On connaît le dicton: «L’union fait la force». Il implique un comportement très courant, autant chez les animaux que chez l’homme, qui pousse à se grouper. En psychologie on parle de grégarisme ou d’instinct grégaire, et dans le langage courant de «montanisme». Les oiseaux, les animaux, les poissons, les huîtres et les moules le pratiquent autant que les humains. Un comportement, en fait, très répandu dans le monde qui, paradoxalement, n’a pas encore reçu d’explication scientifique précise, malgré un nombre impressionnant de thèses et d’antithèses... «Se défendre contre la prédation» serait une des explications les plus souvent avancées. Mais d’autres thèses viennent contredire cette assertion en rappelant que la cohue, signalant aux prédateurs la présence de la proie et le massacre qui en résultait, aurait dû, au cours des siècles, dissuader les diverses espèces de toute tentative de rassemblement. Les détracteurs de cette théorie rétorquent que si le grégarisme persiste c’est parce que le bénéfice tiré par la reproduction des espèces de ces rassemblements est considérable. Ils stimulent, facilitent les accouplements et contribuent ainsi à la perpétuité des espèces. Mais il y a un point à ne pas occulter dans cette approche: ces sont les microbes, bactéries et parasites qui tirent un immense profit de ces assemblées. Des milliers de victimes, fauchées au Moyen Age avec la croissance des villes durant les grandes expéditions et autres mouvements de populations, témoignent de l’immense bénéfice que bactéries, germes, tout protozoaire tirent de ces accumulations humaines. L’explication de la raison d’être du grégarisme reste à découvrir donc même si les raisons de sa persistance échappent à la définition. L’épreuve du restaurant Pour certains chercheurs, cependant, le grégarisme reste toujours un sujet d’étude. Il en est ainsi pour Etienne Dawchin, directeur au CNRS de Paris. Pour lui, le «montanisme est un processus sélectif, hérité des temps où l’homme cherchait le meilleur habitat et la meilleure partenaire sexuelle. La recherche de ce “mieux” se faisait en groupe et dans le cadre du groupe». En guise de démonstration, ce scientifique évoque «le cas du restaurant». Deux établissements voisins proches dont rien ne permet de distinguer le meilleur. Si un groupe s’installe, au hasard, dans l’un d’entre eux, les éventuels prochains clients feront le même choix, estimant que là où il y a plus de monde on est forcément mieux servi et mieux nourri... Le même processus s’applique à la lettre aux... moules. Des expériences démontrent que ces mollusques ont tendance à se fixer là où d’autres moules sont déjà installées, même si alentour d’autres rochers aussi, sinon plus convenables, sont disponibles. Chez les humains ce principe a des limites. Quand la compétition devient trop forte, de nouveaux amateurs cherchent d’autres sites pour s’établir, créant de la sorte de nouveaux pôles d’attraction. Ceci n’apporte toujours pas une explication à l’existence de ce communautarisme qui pousse les hommes à se comporter comme les sardines, les moules ou les moutons...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats On connaît le dicton: «L’union fait la force». Il implique un comportement très courant, autant chez les animaux que chez l’homme, qui pousse à se grouper. En psychologie on parle de grégarisme ou d’instinct grégaire, et dans le langage courant de «montanisme». Les oiseaux, les animaux, les poissons, les huîtres et les moules le pratiquent autant que les humains. Un comportement, en fait, très répandu dans le monde qui, paradoxalement, n’a pas encore reçu d’explication scientifique précise, malgré un nombre impressionnant de thèses et d’antithèses... «Se défendre contre la prédation» serait une des explications les plus souvent avancées. Mais d’autres thèses viennent contredire cette assertion en rappelant que la cohue, signalant aux prédateurs la présence de la proie et le massacre qui en...