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Actualités - Reportages

La physionomie des marchés Beyrouth : retour aux incertitudes

L’échec du sommet de Genève entre les présidents américain et syrien a provoqué un sentiment d’incertitude, sinon d’inquiétude, dans les milieux financiers dans la mesure où ce développement pourrait avoir un impact négatif sur la scène libanaise. Cette éventualité s’est donc traduite en ce début de semaine par une certaine contraction de l’offre du billet vert, entraînant un net ralentissement de l’activité sur le marché des changes de Beyrouth dont la tendance continuait à être déterminée par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en se déclarant toujours prête à acheter le dollar à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL simultanément, est parvenue à le maintenir invariablement au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Pourtant, les établissements de crédit ont été amenés à négocier le dollar, contrairement à la semaine précédente, tout près de ce taux indicatif entre 1 505,50 et 1 507,50 LL contre 1 504,50/1 505,50 LL vendredi dernier, ont indiqué les cambistes. De plus, l’activité du marché s’est étiolée avec un volume d’affaires ne dépassant pas quelque six millions de dollars, entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, a-t-on ajouté dans ces mêmes milieux. L’euro s’essouffle avec le départ de Sautter À l’étranger, l’euro s’est essoufflé en ce début de semaine sur les marchés des changes internationaux, perdant l’avance gagnée vendredi dernier sur le dollar, sur des mouvements de correction vraisemblablement en rapport avec le départ de Christian Sautter du ministère de l’Économie et des Finances en France. Sans autres nouvelles fraîches, les cambistes se sont montrés plus ou moins préoccupés par ce remaniement ministériel en France, faisant repasser l’euro au-dessous de la barre de 0,97 dollar sur des ventes bénéficiaires. Selon les analystes, le départ de Christian Sautter a constitué pour plusieurs opérateurs une mauvaise surprise que le marché n’avait pas pu anticiper à l’avance. Certes, la plupart des cambistes ont considéré hier que ce changement pourrait affecter l’euro dans la mesure qu’il devrait avoir un impact négatif sur les réformes structurelles en France, car M. Sautter a démissionné après l’échec d’une tentative de réforme du ministère des Finances, alors que son successeur, Laurent Fabius, est connu pour ses préoccupations plutôt politiques que financières. Cela étant, la monnaie unique européenne est restée totalement sourde aux propos tenus hier par Christian Noyer, vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), qui s’est dit confiant dans la poursuite d’une croissance forte et non inflationniste dans la zone euro, minimisant l’importance de la dépréciation de l’euro qui, selon lui, a un «fort potentiel d’appréciation». Il en est de même des propos attribués au gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, qui sont passés inaperçus sur le marché. Celui-ci, qui participait avec M. Noyer à une réunion à Paris sur l’euro, a indiqué que la hausse d’un quart de point du taux directeur de la BCE le 16 mars était une preuve de sa vigilance nécessaire «pour assurer une croissance robuste de long terme et non inflationniste». Dans ce contexte favorable au dollar, les autres grandes monnaies se sont également montrées vulnérables. Les cambistes semblaient hier tabler sur un certain ralentissement de l’économie nippone à la veille de la publication lundi prochain du rapport Tankan sur le climat des affaires au Japon d’un côté. Quant à la livre sterling, après s’être appréciée plus tôt sur des rumeurs de réévaluation de l’offre de Chase Manhattan Bank, la troisième banque américaine, sur la banque britannique d’investissement Robert Fleming Holdings, elle a éprouvé aussi le besoin de souffler face à la grande fermeté du dollar qui s’est finalement négocié à New York sur un ton soutenu, comme suit : – 0,9650 pour un euro contre 0,9775, vendredi dernier – 1,5855 pour un sterling contre 1,5940 – 2,0270 DM contre 2,0005 – 6,7975 FF contre 6,7090 – 1,6460 FS contre 1,6235 – 2 006,50 lires contre 1 980,45 – 106,85 yens contre 106,95. Bourse de Beyrouth : marché stable et étriqué À la Bourse de Beyrouth, c’est le statu quo en ce début de semaine sur un marché dépourvu d’activité. En effet, l’essentiel des transactions s’est concentré sur les titres de Solidere des deux catégories A et B et ceux de la Banque de Beyrouth de la catégorie C qui ont reproduit leurs derniers cours de vendredi dernier. Cela étant, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 70,48 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 160,98 points. Ce mouvement s’est déroulé dans un marché étriqué où seulement 10 042 actions ont changé de main d’une valeur globale de 73 292 dollars. Wall Street : chute des valeurs traditionnelles Sur les places boursières internationales, la tendance a été partagée hier à Wall Street avec la poursuite de la hausse de l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq et l’essoufflement de l’indice Dow Jones des industrielles (DJIA) après