Le jeudi 4 février passé s’ouvrait à Paris un sommet mondial contre le cancer. Cancérologues, hommes politiques, responsables d’associations humanitaires, penseurs, se sont engagés d’œuvrer en concert pour que la lutte contre le cancer devienne une bataille mondiale. Le président de la République française a signé, le lendemain, une charte devant circuler dans tous les pays, parmi les scientifiques, les politiciens, les personnes atteintes de cette maladie et leur famille. Le document pourra par la suite être signé par tout individu intéressé sur Internet. Deux gouvernements, français et britannique, ont annoncé déjà la mise en œuvre d’un plan de lutte contre le cancer dans leur pays respectif. Le sommet mondial de Paris contre le cancer est né grâce à l’initiative d’un restaurateur touché de très près par le cancer dans son cercle familial. En février 99, Guy Savoy, l’initiateur en question, réunissait autour d’un dîner amical dans la capitale française une vingtaine de cancérologues du monde entier, à l’occasion d’un congrès, pour envisager une mobilisation effective contre ce fléau universel. Le Pr David Khayat, de l’hôpital Pitié-Salpêtrière, était le coorganisateur scientifique de cette rencontre au sommet. Au cours des échanges, il est apparu clairement que si les rencontres entre spécialistes permettent de s’instruire sur les avancées de la recherche, dans la vie quotidienne il y a de la détresse, de la souffrance, des morts qu’il faudrait absolument essayer de soulager en mobilisant tout le monde contre un ennemi commun et implacable. Déclarer une guerre mondiale contre le cancer, impliquant cancérologues, patients, industriels, responsables publics, journalistes... La rédaction d’une charte a été décidée ainsi que la circulation du document dans le monde entier afin d’être signé par tout individu adhérant à ce combat universel. Le projet s’est réalisé au début de cette année, dans l’intention de réveiller l’attention du monde sur ce problème qui menace de devenir un des principaux problèmes mondiaux du XXIe siècle si des investissements dans la recherche et les soins ne sont pas soutenus. Neuf millions de nouveaux cas de cancer surviennent annuellement dans le monde, ce qui signifie une progression de cette pandémie qui gagne du terrain au fur et à mesure de l’amélioration des conditions de vie. L’allongement de la durée de vie et le vieillissement de la population qui en résulte, le tabagisme, l’alimentation inadaptée, l’abus de l’exposition solaire représentent autant de facteurs responsables de cette progression du mal autant dans les pays avancés que les autres. C’est donc à l’échelle mondiale qu’il faut placer la lutte. Le partenariat entre États, communauté scientifique mondiale, soignants, malades et industriels paraît la voie la plus appropriée. Les organisateurs envisagent d’instaurer le 1er février de chaque année Journée mondiale contre le cancer, avec publication d’un rapport détaillé faisant le point sur l’évolution du cancer dans le monde, sous l’égide de l’Unesco. On escompte que les malades pourraient devenir de véritables groupes de pression sur les gouvernements, compte tenu de leur propre expérience et de la légitimité conférée par leur épreuve. «Les malades et les associations peuvent donner une perspective unique à la lutte contre le cancer. Ils doivent être impliqués à tous les niveaux, y compris ceux de prise de décision», estime la présidente de la plus importante association des malades du cancer des États-Unis. Même si le sommet de Paris et son vaste programme (v. encadré) ne disposent pas d’énergie et suffisamment pas de fonds, la croisade qu’ils soulèvent mobilise l’attention mondiale. L’exemple du sida, dont les malades et les médecins eux-mêmes ont réussi à faire émerger le mouvement mondial, est assez convaincant pour inciter à l’imitation. Le mouvement contre le cancer revêt un caractère symbolique, autant sur le plan moral que politique. Il concrétise une agitation autour des principales préoccupations universelles. Une telle agitation ne peut rester sans résultats...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le jeudi 4 février passé s’ouvrait à Paris un sommet mondial contre le cancer. Cancérologues, hommes politiques, responsables d’associations humanitaires, penseurs, se sont engagés d’œuvrer en concert pour que la lutte contre le cancer devienne une bataille mondiale. Le président de la République française a signé, le lendemain, une charte devant circuler dans tous les pays, parmi les scientifiques, les politiciens, les personnes atteintes de cette maladie et leur famille. Le document pourra par la suite être signé par tout individu intéressé sur Internet. Deux gouvernements, français et britannique, ont annoncé déjà la mise en œuvre d’un plan de lutte contre le cancer dans leur pays respectif. Le sommet mondial de Paris contre le cancer est né grâce à l’initiative d’un restaurateur touché de très...