L’hôtel des ventes Christie’s abrite dans ses nouveaux locaux parisiens la collection Lagerfeld, un ensemble de 450 pièces estimé à plus de 200 millions de francs et qui doit être dispersé entre Monaco et New York. Pièces de mobilier, vaisselle, objets d’art et tableaux peuvent être admirés depuis samedi et pour neuf jours. Une fois passé le simple et gratuit plaisir des yeux, les choses sérieuses commenceront les 28 et 29 avril à Monaco, avec la mise aux enchères du mobilier et des objets d’art. Les tableaux seront vendus à New York le 3 mai. Pour l’essentiel, l’ensemble recouvre les XVIIe et XVIIIe siècles français, avec une brève incursion dans le XIXe siècle. Noms connus ou moins connus, voire inconnus, se partagent la paternité des œuvres et objets que le styliste Karl Lagerfeld a rassemblés une vingtaine d’années durant et qui meublaient son hôtel particulier parisien. Apparemment, il semble que Karl Lagerfeld, né à Hambourg en 1938, ait décidé de renoncer au baroque, au rococo et au néoclassicisme pour remodeler son intérieur parisien aux couleurs et formes contemporaines avec le concours de l’architecte japonais Tadao Ando. Pas de pastels Les portraits, essentiellement du XVIIIe siècle, prédominent. Mais pas de pastels. Souvent, ces portraits brillent autant sinon plus par les étoffes qui habillent le personnage que par ce dernier. En dehors de ce renvoi direct à son métier, certains tableaux comportent des éléments de mobilier qui sont comme un «clin d’œil» aux propres meubles de la collection Lagerfeld, dit-on chez Christie’s. Mais l’une des pièces les plus remarquables est un Saint-Jérôme de Philippe de Champaigne (1602-1674), estimé à 780 000/910 000 francs. Son pendant est un Saint-Augustin qui se trouve dans un musée de Los Angeles. Sinon, l’acheteur aura le choix, entre autres, entre Jean-Honoré Fragonard, François Boucher, Hubert Robert, Jean-Baptiste Perroneau ou Antoine Coypel. À moins qu’il ne jette son dévolu sur un grand lit d’apparat (il lui en sera proposé plusieurs), un bronze d’Étienne Maurice Falconet, un biscuit de Sèvres ou un meuble en marqueterie attribué à Jean-Henri Riesener ou Jean-François Œben. Dans une brève interview figurant dans le dossier de presse, Lagerfeld affirme posséder une «connaissance intime du XVIIIe siècle qui confine à la familiarité et, même si je me sépare aujourd’hui de ma collection, j’ai l’impression de “posséder” le XVIIIe siècle pour toujours». Quant au fait que ce soit Christie’s qui réalise la vente, Lagerfeld ne dit rien de particulier à ce sujet. Chez Christie’s on avance le fait que la maison a réalisé dernièrement de très grosses ventes (collection Rothschild à Londres, Alexander à New York, Akram Ojjeh à Monaco). À moins que ce ne soit parce que Christie’s est hébergé dans l’ancien hôtel particulier des sœurs Callot, propriétaires et stylistes d’une célèbre maison de couture du début du siècle.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’hôtel des ventes Christie’s abrite dans ses nouveaux locaux parisiens la collection Lagerfeld, un ensemble de 450 pièces estimé à plus de 200 millions de francs et qui doit être dispersé entre Monaco et New York. Pièces de mobilier, vaisselle, objets d’art et tableaux peuvent être admirés depuis samedi et pour neuf jours. Une fois passé le simple et gratuit plaisir des yeux, les choses sérieuses commenceront les 28 et 29 avril à Monaco, avec la mise aux enchères du mobilier et des objets d’art. Les tableaux seront vendus à New York le 3 mai. Pour l’essentiel, l’ensemble recouvre les XVIIe et XVIIIe siècles français, avec une brève incursion dans le XIXe siècle. Noms connus ou moins connus, voire inconnus, se partagent la paternité des œuvres et objets que le styliste Karl Lagerfeld a rassemblés une...