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Actualités - Chronologie

Les évènements qui ont conduit à l'intervention alliée contre la Yougoslavie

Le 24 mars 1999, l’Otan lançait une campagne de bombardements aériens contre la Yougoslavie, qui allait durer onze semaines. Cette décision est intervenue après plus d’un an de conflit au Kosovo, où les combats entre forces de Belgrade et séparatistes albanais avaient fait environ 2 000 morts, principalement des Albanais, et quelque 300 000 réfugiés et déplacés. Fin février et début mars 1998, les forces serbes lancent une violente offensive contre les indépendantistes albanais de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) dans des villages de la Drenica, une région du centre du Kosovo. Cette offensive fait au moins 80 morts parmi les Albanais, dont de nombreux civils. Les Occidentaux craignent une extension du conflit qui pourrait embraser les Balkans. Toutefois, l’idée d’une intervention armée occidentale n’est pas à l’ordre du jour, la priorité étant accordée à la diplomatie. Le 9 mars, le Groupe de contact sur l’ex-Yougoslavie (Allemagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Russie), réuni à Londres, adopte un plan d’action prévoyant des sanctions économiques et un embargo sur les armes contre la RFY. Envoyé à Belgrade, l’émissaire américain pour les Balkans, Robert Gelbard, avertit le président yougoslave Slobodan Milosevic que la poursuite d’opérations sanglantes contre les Kosovars aurait de graves conséquences. À la mi-avril, tandis que l’armée yougoslave renforce sa présence dans l’ouest du Kosovo, limitrophe de l’Albanie, le chef d’état-major des forces armées américaines, le général Henry Shelton, indique qu’aucune solution alternative à la solution diplomatique ne peut être exclue. En mai, les États-Unis dépêchent à Belgrade un spécialiste des missions difficiles, Richard Holbrooke, accompagné de Robert Gelbard. M. Milosevic accepte de rencontrer le chef modéré des indépendantistes albanais, Ibrahim Rugova. Parallèlement, l’Otan charge un groupe d’experts politico-militaires d’examiner toutes les options pour stabiliser la situation dans les Balkans. La rencontre Milosevic-Rugova a lieu le 15 mai. Les combats font rage sur le terrain, où les Serbes font face à une résistance mieux armée. Des milliers de Kosovars se réfugient en Albanie et au Monténégro. L’engagement croissant de l’armée yougoslave aux côtés des forces serbes incite l’Otan à accélérer l’examen des options militaires. Le 11 juin, le président du comité militaire de l’Alliance, le général allemand Klaus Naumann, déclare que des raids aériens de l’Otan au Kosovo peuvent arrêter la guerre et sont réalisables «en quelques jours». Le 16 juin, au lendemain de manœuvres aériennes d’intimidation de l’Otan au-dessus de l’Albanie et de la Macédoine, M. Milosevic fait quelques concessions mais ne cède pas sur l’arrêt des opérations des forces de Belgrade ni sur le retrait de ses forces spéciales du Kosovo. À l’approche de l’hiver, alors que le nombre des réfugiés et déplacés dépasse 200 000, le Conseil de sécurité de l’Onu vote le 23 septembre la résolution 1199, exigeant un cessez-le-feu immédiat, le retrait des forces spéciales, le retour des réfugiés et l’ouverture d’un dialogue politique avec les Albanais du Kosovo. Le lendemain, l’Otan demande à ses militaires de composer une force aérienne pour une éventuelle action armée. La menace d’un recours effectif aux frappes aériennes est brandie le 13 octobre par le secrétaire général de l’Otan, Javier Solana, qui donne un ordre d’activation aux militaires de l’Alliance. Belgrade accepte alors le déploiement au Kosovo d’une mission de vérification de l’OSCE et un dispositif de surveillance aérienne de l’Alliance au-dessus de la province. L’Otan adopte le 13 novembre le principe d’une force militaire basée en Macédoine et chargée de secourir le cas échéant les observateurs de l’OSCE. Le massacre de 45 Albanais dans le village de Racak le 15 janvier 1999 éloigne à nouveau les perspectives de règlement négocié. Donnant une dernière chance à la diplomatie, le Groupe de contact somme Serbes et Kosovars de se réunir le 6 février à Rambouillet (France) et d’accepter un plan prévoyant l’instauration au Kosovo d’une «autonomie substantielle» et le déploiement d’une force internationale. Le lendemain, l’Otan autorise son secrétaire général à engager des frappes en Yougoslavie si Serbes et Kosovars rejettent les exigences internationales. Les résultats des négociations de Rambouillet (6-23 février) sont mitigés : Belgrade n’accepte que le volet politique du plan, rejetant le principe du déploiement au Kosovo d’une force internationale, et les Albanais ne renoncent pas à la garantie d’un référendum sur l’indépendance. Seuls les Kosovars signeront le plan de paix le 18 mars à Paris. La responsabilité de l’échec des pourparlers, officiellement ajournés, est imputée à Belgrade. L’armée yougoslave menace de «répondre à la force par la force» et d’anéantir les indépendantistes de l’UCK en cas de frappes de l’Otan. Le 19 mars, l’OSCE ordonne l’évacuation de ses vérificateurs du Kosovo, où les combats redoublent. Les ambassadeurs occidentaux en poste à Belgrade reçoivent l’ordre d’évacuer les personnels non essentiels. Le 22, l’Otan décide d’étendre la délégation de pouvoirs donnée en janvier à Javier Solana pour engager des bombardements. La Russie réitère son refus d’un recours à la force contre la Yougoslavie. Richard Holbrooke regagne Belgrade pour une ultime tentative de médiation. Slobodan Milosevic campe sur ses positions. Le 23, Javier Solana donne l’ordre de lancer des bombardements aériens contre la Yougoslavie. Le 24, l’Otan effectue ses premiers bombardements aériens en Yougoslavie.
Le 24 mars 1999, l’Otan lançait une campagne de bombardements aériens contre la Yougoslavie, qui allait durer onze semaines. Cette décision est intervenue après plus d’un an de conflit au Kosovo, où les combats entre forces de Belgrade et séparatistes albanais avaient fait environ 2 000 morts, principalement des Albanais, et quelque 300 000 réfugiés et déplacés. Fin février et début mars 1998, les forces serbes lancent une violente offensive contre les indépendantistes albanais de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) dans des villages de la Drenica, une région du centre du Kosovo. Cette offensive fait au moins 80 morts parmi les Albanais, dont de nombreux civils. Les Occidentaux craignent une extension du conflit qui pourrait embraser les Balkans. Toutefois, l’idée d’une intervention armée occidentale n’est...