«Il est impensable que la présidence de la République ait pu envoyer une telle note : elle manque totalement de préparation et elle ignore non seulement les décisions et les législations internationales, mais jusqu’à la présence même de l’État libanais», a déclaré hier le président du Parti national libéral, Dory Chamoun, à sa sortie de Bkerké où il s’était entretenu avec le patriarche maronite Mgr Nasrallah Sfeir. Faisant ainsi allusion au mémorandum adressé par le chef de l’État Émile Lahoud au secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, un mémorandum qui «semble remettre à l’ordre du jour les accords du Caire de 1967 abolis depuis longtemps», M. Chamoun a jugé inacceptable que le Liban veuille se décharger de toute participation au maintien de la sécurité dans les camps palestiniens, «comme si cela incombait aux autres…». Il a ainsi rappelé que les pays arabes assuraient «eux-mêmes l’entier désarmement» des camps de leur pays et a catégoriquement refusé que «la libération de la Palestine se fasse à partir des terres libanaises». M. Chamoun a en outre déploré que ce mémorandum «ne respecte pas l’avis des gens du Sud, ceux-là mêmes qui étaient, à la base, opposés à la résistance palestinienne, parce qu’ils ont subi de plein fouet ses multiples conséquences, parmi lesquelles l’invasion israélienne». Affirmant qu’il n’y avait aucune autre solution à ce dossier que celles préconisées par l’Onu, «malgré les fautes commises de temps en temps par cette dernière», le président du PNL a rappelé qu’«au lieu de poser des conditions rédhibitoires», il «était du devoir du Liban» d’appliquer les décisions du Conseil de sécurité. «Je ne comprends pas qu’un tel mémorandum ait pu émaner de la présidence de la République : c’est comme si nous refusions les initiatives de Kofi Annan, comme si nous refusions l’application des résolutions 425 et 426 de l’Onu, comme si nous nous réjouissions de la présence de l’ennemi sur notre sol», a conclu M. Chamoun. Par ailleurs, Mgr Sfeir a reçu le deuxième vice-président du parti Kataëb, M. Karim Pakradouni, qui a, pour sa part, abondé dans le sens du chef de l’État, qui selon lui, «a posé pour la première fois les conditions indispensables pour que la paix dans la région ne se fasse pas au détriment du Liban». Reprenant certains points du mémorandum libanais adressé à Kofi Annan, tels que le désarmement des camps palestiniens qui devrait être du ressort de l’Onu, la nécessité pour le Liban d’obtenir des garanties israéliennes de non-agression, ou la demande libanaise de 70 milliards de dollars d’indemnités, M. Pakradouni a estimé que le Liban-Sud était devenu l’objet de tiraillements internationaux. «Un retrait précédé d’un accord impliquera la relance du volet syrien et un retrait sans accord préalable laissera la porte ouverte à toutes les éventualités», a-t-il enfin déclaré, mettant en garde contre «le retrait à n’importe quel prix».
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