Le régime pakistanais entre soulagement et inquiétude
le 18 mars 2000 à 00h00
Le général Pervez Musharraf, le chef du régime militaire pakistanais, est soulagé d’avoir obtenu du président américain Bill Clinton qu’il s’arrête à Islamabad au terme d’une tournée en Asie du Sud, le 25 mars, mais doit s’attendre à des pressions sur le retour à la démocratie et le renoncement à une course aux armements nucléaires dans le sous-continent. M. Clinton ne passera au Pakistan que quelques heures, mais le régime militaire est soulagé de cette venue, qui peut être bonne pour lui en termes d’image – après la condamnation internationale du coup d’État d’octobre dernier – en dépit de la différence de traitement entre les deux pays voisins. Bill Clinton devrait utiliser les quelque cinq heures qu’il passera à Islamabad à tenter de convaincre le général Musharraf de donner un calendrier pour un retour à la démocratie, alors que Washington a condamné le coup d’État militaire. «Le général Musharraf sera heureux d’expliquer au président Clinton la vision de son gouvernement concernant l’établissement d’une démocratie véritable dans le pays», a affirmé le ministre des Affaires étrangères Abdul Sattar. Une tentative d’explication qui pourrait être compliquée par la décision prise mercredi par le régime militaire d’interdire les réunions politiques publiques, les grèves et les manifestations, restreignant un peu plus encore les libertés publiques. D’autant que M. Clinton, tout en affirmant que cela aurait été une «erreur» de ne pas venir, a tenu à souligner que sa visite ne représentait en rien une «approbation d’un processus non démocratique qui est arrivé ici». Le général Musharraf a renversé le Premier ministre Nawaz Sharif le 12 octobre dernier, après que ce dernier l’eut mis à la retraite d’office de son poste de chef des armées. Il a suspendu la Constitution, le Parlement et les assemblées provinciales, puis mis le pouvoir judiciaire sous contrôle en exigeant qu’il prête serment au nouveau régime. «Je pense que notre capacité à avoir une influence positive sur l’avenir du Pakistan en terme de restauration de la démocratie, de résolution des problèmes dans le sous-continent indien et de réduction de conflits futurs dangereux sera plus grande si nous maintenons notre coopération», a déclaré M. Clinton. M. Sattar a affirmé que le Pakistan était prêt à discuter des préoccupations des États-Unis sur le terrorisme islamique et la drogue, deux autres volets du contentieux mis en avant par Washington. «Nous partageons la préoccupation des États-Unis concernant le terrorisme et les drogues et nous serons heureux de discuter d’une intensification de la coopération internationale en la matière», a affirmé le ministre. Les États-Unis cherchent à obtenir l’expulsion de l’islamiste Oussama Ben Laden, qu’ils accusent d’être le commanditaire du terrorisme antiaméricain et qui vit sous la protection des taliban en Afghanistan, devenu le premier pays producteur d’opium de la planète avec 4 200 tonnes d’opium récoltées en 1999. Mais c’est aussi sur le Cachemire que le Pakistan escompte tirer des gains de cette visite car Islamabad recherche depuis toujours une implication des États-Unis dans la résolution du problème de cette région himalayenne dont l’Inde et le Pakistan se disputent, souvent de manière sanglante, la souveraineté depuis l’indépendance et la partition du sous-continent en 1947.
Le général Pervez Musharraf, le chef du régime militaire pakistanais, est soulagé d’avoir obtenu du président américain Bill Clinton qu’il s’arrête à Islamabad au terme d’une tournée en Asie du Sud, le 25 mars, mais doit s’attendre à des pressions sur le retour à la démocratie et le renoncement à une course aux armements nucléaires dans le sous-continent. M. Clinton ne passera au Pakistan que quelques heures, mais le régime militaire est soulagé de cette venue, qui peut être bonne pour lui en termes d’image – après la condamnation internationale du coup d’État d’octobre dernier – en dépit de la différence de traitement entre les deux pays voisins. Bill Clinton devrait utiliser les quelque cinq heures qu’il passera à Islamabad à tenter de convaincre le général Musharraf de donner un...
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