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Actualités - Chronologie

Le battant devenu artiste (photo)

Alexei Yagoudine a enlevé à Nice un troisième titre mondial consécutif qui le place parmi les plus grands patineurs de l’histoire. Ils sont nombreux à avoir réalisé un tel triplé qui est loin du record absolu de l’Autrichien Karl Schafer avec sept victoires dans les années trente. Mais c’était une autre époque, celle des figures imposées prépondérantes et d’un patinage plus artistique qu’athlétique. C’est parce qu’il a le mieux réussi la synthèse de ces deux exigences que Yagoudine, enfant de Leningrad, 20 ans depuis le 18 mars, est aujourd’hui l’incontestable tsar. Depuis Kurt Browning, premier à avoir passé un quadruple saut et dernier à avoir réalisé le triplé mondial consécutif (1989, 1990, 1991) nul n’avait fait une telle unanimité, pas même le Canadien Elvis Stojko (trois titres 1994, 1995, 1997) qui manque un peu de charisme et d’élégance sur la glace. Pourtant, il a bien failli être placé dans la même catégorie que le Canadien. Celle des battants. Sa mère l’envoie patiner à l’âge de quatre ans et demi pour occuper le gamin turbulent qu’il est. Son premier entraîneur, Alexei Mishin, le laisse s’épanouir dans un patinage physique qui lui vaut titres mondiaux juniors (1996) et seniors (1998). Avec Tarassova Il aurait pu tranquillement exploiter sa réputation de «machine à sauter». Il décide de quitter Mishin, qui commence à lui partager son temps avec l’étoile montante Evgeni Plushenko, en outre pas son meilleur ami, et part pour les États-Unis. Il se met sous la houlette de la pittoresque et influente Tatiana Tarassova, qui a la réputation bien établie de faire les champions. Sans les brider, ce que reproche précisément Yagoudine à Mishin. «Elle m’a laissé m’exprimer. Elle m’a révélé ce qu’il y avait de meilleur en moi», explique le champion. Elle découvre, et lui avec, qu’il peut n’être pas qu’un puncheur mais aussi un artiste. La mutation commence à partir de 1999 au moment où ses penchants pour la fête et la vodka commençaient à faire jaser. En début de saison, il accumule les victoires en Grand Prix. Une blessure retarde sa préparation. Il est battu au championnat de Russie, qu’il n’a jamais gagné, et est laminé aux championnats d’Europe... par Plushenko. Je reviendrai à Nice, lance-t-il en quittant l’Autriche. Il prend le risque énorme de changer son programme. Sur la glace niçoise, il n’est pas impérial, mais se bat alors que Plushenko craque. «Les Jeux olympiques de 2002 sont mon objectif. c’est pourquoi j’ai mis deux quadruples sauts dans mon programme». La concurrence va devoir cravacher.
Alexei Yagoudine a enlevé à Nice un troisième titre mondial consécutif qui le place parmi les plus grands patineurs de l’histoire. Ils sont nombreux à avoir réalisé un tel triplé qui est loin du record absolu de l’Autrichien Karl Schafer avec sept victoires dans les années trente. Mais c’était une autre époque, celle des figures imposées prépondérantes et d’un patinage plus artistique qu’athlétique. C’est parce qu’il a le mieux réussi la synthèse de ces deux exigences que Yagoudine, enfant de Leningrad, 20 ans depuis le 18 mars, est aujourd’hui l’incontestable tsar. Depuis Kurt Browning, premier à avoir passé un quadruple saut et dernier à avoir réalisé le triplé mondial consécutif (1989, 1990, 1991) nul n’avait fait une telle unanimité, pas même le Canadien Elvis Stojko (trois titres 1994,...