L'Iran veut agir unilatéralement, loin des pressions US
le 30 mars 2000 à 00h00
L’Iran a annoncé unilatéralement hier son intention d’augmenter sa production de brut, après avoir refusé de s’associer à un accord de l’Opep pour afficher son opposition aux pressions américaines, estiment des experts à Téhéran. L’Iran a rejeté l’accord signé par 9 autres membres de l’Opep visant à augmenter le niveau de la production à celui d’avant mars 1999 pour souligner sa «résistance» aux pressions américaines plutôt que par souci d’une chute brutale des prix à court terme, souligne l’économiste Fardad Khorassani. «L’opposition de Téhéran semble politique car l’Iran ne pouvait pas accepter l’option séoudienne qui est conforme à celle des Américains (...), optant ainsi pour sa position traditionnelle qui consiste à résister à toute pression américaine», renchérit l’analyste Daryouch Abdâli. Opposé au départ à toute hausse de la production, l’Iran avait fait savoir mardi soir qu’il était prêt à accepter une hausse limitée en estimant que cela n’allait «pas avoir d’impact immédiat et négatif sur les cours». Les responsables iraniens ont dénoncé les pressions américaines sur les membres de l’Opep pour obtenir une augmentation de la production, affirmant qu’une hausse importante provoquerait un effondrement des cours et porterait un coup aux économies des pays membres du Cartel. Pour eux, une hausse de la production est «injustifiée», notamment au printemps où la demande tend à baisser dans les pays consommateurs. Le ministre iranien du Pétrole Bijan Namdar Zangeneh, qui représentait son pays à la réunion de Vienne, a affirmé mercredi que son pays augmenterait sa production à partir d’avril afin de «préserver ses intérêts», sans préciser le volume de cette hausse. «Nous allons certainement augmenter notre production dès avril et son volume sera déterminé en fonction de nos intérêts nationaux», a-t-il souligné. Il a expliqué que son pays avait «refusé d’adhérer à l’accord de l’Opep car une production élevée déclenchera une baisse notable des cours», et a critiqué au passage «le manque de flexibilité» de certains membres de l’Opep. «Nous avons agi dans le sens du renforcement pratique de l’Opep mais certains membres voulaient à tout prix une hausse élevée de la production», a-t-il déclaré en faisant allusion à l’Arabie séoudite. «Le plafond adopté est très important car il faut y ajouter la part de l’Irak et la hausse de la production des pays non membres de l’Opep», a ajouté le ministre iranien. L’Iran, qui dépend à 85 % de ses recettes en devises de l’exportation du pétrole, craint une chute rapide des cours en raison d’une importante offre du brut sur le marché. Il a proposé en vain mardi soir à la réunion de l’Opep une hausse de 1,2 million de barils par jour (mbj). En mars 1999, la part de l’Iran dans la baisse de la production a été de quelque 264 000 bj et il est possible que l’augmentation de la production iranienne à partir du mois prochain se situe aux alentours de ce volume. L’Iran produit actuellement 3,7 mbj, dont 2,4 mbj sont destinés à l’exportation.
L’Iran a annoncé unilatéralement hier son intention d’augmenter sa production de brut, après avoir refusé de s’associer à un accord de l’Opep pour afficher son opposition aux pressions américaines, estiment des experts à Téhéran. L’Iran a rejeté l’accord signé par 9 autres membres de l’Opep visant à augmenter le niveau de la production à celui d’avant mars 1999 pour souligner sa «résistance» aux pressions américaines plutôt que par souci d’une chute brutale des prix à court terme, souligne l’économiste Fardad Khorassani. «L’opposition de Téhéran semble politique car l’Iran ne pouvait pas accepter l’option séoudienne qui est conforme à celle des Américains (...), optant ainsi pour sa position traditionnelle qui consiste à résister à toute pression américaine», renchérit...
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