Deux cents municipalités suédoises, membres de la Fédération des communes (Kommunfoerbundet), envisagent de réduire à 30 km/h contre 50 km/h actuellement la vitesse maximale autorisée dans leur centre-ville. Ces municipalités justifient la mesure par l’augmentation du nombre de morts constatée au cœur des agglomérations. En 1998, sur les 540 personnes décédées dans un accident de la circulation sur les 150 000 kilomètres de routes publiques du royaume, 120 (soit 22 %) ont péri en ville sur une voie où la vitesse était limitée à 50 km/h, selon le dernier rapport annuel publié par l’administration des Ponts et Chaussées. Au total, 49 piétons, 32 cyclistes et 26 motocyclistes contre 13 automobilistes ont payé de leur vie une sécurité «mal assurée» en milieu urbain, d’après ce rapport. Les passages protégés pour piétons sont, statistiquement, l’endroit le plus dangereux pour traverser une rue dans une agglomération, a ainsi conclu une récente étude de l’université de Lund (sud). Les villes d’Uppsala (centre, 120 000 habitants) et Vasteraas (centre, 97 000 habitants) ont déjà réduit à 30 km/h la vitesse maximale autorisée au centre-ville. Leur décision est en ligne avec l’«option zéro» («zéro mort, zéro blessé et zéro accident») votée en octobre 1997 par le Riksdag (Parlement monocaméral) et que d’aucuns jugent irréaliste dans un pays dont le réseau routier est considéré comme l’un des plus sûrs d’Europe mais où la sécurité routière confine à l’obsession. Colère des taxis «Une réduction de la vitesse en agglomération doit nous permettre d’atteindre les objectifs fixés par l’“option zéro”», soit descendre sous les 400 morts cette année et sous les 250 en 2007, explique Gunnar Carlsson, directeur de la Sécurité routière suédoise (NTF). Goeteborg (sud-ouest, 725 000 habitants) et Malmoe (sud, 220 000 habitants), les deuxième et troisième villes du royaume, envisagent «sérieusement» d’adopter la mesure, selon Jan Soederstroem, chef de service à la Kommunfoerbundet. Les villes de Linkoeping (centre, 75 000 habitants) et Eskilstuna (sud, 63 000 habitants) seraient également sur le point de le faire, selon lui. À Stockholm, les 30 km/h sont déjà en vigueur depuis près de deux ans devant certaines écoles et commencent à être appliqués dans certaines zones résidentielles. Ils devraient être étendus graduellement à l’ensemble des rues de la capitale suédoise, à l’exception des grands axes de circulation sur lesquels les automobilistes pourront continuer à se défouler à 50 km/h. La nouvelle municipalité conservatrice, qui a remplacé en 1998 la précédente administration sociale-démocrate, assure que la mesure ne sera généralisée que si elle est acceptée par la population. Mais les rares zones limitées à 30 km/h provoquent toujours la colère d’un certain nombre d’automobilistes, et notamment celle des chauffeurs de taxis qui accusent les autorités de «haïr» les voitures et de vouloir les «éliminer» du centre-ville. Gare cependant à ceux qui ne respecteraient pas la nouvelle limitation. Les excès de vitesse sont sévèrement réprimés en Suède et le permis de conduire y est systématiquement retiré aux automobilistes ayant roulé 31 km/h de plus que la vitesse maximale autorisée. En outre, circuler avec plus de 0,2 gramme d’alcool dans le sang, le taux d’alcoolémie autorisé le plus faible des 15 pays de l’Union européenne, peut conduire directement en prison.
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