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Actualités - Chronologie

La nuit, les snipers tchétchènes empêchent les russes de dormir

Un sniper et un combattant armé d’une mitrailleuse progressent silencieusement vers une base russe, déchargent d’un trait leurs munitions et se replient. Les Tchétchènes harcèlent ainsi toutes les nuits les positions russes dans les montagnes. Chaque détachement tchétchène s’est fixé pour objectif un poste de contrôle ou une base de Russes, ont indiqué les combattants qui mènent cette guérilla contre les forces fédérales dans la région d’Itoum-Kale, un village situé dans les gorges de l’Argoun à environ 25 kilomètres de la frontière avec la Géorgie, au sud de la république indépendantiste. «Cette nuit, il y avait une mauvaise visibilité, on a pu s’approcher tout près, à une centaine de mètres», raconte Magomed, un rebelle tchétchène de 27 ans. «On a tiré à la mitrailleuse et au lance-grenade avant de nous retirer immédiatement», explique-t-il. S’en est suivi, comme d’habitude, un déluge de feu en provenance du retranchement russe, mais trop tard, les combattants avaient déjà déguerpi. Les tirs russes tous azimuts ne cesseront cependant plus de la nuit. Parfois, les snipers restent cachés durant des heures sans bouger avant de tirer le moindre coup de feu. Il s’agit d’attendre et de bien repérer les soldats russes qui se découvrent imprudemment «afin de les tuer à coup sûr», souligne Magomed. Les combattants estiment que trois ou quatre soldats russes périssent ainsi en moyenne chaque nuit dans ce type d’attaques éclair. Ce bilan ne prend pas en compte les attaques sur les colonnes fédérales en déplacement qui sont bien plus meurtrières mais moins fréquentes. Les bilans annoncés par l’état-major fédéral, 1 839 morts et 5 266 blessés depuis le 5 septembre selon les derniers chiffres, sont contradictoires mais Magomed a son explication. «Nous avons remarqué que les soldats russes tués au cours de ces attaques étaient enterrés directement sur place», affirme-t-il. «Après, ils déclarent “un mort et un blessé”. Ni les parents ni les proches n’apprendront leurs morts avant la fin de la guerre, assure-t-il, ce sera comme s’ils continuaient à combattre». Toujours est-il que les soldats russes, actuellement stationnés dans les montagnes du sud de la république indépendantiste et qui essuient chaque nuit les tirs d’un adversaire invisible et insaisissable, deviennent nerveux, semblent envahis par la peur. Il arrive même qu’ils se mettent à tirer sans la moindre provocation tchétchène. «Au début, on croyait qu’ils étaient ivres, mais ensuite on a compris qu’ils faisaient ça pour nous faire peur, nous tenir à distance et nous faire comprendre qu’ils ne dorment pas», raconte Magomed.
Un sniper et un combattant armé d’une mitrailleuse progressent silencieusement vers une base russe, déchargent d’un trait leurs munitions et se replient. Les Tchétchènes harcèlent ainsi toutes les nuits les positions russes dans les montagnes. Chaque détachement tchétchène s’est fixé pour objectif un poste de contrôle ou une base de Russes, ont indiqué les combattants qui mènent cette guérilla contre les forces fédérales dans la région d’Itoum-Kale, un village situé dans les gorges de l’Argoun à environ 25 kilomètres de la frontière avec la Géorgie, au sud de la république indépendantiste. «Cette nuit, il y avait une mauvaise visibilité, on a pu s’approcher tout près, à une centaine de mètres», raconte Magomed, un rebelle tchétchène de 27 ans. «On a tiré à la mitrailleuse et au lance-grenade...