Le télescope spatial européen XMM, lancé en décembre par une fusée Ariane 5, a transmis ses premiers clichés et fonctionne «au-delà des prévisions», se sont félicités les scientifiques du programme. Ces clichés, pris par XMM entre le 19 et le 25 janvier, révèlent un monde d’énergies élevées – donc de hautes températures –, bien différent du ciel habituellement observé, en optique notamment, ont souligné ces scientifiques en présentant ces premières images au centre des opérations scientifiques de l’Agence spatiale européenne (ESA) à Villafranca, près de Madrid.Plus gros satellite de l’ESA à ce jour (3,8 tonnes au lancement), XMM (X-Ray Multimirror Mission), rebaptisé «Observatoire XMN-Newton», en hommage au père de la spectroscopie et physicien de la gravitation, va permettre l’étude approfondie des phénomènes violents de l’univers : résidus de supernovae (explosions d’étoiles massives), trous noirs, quasars (noyaux actifs de galaxies lointaines), étoiles doubles... Ses premières images concernent une région du Grand Nuage de Magellan, un amas de galaxies et une étoile double. Situé à 160 000 années-lumière de la terre, le Grand Nuage de Magellan est une petite galaxie (20 000 années-lumière de diamètre) de l’hémisphère austral, satellite de la nôtre dont elle se rapproche et avec laquelle elle finira par entrer en collision. L’image qu’en a prise l’une des trois caméras X de XMM, EPIC-PN (European Photon Imaging Camera), porte sur une région de la galaxie, la nébuleuse de la Tarentule (ou 30 Doradus), où les gigantesques quantités de matières expulsées par des supernovae voisinent avec des étoiles naissantes. Un million de degrés La température y est d’un million de degrés, les rayons les plus chauds y apparaissent en bleu, les rayons intermédiaires en vert et les moins chauds en rouge. Au centre du cliché, figure un objet en forme d’arc, inconnu jusqu’ici. Là, s’est réjoui Martin Turner, chercheur responsable des EPIC, «nous pouvons voir, comme nous l’espérions, des étoiles naître à partir d’une partie des éléments expulsés à travers l’espace par des étoiles massives, lors de leur explosion». L’amas de galaxies HCG 16 (Groupe Hickson 16) a été observé à la fois par une caméra X et une caméra optique. Dans ce cas, outre des galaxies très lumineuses, le télescope permet de voir, pour la première fois à l’arrière-plan sur le cliché, une centaine de sources X faiblement lumineuses. Enfin, une caméra a été pointée sur HR1099, une étoile à peine visible à l’œil nu mais qui apparaît d’une intense luminosité en rayonnement X. Il s’agit en fait d’une étoile double : les deux étoiles, dont l’une est semblable au soleil et l’autre moins active, tournent l’une autour de l’autre en trois jours. Ce mouvement ultrarapide est à l’origine d’une «sorte de dynamo infernale» et c’est ainsi un ensemble de gigantesques éruptions et orages, vraisemblablement dû au magnétisme que révèle XMM autour de l’étoile. Après cette parfaite mise en service de XMM, a débuté la phase d’étalonnage et de vérification des performances des instruments, qui devrait permettre le démarrage des programmes d’observation en juin.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le télescope spatial européen XMM, lancé en décembre par une fusée Ariane 5, a transmis ses premiers clichés et fonctionne «au-delà des prévisions», se sont félicités les scientifiques du programme. Ces clichés, pris par XMM entre le 19 et le 25 janvier, révèlent un monde d’énergies élevées – donc de hautes températures –, bien différent du ciel habituellement observé, en optique notamment, ont souligné ces scientifiques en présentant ces premières images au centre des opérations scientifiques de l’Agence spatiale européenne (ESA) à Villafranca, près de Madrid.Plus gros satellite de l’ESA à ce jour (3,8 tonnes au lancement), XMM (X-Ray Multimirror Mission), rebaptisé «Observatoire XMN-Newton», en hommage au père de la spectroscopie et physicien de la gravitation, va permettre l’étude...