Je ne vous apprends rien que vous ne sachiez déjà: en 2001, nous accueillerons au Liban le sommet des pays francophones: un véritable événement «planétaire». Est-il trop tôt pour y penser? Alors que les services culturels des pays concernés s’activent déjà pour assurer la réussite de ce sommet, rien n’indique qu’au Liban les responsables de nos petits écrans planchent sur le moindre projet susceptible de peaufiner l’image «francophone» de notre pays. Sans doute ces (bons) derniers se contenteront-ils, en dernière minute, d’improviser et d’aller planter leurs caméras pour nous retransmettre «en direct» ce que les autres feront certainement mieux que nous via les satellites. Car le direct est devenu, chez nous, la manne providentielle qui assure, à moindre frais, des programmes qui se ressemblent tous: du talk-show, aux variétés, des jeux aux épreuves sportives. Nos réalisateurs se complaisent dans la paresse, sans la moindre ambition artistique, sans le moindre effort d’imagination, sans la moindre technicité. Quant à la francophonie, il y a belle lurette qu’elle est absente de nos petits écrans. Non seulement on parle de moins en moins le français à l’antenne, mais de plus on est en droit de se demander ce que nos compatriotes savent de la France, lorsqu’on entend ce qui s’est dit l’autre soir durant l’émission Kel Maylé Aylé. À la question: «Citez, outre Paris, une ville de France», une des familles a répondu: «Les Champs-Élysées». L’animateur corrige tandis que la famille concurrente répond: «La Lorraine». L’animateur se croit alors obligé non pas de corriger mais de faire la preuve de ses connaissances et d’annoncer avec un sourire autosatisfait: «La Lorraine n’est pas une ville mais un fleuve!» (sic). Je me suis alors souvenu, au bord de la syncope, d’une chanson (prémonitoire?) que chantait mon père: «Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine».
Je ne vous apprends rien que vous ne sachiez déjà: en 2001, nous accueillerons au Liban le sommet des pays francophones: un véritable événement «planétaire». Est-il trop tôt pour y penser? Alors que les services culturels des pays concernés s’activent déjà pour assurer la réussite de ce sommet, rien n’indique qu’au Liban les responsables de nos petits écrans planchent sur le moindre projet susceptible de peaufiner l’image «francophone» de notre pays. Sans doute ces (bons) derniers se contenteront-ils, en dernière minute, d’improviser et d’aller planter leurs caméras pour nous retransmettre «en direct» ce que les autres feront certainement mieux que nous via les satellites. Car le direct est devenu, chez nous, la manne providentielle qui assure, à moindre frais, des programmes qui se ressemblent tous: du...
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