Économistes, hommes d’affaires et investisseurs sont satisfaits de l’arrivée de Vladimir Poutine à la tête du Kremlin, mais veulent des actions rapides qui confirmeraient les prises de position affichées par le «candidat Poutine» pendant la campagne. Officiellement, rien ne doit changer avant que le nouvel élu ne prête serment, soit 30 jours après la publication officielle des résultats du scrutin de dimanche. M. Poutine ne peut présenter son nouveau Premier ministre avant d’avoir pris ses fonctions (vraisemblablement autour du 5 mai), et il a ensuite encore deux semaines pour présenter les membres de son gouvernement. Plus d’un mois sans bouger, alors que les investisseurs guettent ses moindres gestes et décisions, alors qu’on ne connaît rien de concret sur son programme économique, et qu’une délégation du Fonds monétaire international est attendue dès avril à Moscou ? «Il est probable» que Poutine commence à préparer le terrain ces prochaines semaines. «Ce n’est pas le genre d’hommes à faire des cérémonies, et il devrait conforter ses positions avant sa prestation de serment», estime Roland Nash, analyste de la société d’investissements Renaissance Capital. «Nous comptons voir plusieurs changements dans le gouvernement “ intérimaire ”, supprimant ce qu’il reste de la vieille garde de l’ère Eltsine et apportant un groupe de technocrates», ajoute-t-il. Les noms circulent déjà, soit pour prendre la tête du gouvernement, soit pour les principaux portefeuilles économiques : ce sont pour la quasi-totalité des personnalités réformatrices, venant pour la plupart de «la bande de Saint-Pétersbourg» et ayant travaillé avec Poutine dans la deuxième ville de Russie, réputée au début des années 1990 pour son ouverture aux réformes libérales. On cite le ministre des Finances Mikhaïl Kassianov parmi les favoris pour prendre la tête d’un gouvernement, qui serait toutefois sous le strict contrôle présidentiel. Mais les outsiders sont nombreux : le député spécialiste du budget Alexandre Joukov, le vice-ministre des Finances Alexandre Koudrine (un ami personnel de Poutine, et membre de l’équipe du libéral Anatoli Tchoubaïs), ou encore le président du Centre d’études stratégiques Guerman Gref, chargé depuis décembre d’élaborer la stratégie capable d’engendrer une renaissance économique du pays. M. Poutine a une chance de créer une équipe économique de «jeunes gens intelligents et instruits, qui n’ont pas encore été au pouvoir», relevait lundi dans le quotidien Vremia Evgueni Iassine, professeur au haut collège économique et un des auteurs du futur programme présidentiel. Les mesures qui font l’objet d’un certain consensus, comme le second volet du code fiscal ou l’adoption d’une nouvelle version du code foncier, doivent être lancées rapidement, estiment les analystes. «Nous attendons de grands changements. Nous attendons une main ferme qui remette de l’ordre», a relevé Igor Saguirian, directeur général d’une société d’investissements, la restauration d’un véritable État de droit étant au cœur du problème économique. «Il est très important pour Poutine d’agir vite, il n’a que quelques mois de grâce» et c’est «la seule façon de s’assurer la confiance des investisseurs», ajoute-t-il dans le quotidien Vedomosti. Mais les choses pourraient ne pas être si faciles pour le nouvel homme fort du pays. Le score du communiste Guennadi Ziouganov, qui rassemble environ un tiers des électeurs russes, «montre que l’électorat communiste est solide. La politique économique de Poutine sera probablement à orientation sociale, rendant les réformes plus difficiles», estime la société d’investissements UFG. «Il va maintenant y avoir une lutte d’influence auprès de Poutine entre les oligarques (hommes d’affaires proches du pouvoir) et les économistes libéraux», estime de son côté Boris Nemtsov, l’un des leaders du mouvement réformateur de droite SPS. Cette lutte sera «dure», car elle visera à choisir la voie du développement de la Russie, et le contrôle des ressources, estime-t-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Économistes, hommes d’affaires et investisseurs sont satisfaits de l’arrivée de Vladimir Poutine à la tête du Kremlin, mais veulent des actions rapides qui confirmeraient les prises de position affichées par le «candidat Poutine» pendant la campagne. Officiellement, rien ne doit changer avant que le nouvel élu ne prête serment, soit 30 jours après la publication officielle des résultats du scrutin de dimanche. M. Poutine ne peut présenter son nouveau Premier ministre avant d’avoir pris ses fonctions (vraisemblablement autour du 5 mai), et il a ensuite encore deux semaines pour présenter les membres de son gouvernement. Plus d’un mois sans bouger, alors que les investisseurs guettent ses moindres gestes et décisions, alors qu’on ne connaît rien de concret sur son programme économique, et qu’une délégation du...