La main légèrement tremblante mais la conviction inébranlable, Vladimir Popov, 61 ans, a voté dimanche à Ekaterinbourg (Oural) en faveur de Vladimir Poutine, l’homme qui peut, selon lui, «faire revivre la Russie». Comme M. Popov, les électeurs du bureau de vote numéro 1 489 d’Ekaterinbourg ont indiqué avoir choisi le plus souvent le président par intérim, candidat favori de la présidentielle et dauphin désigné de Boris Eltsine, car il est le seul à pouvoir «remettre la Russie sur pied». Les autres candidats sérieux à la succession de M. Eltsine, le communiste Guennadi Ziouganov et le libéral Grigori Iavlinski, «ne plaisent pas» à M. Popov qui, après avoir voté pour Eltsine en 1996, veut désormais voir à la tête de l’État quelqu’un qui sache «parler aux Russes et diriger la Russie». En règle générale, quelles que soient leurs convictions politiques, les électeurs de cette ville d’1,3 million d’habitants, ancien fief de Boris Eltsine, sont venus voter avec la certitude de donner leur voix au candidat qui redressera le pays. Ils ne s’attardaient que rarement devant l’affiche où figuraient les onze candidats avec leur photo, une brève biographie et le résumé de leur programme. «Ça fait longtemps que j’ai choisi de voter pour Poutine», dit Anatoli Boïarintsev, 60 ans, après avoir lâché son bulletin dans l’urne rouge décorée de l’aigle bicéphale russe. «Ça fait neuf ans que les hommes politiques parlent mais ne font rien. Il est temps d’agir. Poutine est jeune et énergique, il pourra remettre la Russie sur pied», assure-t-il d’un ton convaincu. À 72 ans, Maria, elle, a marqué un temps d’arrêt devant le panneau d’affichage mais seulement après avoir mis son bulletin dans l’urne. «J’ai regardé par curiosité», affirme-t-elle, assurant avec satisfaction avoir voté pour Vladimir Poutine car il «remettra de l’ordre en Russie». Stanislav Kalnitchenko, de son côté, a voté pour Guennadi Ziouganov, «son» candidat depuis des années. «Je savais avant de venir que je voterais pour lui car son programme est le plus convaincant», assure ce professeur d’histoire de 27 ans qui avait déjà voté pour Ziouganov à la présidentielle de 1996. Grigori Iavlinski, outsider du scrutin avec 5-6 % des intentions de vote dans les derniers sondages contre 22 à 25 % pour Guennadi Ziouganov et environ 53 à 55 % pour Vladimir Poutine, a également ses électeurs convaincus. Sergueï Souetine, 44 ans, directeur d’une petite entreprise, voit en lui «le seul candidat capable d’être président, notamment parce qu’il est le seul compétent en matière économique». Nikolaï Alexandrovitch a passé quant à lui de longues minutes devant l’affiche des candidats qu’il a lue entièrement avant de se rendre dans l’isoloir. En fait, cet homme de 69 ans, qui n’a pas voulu révéler le candidat de son choix, savait exactement qui il choisirait en arrivant au bureau de vote. «J’ai tout lu une dernière fois mais cela ne m’a pas fait changer d’avis», a-t-il expliqué. De temps à autre, une petite discussion de dernière minute s’impose cependant entre un mari et sa femme. Ainsi, Albina et Solomon Trebs, respectivement 63 et 64 ans, ont décidé au dernier moment de voter pour Grigori Iavlinski. «On pensait d’abord voter pour (Konstantin) Titov mais on a finalement décidé, juste avant d’entrer dans l’isoloir, qu’il valait mieux que les voix (libérales) soient concentrées sur un seul candidat», explique Albina, avant d’entraîner son mari pour une promenade dans les forêts enneigées.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La main légèrement tremblante mais la conviction inébranlable, Vladimir Popov, 61 ans, a voté dimanche à Ekaterinbourg (Oural) en faveur de Vladimir Poutine, l’homme qui peut, selon lui, «faire revivre la Russie». Comme M. Popov, les électeurs du bureau de vote numéro 1 489 d’Ekaterinbourg ont indiqué avoir choisi le plus souvent le président par intérim, candidat favori de la présidentielle et dauphin désigné de Boris Eltsine, car il est le seul à pouvoir «remettre la Russie sur pied». Les autres candidats sérieux à la succession de M. Eltsine, le communiste Guennadi Ziouganov et le libéral Grigori Iavlinski, «ne plaisent pas» à M. Popov qui, après avoir voté pour Eltsine en 1996, veut désormais voir à la tête de l’État quelqu’un qui sache «parler aux Russes et diriger la Russie». En règle...