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Actualités - Chronologie

Art - Exposition dans une ancienne gare Dali, entre acier et béton

C’était autrefois une gare de marchandises, où les caisses s’entassaient entre les poutres d’acier; aujourd’hui, l’Expressguthalle de Stuttgart (sud de l’Allemagne) accueille près de 500 œuvres de Salvador Dali, dans un but éminemment pédagogique. Les lithographies des Amours de Cassandre s’alignent sous le tablier d’une voie encore en service, la série des Douze tribus d’Israël serpente entre les lourds piliers aux boulons noircis, sous la lumière chiche tombant de hautes fenêtres aux verres dépolis. Régulièrement, le passage assourdissant d’un train vient couvrir la musique sépulcrale qui se déverse des haut-parleurs. «Cela donne une ambiance surréaliste, les gens aiment plutôt», affirme Lothar Stoll, le responsable de l’exposition itinérante. «L’art appartient à tous, nous voulons le sortir des musées», explique-t-il, convaincu que «les gens en ont assez des salles traditionnelles». Dali – l’œuvre d’un génie avait déjà été hébergée dans une ancienne fonderie à Essen (ouest) l’an dernier et dans les bâtiments historiques de la Citadelle à Berlin avant d’atterrir, jusqu’au 14 mai, dans la gare de Stuttgart. Cadre inattendu L’exposition, constituée de collections rassemblées par la Fondation Stratton, ne prétend certes pas au statut de grand événement culturel, même si, parmi les lithographies et dessins, quelques sculptures caractéristiques de l’artiste espagnol attirent l’œil: les montres molles de la Persistance de la mémoire ou du Profil du temps, les tiroirs de La Femme en flammes, la silhouette d’Alice au pays des merveilles. L’objectif : élargir l’audience traditionnelle. Exposer dans un cadre inattendu, loin de l’intimidante muséographie traditionnelle, permet selon M. Stoll «de toucher des gens qui sinon ne mettraient jamais les pieds dans un musée». À Berlin, 200 000 personnes avaient selon lui plébiscité le concept. Depuis l’ouverture à la mi-mars à Stuttgart, 23 000 visiteurs sont venus braver le froid du bâtiment. Des adolescents, sac à dos fermement arrimé, des hommes entre deux âges qui errent devant les cadres soigneusement agrémentés de leur légende pédagogique, des couples main dans la main. Deux lycéennes commentent avec animation une série de lithographies. Melia, 16 ans, découvre un peintre qu’elle ne connaissait pas avant que son amie Britta ne l’entraîne à l’exposition, à la sortie des cours. Elle aime sans restriction: «C’est impressionnant de voir le travail qu’il y a derrière...». Mais ne se dit pas prête pour autant à aller traîner dans les musées, où «tout est distant». Le cadre ? «Disons que ça demande un effort d’adaptation», estime prudemment Franz Guster, de passage à Stuttgart pour la journée. «Je savais qu’il y avait cette exposition, je me suis dit que si j’avais un moment j’irais la voir», affirme ce commercial de 57 ans qui dit avoir découvert Dali il y a une quinzaine d’années, lors d’une grande exposition à Zurich. Mais l’exposition attire aussi un public plus traditionnel, telle cette Française de 57 ans installée à Stuttgart et venue avant une soirée au concert. «Je n’aurais pas exposé un impressionniste ici. Mais Dali... cela va plutôt bien avec le cadre», estime Anne-Marie Adolff. Après Stuttgart, les œuvres de Dali doivent émigrer pour Hanovre (nord), à l’occasion de l’exposition universelle, avant de partir pour New York et Sydney.
C’était autrefois une gare de marchandises, où les caisses s’entassaient entre les poutres d’acier; aujourd’hui, l’Expressguthalle de Stuttgart (sud de l’Allemagne) accueille près de 500 œuvres de Salvador Dali, dans un but éminemment pédagogique. Les lithographies des Amours de Cassandre s’alignent sous le tablier d’une voie encore en service, la série des Douze tribus d’Israël serpente entre les lourds piliers aux boulons noircis, sous la lumière chiche tombant de hautes fenêtres aux verres dépolis. Régulièrement, le passage assourdissant d’un train vient couvrir la musique sépulcrale qui se déverse des haut-parleurs. «Cela donne une ambiance surréaliste, les gens aiment plutôt», affirme Lothar Stoll, le responsable de l’exposition itinérante. «L’art appartient à tous, nous...