Le dollar est resté recherché en ce début de semaine, à Beyrouth, à des fins commerciales dans un marché toujours réticent à l’offre, comme en témoigne la nette contraction de l’activité. Et c’est grâce à l’action de la Banque du Liban (BDL), qui a continué à le proposer entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, que le billet vert a dû se maintenir en clôture au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre dernier. Mais compte tenu de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande, les établissements de crédit ont été amenés à le négocier entre 1 504,00 et 1 505,00 LL, après un départ entre 1 505,00 et 1 506,00 LL, a-t-on appris de sources cambistes. Et d’ajouter dans ces mêmes milieux que le volume d’affaires de la journée d’hier est demeuré très mince, ne dépassant pas quelque sept millions de dollars entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, sans aucune intervention de la BDL. L’euro et le dollar poussés à la baisse par le yen À l’étranger, l’euro s’est à nouveau replié en ce début de semaine sur les marchés des changes internationaux, passant sous la barre psychologique de 0,97 dollar au-dessus de laquelle il s’était maintenu pendant une majeure partie de la journée en Europe, avant d’être repoussé par les assauts du yen. La devise nippone, qui a redoublé de vigueur face aux principales devises, ne tardait pas à peser sur le billet vert aussi le repoussant sous le seuil psychologique des 106 yens pour un dollar. Ce regain d’intérêt pour le yen est intervenu hier malgré la contraction de 1,4 % du produit intérieur brut (PIB) japonais au dernier trimestre 1999. Selon les cambistes, la hausse des dépenses d’investissements du secteur privé au Japon de 4,6 % pendant la même période a effacé le déclin du PIB et soutenu le yen face à l’euro et au dollar. Cela d’autant que le yen restait plus en forme que les investisseurs japonais qui continuent à rapatrier leurs avoirs de l’étranger à l’approche de la fin de l’année fiscale au Japon. De quoi permettre à la devise nippone de tester le seuil des 100 yens pour un euro, à moins que la Banque du Japon ne réintervienne sur les marchés comme elle l’avait fait la semaine précédente, sans néanmoins beaucoup d’effet. La monnaie unique européenne s’est repliée du coup sous le seuil de 0,97 dollar, alors qu’elle avait passé la majorité de la journée en Europe au-dessus de ce seuil, profitant de l’interview accordée hier par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Wim Duisenberg, au journal Les Échos, faisant état de l’importance de la stabilité de l’euro, interprétée par les marchés comme une porte ouverte à un nouveau relèvement des taux d’intérêt européens. De plus, certains analystes ont estimé que la réduction des déficits publics dans les onze pays de la zone euro en 1999, à 1,2 % du PIB contre 2 % en 1998 avait également profité à la monnaie unique dans la matinée avant qu’elle ne cède à la force du yen. Quant à la livre sterling, elle a évolué dans des marges étroites, après la publication des prix à la production en légère hausse de 0,1 % au Royaume-Uni le mois dernier par rapport à janvier alors que les analystes tablaient sur une hausse de 0,2 %, justifiant une pause dans la politique monétaire britannique. Cela étant, le dollar est passé dans le rouge ainsi que l’euro face au yen, se négociant à New York comme suit : – 0,9650 pour un euro contre 0,9630, vendredi dernier – 1,5780 pour un sterling contre 1,5765 – 2,0270 DM contre 2,0310 – 6,7975 FF contre 6,8115 – 1,6695 FS contre 1,6705 – 2006,50 lires contre 2010,65 – 105,50 yens contre 106,30. Bourse de Beyrouth : marché terne À la Bourse de Beyrouth, la tendance est demeurée faible en ce début de semaine, avec la baisse des actions B de Solidere de 7 3/8 à 7 1/4 dollars et des actions C de la Byblos Bank de 2 1/8 à 2 1/16 dollars, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice générale LISPI de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu 0,23 % à 70,59 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,13 % à 161,39 points. Tout cela s’est produit hier dans un marché terni par le manque d’activité où seulement 26 426 actions ont changé de mains d’une valeur globale de 39 432 dollars. Petit coup de déprime à Wall Street Sur les places boursières internationales, Wall Street a subi en ce début de semaine un nouveau coup de déprime à l’image des autres Bourses internationales, malgré une amélioration de la situation sur les valeurs industrielles et cycliques après une ouverture en fort recul. Selon les analystes boursiers américains, «il n’y a pas de raison particulière à la baisse de Wall Street, seulement des marchés étrangers faibles et le manque de catalyseur pour soutenir le marché américain». Et d’ajouter que «le mouvement de vente à l’étranger a surtout été dans le secteur de la haute technologie, dont la valorisation suscite des interrogations». En effet, l’indice composite de la Bourse électronique américaine Nasdaq, qui avait terminé la semaine précédente sur un nouveau record au-dessus des 5 000 points, a dû subir hier la pression des dégagements bénéficiaires. Quant à l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui rassemble surtout des valeurs dites de la «vieille économie», est parvenu à recouvrer une grande partie du terrain qu’il avait perdu, en remontant d’un plus bas à 9 735,54 points à un plus haut à 9 998,50 points, avant d’afficher en préclôture 9988,08 points, en