart sont d’anciens coureurs cyclistes.
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