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Actualités - Biographie

Lee Teng-hui, l'artisan de la démocratisation de l'île

Le président sortant Lee Teng-hui, artisan de la démocratisation de Taïwan, qui a démissionné hier de la présidence de son parti, quitte la scène politique de l’île sur un échec. M. Lee, 77 ans, a été contraint de démissionner sous la pression de la rue et de son propre parti, le Kuomintang, après la déroute électorale. Le candidat du KMT, le vice-président sortant Lien Chan, n’est arrivé que troisième à l’élection présidentielle qui a vu le triomphe du candidat indépendantiste Chen Shui-bian. Surnommé M. Démocratie par la presse étrangère, M. Lee a vu ses efforts de démocratisation réussir au-delà probablement de ses espérances. Pour la première fois dans le monde chinois contemporain, un pouvoir politique a été démocratiquement battu par l’opposition. M. Lee a d’ailleurs demandé à ses camarades de parti d’accepter la «cruelle réalité» de ce transfert de pouvoirs à l’opposition, une première à Taïwan depuis 1949, date à laquelle les forces nationalistes fuyant la victoire des communistes à Pékin arrivaient dans l’île. Le président sortant a souligné que le Kuomintang, fondé il y a un siècle environ, pouvait être fier d’avoir instauré la démocratie, la stabilité et la prospérité à Taïwan. Pendant les douze années de sa présidence, Taïwan est entré dans l’ère de la démocratie mais aussi dans celle de la prospérité économique. M. Lee a certes contribué à éloigner Taïwan de l’autoritarisme de ses débuts, mais il est aussi accusé d’avoir, par son style autoritaire, créé une véritable dictature au sein de son propre parti. M. Lee est né à Taïwan en 1923, en pleine occupation japonaise. À l’âge de 20 ans, il est autorisé à se rendre au Japon pour y poursuivre ses études et il rejoindra même pendant un temps l’armée japonaise. En 1946, il rentre à Taïwan à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Expert des questions d’agriculture, M. Lee commence sa carrière comme maire de Taipei et gouverneur de Taïwan. Celle-ci va connaître une avancée en 1984 lorsqu’il est désigné vice-président par le président de l’époque Chiang Ching-kuo, le fils du leader nationaliste Chiang Kai-shek. À la mort de Chiang Ching-kuo en 1988, M. Lee devient en même temps président taïwanais et président du Kuomintang, ce qui fait de lui l’homme le plus puissant de l’île. Il contribue à l’amélioration des relations entre les deux rives du détroit de Formose et permet la tenue d’élections parlementaires démocratiques en 1991. En 1996, Taïwan élit pour la première fois son président au suffrage universel et récompense Lee Teng-hui en le confirmant triomphalement à son poste malgré les menaces de guerre de Pékin. Sa déclaration sur les relations spéciales «d’État à État» entre la Chine et Taïwan provoque une crise avec Pékin, qui a fait de la réunification de Taïwan son objectif numéro un. Pékin considère Taïwan comme une province rebelle, partie intégrante de son territoire. M. Lee est marié et a deux filles. Son fils est mort d’un cancer à l’âge de 32 ans.
Le président sortant Lee Teng-hui, artisan de la démocratisation de Taïwan, qui a démissionné hier de la présidence de son parti, quitte la scène politique de l’île sur un échec. M. Lee, 77 ans, a été contraint de démissionner sous la pression de la rue et de son propre parti, le Kuomintang, après la déroute électorale. Le candidat du KMT, le vice-président sortant Lien Chan, n’est arrivé que troisième à l’élection présidentielle qui a vu le triomphe du candidat indépendantiste Chen Shui-bian. Surnommé M. Démocratie par la presse étrangère, M. Lee a vu ses efforts de démocratisation réussir au-delà probablement de ses espérances. Pour la première fois dans le monde chinois contemporain, un pouvoir politique a été démocratiquement battu par l’opposition. M. Lee a d’ailleurs demandé à ses...