hausse de 59,26 points sur vendredi dernier. Le fait que le «gourou» de Wall Street, Warren Buffett, ait reconnu samedi dernier avoir subi en 1999 l’une de ses plus mauvaises années avec une baisse de 45 % du bénéfice net de sa société d’investissements Berkshire Hathaway n’incitait pas non plus la Bourse américaine au sourire hier, indique-t-on dans les salles de marché. Cela d’autant que M. Buffett a souligné que son optimisme sur les performances à venir de sa société est aussi tempéré par le fait qu’il est convaincu que les rendements du S & P 500 seront bien inférieurs sur la prochaine décennie, voire les deux prochaines décennies, à ceux qu’ils ont été depuis 1982. Compte tenu de toutes ces considérations, et dans l’attente de la publication après-demain de l’indice des prix à la production aux États-Unis et vendredi de celui des prix à la consommation pour février qui apporteront des indications sur les signes de reprise de l’inflation américaine avant la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) le 21 mars, la tendance de Wall Street devait rester volatile jusqu’à nouvel ordre. Repli des Bourses européennes, touchées par les technologiques Les Bourses européennes ont clôturé la séance de lundi en net recul, accentuant un mouvement de repli amorcé en matinée dans les compartiments de «la nouvelle économie» en raison de la faiblesse des marchés américains. L’indice Eurotop 300 a perdu 2,27 % et l’Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro 3 %. Paris a cédé 2,66 %, Londres 1,55 %, Francfort 3,54 %, Amsterdam 2,74 %, Zurich 1,83 %, Bruxelles 2,38 %, Milan 2,20 % et Madrid 1,23 %. Peu après la clôture des marchés européens, l’indice Dow Jones, redevenu positif, affichait une hausse de 0,46 %, tandis que le Nasdaq réduisait ses pertes à 1,20 %. Ils avaient respectivement ouvert en baisse de 1,5 % et de plus de 3,5 %. Le recul des technologiques avait commencé dès le matin sur les marchés asiatiques. Particulièrement touchée, Siemens AG cédait 8,26 %, tandis que sa filiale semi-conducteurs Infineon, qui faisait ses débuts sur le Neuer Markt de Francfort, progressait de 100 % par rapport à son cours d’introduction. L’équipementier téléphonique Alcatel perdait 5,25 %, le britannique Marconi Plc 3,6 % et le néerlandais Philips Electronics NV 4,2 %. Les opérateurs de télécommunications n’étaient pas mieux lotis, avec un recul de 4,26 % pour France Télécom, de 3,9 % pour British Télécommunications Plc et de 5,6 % pour Deutsche Telekom AG. Aux médias, Canal Plus chutait lourdement de 10,16 %. Aux automobiles, l’événement de la journée était constitué par l’«alliance industrielle stratégique» entre Fiat et General Motors, confirmée par les deux principaux intéressés après la clôture des marchés. Les cotations sur le titre Fiat avaient auparavant été suspendues, en prévision de la conférence de presse commune annoncée par les deux groupes. Ce rapprochement a permis à l’ensemble du compartiment automobile d’être épargné par le mouvement de repli, son index sectoriel Stoxx gagnant 1,5 %. À Paris, Peugeot prenait ainsi 1,41 % et Renault 3,16 %. À Francfort, DaimlerChrysler, BMW et Volkswagen progressaient respectivement de 0,95 %, 1,34 % et 1,44 %. Tokyo : fort recul La Bourse de Tokyo a terminé sur un net recul de 2,8 % lundi, les investisseurs s’étant débarrassés d’une partie de leurs valeurs technologiques sans se préoccuper de l’annonce de mauvais chiffres pour le PIB japonais au dernier trimestre de 1999. L’indice de référence Nikkei-225 a cédé 560,47 points à 19 189,93. L’indice Topix a perdu pour sa part 75,15 points à 1 558,15. Le gouvernement japonais a annoncé lundi que l’économie du pays s’était fortement contractée au dernier trimestre de 1999 avec une chute de 1,4 % du Produit intérieur brut (PIB) par rapport au trimestre précédent. Il s’agit du deuxième trimestre consécutif de baisse pour le PIB, ce qui techniquement correspond à une récession. «Le marché n’a guère réagi au chiffre du PIB. Il s’attendait déjà à un résultat négatif», a assuré Kazuori Jinnai, analyste chez Daiwa Securities SB Capital Markets. «L’indice Nikkei a chuté en raison de prises de bénéfices sur les valeurs de la haute technologie et des technologies de l’information», a-t-il ajouté. Sony Corp. a reculé de 2 000 yens (-7,6 %) à 24 300 yens, à la suite de l’annonce ce week-end de l’existence de problèmes techniques sur certains modèles de la nouvelle console de jeux vidéo PlayStation 2, liés à des cartes mémoires défectueuses. Les investisseurs ont également été préoccupés par l’éventualité d’une division par deux de la valeur nominale du titre Sony, qui multipliera par deux le nombre d’actions mais réduira de moitié leur valeur. Softbank Corp, qui a investi dans les valeurs Internet, a perdu 5 000 yens (-5 %) à 94 200 yens. L’opérateur de téléphonie mobile NTT DoCoMo Inc a plongé de 490 000 yens (-12,6 %) à 3,39 millions de yens. «Étant donné la montée soudaine des valeurs de haute technologie dans le sillage du Nasdaq, les investisseurs sont en train de corriger leurs positions, optant pour des prises de bénéfices sur de telles valeurs», a souligné Tatsuo Kurokawa, analyste chez Nomura Securities. Les investisseurs institutionnels, à l’instar des investisseurs particuliers, vendent des titres tels que Sony et NTT DoCoMo pour améliorer la configuration de leur bilan, à la veille de la clôture des exercices fiscaux le 31 mars.
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