Les dix personnes accusées d’être impliquées dans l’attentat contre le dirigeant réformateur iranien Saïd Hajarian le 12 mars ont été remis à la justice, a indiqué hier la radio d’État iranienne. Saïd Asghar, l’auteur présumé et ses neuf complices, qui doivent être jugés par le tribunal révolutionnaire de Téhéran d’ici au 20 avril, étaient jusqu’ici en garde à vue sous la responsabilité du ministère des Renseignements. Les dossiers ont été transférés ces derniers jours au tribunal révolutionnaire de Téhéran, à la requête du chef de la justice de la province de Téhéran, l’hodjatoleslam Abbas-Ali Alizadeh, précise la radio. Selon la radio, M. Alizadeh a par ailleurs précisé que les accusés avaient été interrogés au siège du tribunal révolutionnaire de Téhéran, au cours de ces derniers jours. Les dix accusés sont tous âgés de 20 à 30 ans et leur identité a été révélée ces derniers jours. «Il faut éviter toute menace, pression et écarter tout danger visant les accusés», a expliqué M. Alizadeh pour justifier sa demande de remise à la justice des accusés, sans préciser s’il entendait par là l’intégrité physique des détenus, ou des pressions morales qui pourraient s’exercer sur eux. De son côté, le vice-ministre de la Culture et de l’Information Chaban Chahidi-Moadab a déclaré mardi lors d’une conférence de presse que «l’affaire Hajarian retardait le suivi des procédures des meurtres en série». Cette affaire des «meurtres en série» d’opposants – notamment le dirigeant laïc Daryoush Forouhar – et d’intellectuels, fin 1998, a soulevé une très vive émotion en Iran. Des responsables du ministère des Renseignements avaient été mis en cause, notamment M. Saïd Emami, vice-ministre, principal accusé, qui s’est suicidé en prison – selon la thèse officielle – en juin 1999. M. Chahidi a qualifié l’attentat contre M. Hajarian – qui fut aussi vice – ministre des Renseignements – de «tragédie nationale» et a demandé que cette affaire soit «suivie minutieusement, avec sérieux, pour que les auteurs de cet acte de violence soient traduits en justice et punis». «Il faut que le juge puisse remplir sa mission sans sensation ni tapage», a ajouté M. Chahidi. Il a estimé «normal» que MM. Mohammad-Reza Khatami, frère du président Mohammad Khatami, et directeur du quotidien Mocharekat, mais aussi Fereidoun Verdinejad, PDG de l’agence Irna, soient entendus par le tribunal de la presse, sur les informations qu’ils ont pu donner. Saïd Hajarian, élu municipal de Téhéran, conseiller politique du président Mohammad Khatami et directeur du quotidien progressiste Sobh-è-emrouz avait été le 12 mars à Téhéran, la cible de deux hommes à moto qui avaient réussi à prendre la fuite après lui avoir tiré dessus.
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