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Actualités - Chronologie

Les superstitions, rituel sacré des cosmonautes

Des fers à cheval sur l’autobus qui conduit l’équipage sur le pas de tir, le prénom «Tania» tracé sur les fusées pour un lancement réussi... Depuis l’époque de Iouri Gagarine, les superstitions sont devenues un rituel sacré pour les cosmonautes russes. «La majorité des cosmonautes sont passés par l’aviation, et les aviateurs sont des gens très superstitieux», a affirmé le futur commandant de bord de la station orbitale Mir, Sergueï Zaliotine, qui partira mardi dans l’espace pour la première fois de sa vie. «Tout le monde sait que dans les forces aériennes, aucun avion ne porte le numéro 13», ajoute-t-il, avouant lui-même avoir hérité de plusieurs superstitions pendant ses études à l’École supérieure des aviateurs militaires. «Nous travaillons avec un matériel tellement sophistiqué que très souvent nous avons du mal à expliquer certaines coïncidences», souligne de son côté Alexandre Kaleri, qui accompagnera Sergueï Zaliotine dans la 28e expédition sur Mir. Il compte lui-même y emmener son talisman, une montre qu’il avait gardé sur lui pendant ses deux précédentes missions dans l’espace. Les superstitions dans le secteur spatial ont une longue histoire. Le 24 octobre 1960, une explosion sur le cosmodrome de Baïkonour au moment du lancement d’une fusée R-16 a coûté la vie à quelque 60 personnes, dont le commandant en chef des troupes de missile de l’Urss, le maréchal Mitrofan Nedeline. Trois ans après, toujours un 24 octobre, un autre accident à Baïkonour a provoqué la mort de sept personnes sur un pas de tir. Depuis, le 24 octobre est devenu jour de deuil au cosmodrome et aucun lancement n’a plus jamais été programmé à cette date. Les superstitions règnent non seulement à Baïkonour, mais aussi sur le cosmodrome russe de Plessetsk (région d’Arkhanguelsk, nord), d’où partent des vols non habités. La veille de chaque lancement, les techniciens tracent sur le givre qui couvre la fusée le prénom féminin «Tania». Cette tradition n’a été oubliée qu’une fois, le 18 mars 1980, lors du lancement d’une fusée Vostok. Ce jour-là, 48 personnes ont péri dans une explosion au décollage. La veille du départ des cosmonautes dans l’espace, beaucoup d’autres rituels sont minutieusement respectés. Tout commence le jour où le vaisseau spatial est emmené avec son lanceur sur le pas de tir. Traditionnellement, ce déplacement commence à 7 heures du matin et les responsables du vol sont convaincus qu’un changement d’horaire pourrait nuire à la future expédition. La veille du vol, les cosmonautes regardent toujours Le soleil blanc du désert, un vieux film d’aventure de l’époque soviétique. Avant de partir sur le pas de tir, ils boivent une coupe de champagne et laissent leur signature sur la porte de la chambre d’hôtel à Baïkonour, où ils ont passé les derniers jours avant le vol. D’année en année, ils sortent de l’hôtel accompagnés de la même musique, une chanson dont les paroles évoquent des cosmonautes «qui rêvent la nuit non pas du bruit du cosmodrome, mais de l’herbe verte au seuil de leur maison». Sur les marches du bâtiment, les conquérants de l’espace sont bénis par un prêtre orthodoxe. Des fers à cheval sont accrochés à l’autobus qui les attend. Il existe aussi une tradition plus paillarde dont ils parlent avec embarras : le jour du départ, pendant le trajet vers le pas de tir, ils doivent sortir du car pour... uriner sur l’une des roues.
Des fers à cheval sur l’autobus qui conduit l’équipage sur le pas de tir, le prénom «Tania» tracé sur les fusées pour un lancement réussi... Depuis l’époque de Iouri Gagarine, les superstitions sont devenues un rituel sacré pour les cosmonautes russes. «La majorité des cosmonautes sont passés par l’aviation, et les aviateurs sont des gens très superstitieux», a affirmé le futur commandant de bord de la station orbitale Mir, Sergueï Zaliotine, qui partira mardi dans l’espace pour la première fois de sa vie. «Tout le monde sait que dans les forces aériennes, aucun avion ne porte le numéro 13», ajoute-t-il, avouant lui-même avoir hérité de plusieurs superstitions pendant ses études à l’École supérieure des aviateurs militaires. «Nous travaillons avec un matériel tellement sophistiqué que très...