Yoshiro Mori est arrivé au sommet comme la plupart des Premiers ministres japonais depuis la guerre, en construisant patiemment sa carrière durant 30 ans au sein du parti phare de la politique nippone. Comme son prédécesseur Keizo Obuchi, un camarade d’université, M. Mori est un pur produit du Parti libéral démocrate (PLD), qui gère le Japon depuis les années 50. À son instar, il n’est pas réputé pour être un homme d’idées ou de projets mais plutôt un gestionnaire efficace, surtout dans les relations humaines. «En bref, il n’est pas considéré comme un chef avec une forte autorité politique», résume le Yomiuri, le premier quotidien du pays. Moins réservé toutefois que M. Obuchi, M. Mori s’impose à ses interlocuteurs avec sa voix rauque et ses larges épaules, qui témoignent de sa passion pour le rugby, un sport qu’il pratique toujours, à 62 ans. Mais on le dit aussi influençable et indécis lorsqu’il est confronté à des choix difficiles. Yoshiro Mori est entré en politique à 31 ans, après une courte expérience de journaliste dans le quotidien de droite Sankei. En 1969, ce fils et petit-fils de maire est envoyé à la Chambre des représentants par les électeurs de sa région natale d’Ishikawa, sur la mer du Japon (est). Depuis, ils l’ont réélu neuf fois. En 1983, cette valeur montante du PLD décroche son premier portefeuille ministériel, à l’Éducation, dans le gouvernement Nakasone. Mais, cinq ans plus tard, son ascension marque un brusque arrêt. Sa réputation est ternie par son implication, au milieu de nombreux élus du PLD, dans le retentissant scandale Recruit, du nom d’un groupe d’édition ayant offert des actions en échange de faveurs. Après une traversée du désert, sans responsabilité autre que celle de député, il commence à relever la tête en 1991 en devenant président du conseil de stratégie politique du PLD puis en 1992-93 ministre de l’Industrie et du Commerce international (MITI). Deux ans plus tard, il prend le portefeuille de la Construction et poursuit, entre-temps, sa progression au sein du PLD, dont il devient secrétaire général en 1998. Son arrivée au pinacle de la politique nippone diffère en deux points de la plupart de ses prédécesseurs depuis la guerre : il n’a jamais été en charge des ministères prestigieux des Finances ou des Affaires étrangères, ce qui «pourrait être un handicap alors que le Japon accueille, en juillet, le sommet des chefs d’État et de gouvernement du G8», souligne le quotidien Asahi. De plus, M. Mori n’est pas à la tête du principal clan du PLD. Il dirige en effet la troisième, en nombre, des factions, ces groupes de parlementaires qui forment de véritables réseaux d’influence et de levée de fonds. Mais, grâce à son soutien de M. Obuchi, il bénéficie du soutien de la principale faction et a reçu l’aval du parti centriste Komeito, principal allié du PLD à la Diète. «La faction Obuchi a choisi spécialement un candidat facile à contrôler parce qu’il ne semble pas avoir beaucoup d’idées, notamment en économie», a estimé Kiichi Murashima, économiste senior au Nomura Research Institute. M. Mori, qui aime fréquenter le milieu du show-business, est marié et père d’un garçon et d’une fille.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Yoshiro Mori est arrivé au sommet comme la plupart des Premiers ministres japonais depuis la guerre, en construisant patiemment sa carrière durant 30 ans au sein du parti phare de la politique nippone. Comme son prédécesseur Keizo Obuchi, un camarade d’université, M. Mori est un pur produit du Parti libéral démocrate (PLD), qui gère le Japon depuis les années 50. À son instar, il n’est pas réputé pour être un homme d’idées ou de projets mais plutôt un gestionnaire efficace, surtout dans les relations humaines. «En bref, il n’est pas considéré comme un chef avec une forte autorité politique», résume le Yomiuri, le premier quotidien du pays. Moins réservé toutefois que M. Obuchi, M. Mori s’impose à ses interlocuteurs avec sa voix rauque et ses larges épaules, qui témoignent de sa passion pour le rugby,...