Ce n’est pas encore Renault. Mais ce n’est plus tout à fait Benetton. C’est comme si, dimanche à Sao Paulo, au Grand Prix du Brésil, une ombre planait sur le championnat du monde de Formule 1, déjà menaçante pour la concurrence. Celle du constructeur français pas encore présent mais plus tout à fait absent. En annonçant la semaine dernière le rachat de l’écurie Benetton, son retour réel pour 2002, Renault inquiète déjà. De Mercedes à Ferrari, en passant par Honda, Jaguar, BMW ou même Toyota l’an prochain, le retour programmé de la marque au losange laisse présager une bataille technologique encore plus féroce. Une nouvelle escalade, certainement des recherches, des coûts. Si Renault revient en effet, ce retour sera sans nul doute accompagné d’une révolution en matière de moteur. Louis Schweizter, le président de la firme française, n’a jamais caché qu’il ne donnerait son feu vert qu’en cas d’innovation technique, de découverte d’une solution inédite pour gagner, susceptible de révolutionner la F1. Capacité à innover L’histoire peut effectivement interpeller la concurrence. Renault n’a-t-il pas imposé la technique du suralimenté au début des années 1980 ? Le V10 atmosphérique dix ans plus tard ? «Quand Renault fait quelque chose, il le fait bien», soulignait Alain Prost après l’annonce du retour d’un constructeur qu’il connaît parfaitement. Cette fois, Patrick Faure, président de Renault-Sport, l’avoue lui-même. Oui, le futur moteur Renault sera innovant. Oui, les techniciens de Viry-Châtillon ont trouvé quelque chose. Quoi ? Secret défense bien sûr. Mais l’escalade est déjà en marche. Depuis que les grands constructeurs ont décidé de s’investir de plus en plus dans la discipline reine du sport automobile, de prendre peu à peu le contrôle partiel ou total des équipes, la Formule 1 a cessé d’être simplement un sport pour devenir le champ de bataille de l’industrie automobile où chacun engage son image. Chaque marque veut ainsi démontrer sa suprématie technologique, sa capacité à innover. Autre champ de bataille Les constructeurs n’adoptent toutefois pas la même stratégie. Toyota et Renault ont choisi de s’impliquer à fond, de maîtriser moteur et châssis comme l’a toujours fait Ferrari. Jaguar apporte sa renommée au savoir de Ford en ayant pris le contrôle de Stewart. Mercedes a voulu, au-delà de son rôle de motoriste, être partie prenante du fonctionnement de l’écurie McLaren en rachetant 40 % des parts du groupe à Ron Dennis et Mansour Ojeh. BMW semble parti pour adopter la même attitude avec Williams. Honda pourrait également imiter ses concurrents avec BAR. Face à cette escalade cependant, il est permis de s’interroger. Ce que fait un autre constructeur français, Peugeot, au grand désespoir de Prost. Sachant que la compétition ne couronne qu’un seul vainqueur, le «Lion» ne semble pas partisan d’investir toujours plus dans une discipline où la victoire sera de plus en plus difficile à obtenir. D’autant que Peugeot dispose d’un autre champ de bataille, peut-être pas aussi médiatique que la F1, mais plus proche du grand public, les rallyes. Ferrari : Barrichello n’a pas ralenti pour laisser passer Schumacher Le pilote brésilien de Ferrari, Rubens Barrichello, a assuré mardi dans une conférence de presse qu’il n’avait pas ralenti pour laisser passer son coéquipier, l’Allemand Michael Schumacher, lors du Grand Prix d’Australie de Formule 1. «Ce qui s’est dit en Australie concernant mon pseudo-ralentissement est un mensonge, a déclaré Barrichello. Schumacher est actuellement l’un des meilleurs pilotes». En revanche, le Brésilien, qui a terminé deuxième de ce premier GP de la saison à Melbourne derrière son coéquipier, a reconnu que «comme dans toutes les équipes, avant un dépassement (de son coéquipier), il faut se consulter pour avoir l’accord». À 14 tours de la fin, Barrichello avait pris la tête de la course devant Michael Schumacher, mais un peu plus tard son écurie lui avait ordonné de passer aux stands, où il s’était déjà arrêté 12 tours plus tôt. Schumacher et Hakkinen : détente à Rio Plage, emplettes et restaurants sont au menu des activités de Michael Schumacher et Mikka Hakkinen, qui s’accordent quelques jours de vacances à Rio en compagnie de leurs épouses, avant de rejoindre Sao Paulo où sera couru dimanche le Grand Prix automobile de Formule 1 du Brésil. Le pilote allemand, détendu, a visité le Pain de Sucre, avant de déjeuner dans un restaurant de viandes réputé de la ville, où son chemin a croisé celui du Finlandais Hakkinen, double champion du monde en titre, arrivé le premier dans la ville carioca avec son épouse Erja, où le couple s’est adonné au farniente sur la plage de Copacabana. Les deux champions ont conversé amicalement pendant plusieurs minutes. Le président Montezemolo (Ferrari) optimiste mais prudent Le président de Ferrari, Luca di Montezemolo, a exprimé mercredi un certain optimisme sur les chances de son écurie dans le championnat du monde de F1, tout en faisant preuve de prudence. «Nous ferons notre maximum pour faire bonne figure. Je crois que tout le team est bien préparé et déterminé, mais chaque course est différente, nous verrons», a déclaré M. Montezemolo, lors d’un congrès d’industriels à Potenza (Sud). Le président n’a cependant pas voulu répondre à des questions sur le prochain Grand Prix du Brésil de dimanche.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ce n’est pas encore Renault. Mais ce n’est plus tout à fait Benetton. C’est comme si, dimanche à Sao Paulo, au Grand Prix du Brésil, une ombre planait sur le championnat du monde de Formule 1, déjà menaçante pour la concurrence. Celle du constructeur français pas encore présent mais plus tout à fait absent. En annonçant la semaine dernière le rachat de l’écurie Benetton, son retour réel pour 2002, Renault inquiète déjà. De Mercedes à Ferrari, en passant par Honda, Jaguar, BMW ou même Toyota l’an prochain, le retour programmé de la marque au losange laisse présager une bataille technologique encore plus féroce. Une nouvelle escalade, certainement des recherches, des coûts. Si Renault revient en effet, ce retour sera sans nul doute accompagné d’une révolution en matière de moteur. Louis Schweizter, le...