New Delhi attend l'étape pakistanaise pour juger l'évolution de la position américaine
le 23 mars 2000 à 00h00
L’Inde espère que les États-Unis ont opéré lors de la visite du président Bill Clinton un virage dans leur politique en Asie du Sud avec un soutien à New Delhi dans son conflit avec le Pakistan et un assouplissement de leurs exigences en matière nucléaire. Mais les analystes soulignent que le sentiment de bonne volonté exprimé lors de cette visite – la première en Inde d’un président américain depuis 22 ans – pourrait dissimuler un point mort total sur ces deux questions et que le véritable test d’une éventuelle évolution sera la brève étape que fera M. Clinton samedi à Islamabad. Au début d’une visite d’État de cinq jours, M. Clinton a affirmé mardi à New Delhi que la «ligne de contrôle» séparant l’Inde du Pakistan au Cachemire devait être respectée et qu’il fallait mettre un terme à la violence dans cette région ensanglantée afin qu’un dialogue entre les deux puissances nucléaires sud-asiatiques puisse reprendre. Ce fut pain béni pour l’Inde qui répète qu’elle ne pourra pas renouer un dialogue gelé depuis un an tant que le Pakistan ne mettra pas fin au «terrorisme transfrontalier» dont elle l’accuse au Cachemire. «En un virage significatif, les États-Unis se sont exprimés clairement en faveur de la position indienne», a jugé le journal Hindustan Times. Choqué par un massacre de 36 villageois sikhs au Cachemire indien perpétré alors qu’il arrivait en Inde, M. Clinton a affirmé partager l’«indignation» indienne et a apporté de l’eau au moulin de New Delhi en déclarant à la chaîne de télévision américaine ABC que des «éléments au sein du gouvernement pakistanais» soutenaient la violence au Cachemire. Mais les analystes ont estimé qu’il était trop tôt pour parler de changement de politique de Washington, qui fut longtemps l’allié privilégié du Pakistan face à l’influence soviétique en Asie centrale, alors que l’Inde était l’alliée fidèle de l’URSS. «Il semble qu’il pourrait y avoir évolution» de la positon américaine, a expliqué un ancien ambassadeur indien au Pakistan, S.K. Singh. «Mais il faut attendre et voir ce que Clinton va dire au Pakistan pour avoir une idée plus claire». M. Clinton doit rencontrer samedi l’homme fort pakistanais, le général Pervez Musharraf, pour, selon ses propres termes, «parler directement» du terrorisme et d’un retour à la démocratie au Pakistan. «Je pense qu’il pourrait avoir des déclarations fermes à l’égard de Musharraf en privé, mais l’Inde voudra voir ses déclarations publiques», a souligné M. Singh. D’autres analystes ont estimé que M. Clinton n’avait pas changé de politique et qu’il avait déjà souligné le fait que la frontière de facto au Cachemire ne devait pas être violée en juillet dernier à Washington au Premier ministre pakistanais de l’époque Nawaz Sharif. Ce dernier avait été forcé à retirer des militants islamistes infiltrés au Cachemire indien dans une opération qui avait failli conduire à une quatrième guerre déclarée indo-pakistanaise. «En tant que symbole, l’Inde peut être satisfaite que Clinton ait fait ces déclarations ici, mais sur un plan stratégique, il n’y a pas grand changement», a dit Brahma Chellaney, du Centre de recherches politiques. Un porte-parole de la Maison-Blanche, Mike Hammer, a estimé que le sentiment indien n’était pas surprenant. «Les deux parties feront ce qu’il faut pour dire que le président (Clinton) a évolué dans leur direction», a-t-il noté.
L’Inde espère que les États-Unis ont opéré lors de la visite du président Bill Clinton un virage dans leur politique en Asie du Sud avec un soutien à New Delhi dans son conflit avec le Pakistan et un assouplissement de leurs exigences en matière nucléaire. Mais les analystes soulignent que le sentiment de bonne volonté exprimé lors de cette visite – la première en Inde d’un président américain depuis 22 ans – pourrait dissimuler un point mort total sur ces deux questions et que le véritable test d’une éventuelle évolution sera la brève étape que fera M. Clinton samedi à Islamabad. Au début d’une visite d’État de cinq jours, M. Clinton a affirmé mardi à New Delhi que la «ligne de contrôle» séparant l’Inde du Pakistan au Cachemire devait être respectée et qu’il fallait mettre un terme à la...
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