une tentative de décollage avortée à l’ouverture. L’annonce d’une forte hausse de 6,7 % des reventes de logements aux États-Unis le mois dernier, contre une baisse de 13,4 % en janvier, laissait craindre une surchauffe de l’économie génératrice d’inflation. De ce fait, le rendement moyen de l’obligation du Trésor américain à 30 ans a progressé à plus de 6,00 % hier contre 5,984 % vendredi dernier ainsi que celui à 10 ans qui s’est élevé à 6,221 % contre 6,174 %. Dans ce contexte de renchérissement du crédit, plusieurs secteurs traditionnels de la cote ont dû subir la pression de quelques dégagements bénéficiaires. Cela d’autant que le titre de Microsoft, qui fait partie du DJIA, devait subir hier de très fortes pressions en rapport avec des nouvelles faisant état que les autorités antitrust américaines n’étaient pas convaincues par les concessions qu’auraient proposées le leader mondial des logiciels au cours du week-end. Quant aux valeurs informatiques du Nasdaq, elles ont mené la danse hier avec la progression d’IBM, de Qwest, de Hewlett Packard... Quant aux pétrolières, elles étaient généralement déprimées dans la perspective d’un relèvement de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) réunis hier à Vienne. Les pharmaceutiques sous la conduite de Johnson & Johnson sont restées boudées par les investisseurs contrairement aux valeurs de la biotechnologie et de l’Internet qui font partie du Nasdaq. Cela étant, le DJIA a dû osciller entre un plus haut à 11 170,82 points et un plus bas à 11 007,04 points, avant d’afficher en préclôture 11 012,18 points, en baisse de 100,54 points sur vendredi dernier. Baisse des Bourses européennes à l’exception de Paris Les Bourses européennes ont terminé pour la plupart en léger repli lundi, la perspective d’un relèvement de la production pétrolière par l’Opep pesant sur les valeurs du secteur pétrolier. L’indice STOXX Energy a ainsi terminé en baisse de 2,23 %. Les pays de l’Opep réunis à Vienne pourraient décider d’une hausse de la production afin d’endiguer la hausse des cours du brut. L’indice européen Eurotop 300 a perdu 0,15 % et l’Euro STOXX 50 0,20 %. La Bourse de Paris, seule place européenne à terminer en hausse, a gagné 1,36 %. Londres a perdu 0,76 %, Francfort 0,50 %, Zurich 1,00 %, Milan 0,39 %, Bruxelles 3,35 %, Madrid 0,42 % et Amsterdam 0,20 %. Tokyo : en forte hausse La Bourse de Tokyo a clôturé lundi sur un gain de 1,6 %, les investisseurs étant de nouveau optimistes quant à la reprise de l’économie nippone après plusieurs indices encourageants, selon les opérateurs. L’indice Nikkei a gagné 322,95 points pour terminer à 20 281,03 après avoir déjà progressé de 253,48 points vendredi. Il s’agit du meilleur chiffre de clôture depuis le 31 juillet 97. L’indice élargi Topix a gagné 13,23 points à 1 653,83. «Les considérations optimistes ont pris le dessus dans l’après-midi, faisant passer le Nikkei bien au-dessus des 20 000 points», a indiqué Masatoshi Sato, opérateur à Kankau Securities. «La reprise de Sony a aussi encouragé les investisseurs à acheter d’autres actions», a ajouté Sato. Sony, qui avait baissé de 3,9 % au cours de la matinée, a terminé à 26 500 yens, en hausse de 800 yens, soit +3,1 %. «Le mouvement d’achat qui touche un large éventail de secteurs est soutenu par le rapport du 17 mars du gouvernement sur l’économie», a estimé de son côté Tatsuo Kurokaway, analyste à Nomura Securities. L’Agence de planification économique avait indiqué dans son rapport mensuel que l’économie montrait des signes de reprise alimentée par la demande intérieure pour la première fois depuis qu’elle a plongé dans la pire récession d’après-guerre en avril 1997. Ces espoirs de reprise sont intervenus en dépit du fait que l’économie a rechuté dans une récession technique au cours des trois mois précédents. Les opérateurs doutaient cependant que le Nikkei puisse se maintenir aisément à la hausse. «Il est très probable que le Nikkei tombera au-dessous des 20 000 points au cours de la semaine», a indiqué M. Sato. Le volume des transactions est resté modéré, avec 783 millions d’actions contre 759,7 millions échangées vendredi. «Opérateurs et investisseurs institutionnels ne veulent pas prendre de position cette semaine du fait de la fermeture des comptes vendredi», a indiqué un broker. L’année fiscale se termine au Japon le 31 mars.
L’échec du sommet de Genève entre les présidents américain et syrien a provoqué un sentiment d’incertitude, sinon d’inquiétude, dans les milieux financiers dans la mesure où ce développement pourrait avoir un impact négatif sur la scène libanaise. Cette éventualité s’est donc traduite en ce début de semaine par une certaine contraction de l’offre du billet vert, entraînant un net ralentissement de l’activité sur le marché des changes de Beyrouth dont la tendance continuait à être déterminée par l’action de la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en se déclarant toujours prête à acheter le dollar à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL simultanément, est parvenue à le maintenir invariablement au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Pourtant, les établissements...