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Actualités - Chronologie

Innovation - Identifier et mémoriser les goûts Une langue électronique

Après avoir lancé en 1993 un nez électronique, la société toulousaine Alpha-MOS (Alpha-Multi Organoleptic Systems) présentera du 12 au 16 mars à l’occasion du salon Pittcon de La Nouvelle-Orléans (États-Unis) son nouvel organe artificiel : une langue électronique capable d’identifier et de mémoriser les goûts. Les principales applications de cette innovation technologique, née dans une «start-up» d’une quarantaine d’employés de Toulouse, concernent les industries alimentaires, cosmétiques et de l’emballage, explique Jean-François Chauvet, directeur du marketing et de la communication. La mission de la société est de «numériser deux des sens humains : l’odorat et le goût» en créant et commercialisant des nez et des langues électroniques. Avec la langue, «nous ajoutons un autre sens à notre expertise», poursuit ce responsable. La langue électronique est composée d’un système de capteurs disposés au bout d’un support «plongeant dans les échantillons de produits qu’elle doit analyser». Ceux-ci sont chauffés à des températures de 50 à 60 degrés afin de déterminer leur composition moléculaire. «La langue va enregistrer pour chaque échantillon une empreinte spécifique en mesurant des composés dissous. Elle créera ainsi une base de données – une véritable mémoire – lui permettant de déterminer les degrés d’acidité, d’amertume ou de sucre» des aliments analysés, précise M. Chauvet. «Elle pourra ainsi trier bons et mauvais produits». «Ces tests permettent, si vous êtes par exemple producteur d’un soda, de savoir rapidement si votre produit n’est pas contaminé, voire altéré par l’emballage, et d’interrompre rapidement sa production», dit-il. Concurrence Cette innovation pourra ainsi déterminer l’influence ou non des emballages, en polymère, papier ou aluminium, sur les aliments. Évoquant les précédents des canettes de Coca-Cola contaminées ou des rillettes frappées par la listeria, M. Chauvet souligne les capacités importantes d’expertise de la société dans ce domaine alimentaire. «Il existe dans le monde de nombreux programmes de qualité alimentaire et de traçabilité pour aller vers une meilleure qualité. Nos produits sont parfaitement dans cette mouvance», remarque ce directeur. Après le nez électronique, commercialisé en diverses versions vendues entre 200 000 et 700 000 francs à l’étranger, Alpha-MOS souhaite s’imposer avec la langue électronique face à une concurrence renforcée par l’apparition sur le créneau de grands groupes, tels Hewlett-Packard ou Shimatsu. Alpha-Mos s’appuiera alors sur ses actuels clients, l’Administration américaine pour le contrôle des produits alimentaires et pharmaceutiques (Food and Drug Administration - FDA) et le géant de l’agroalimentaire Monsanto, aux États-Unis, ou le groupe laitier japonais Morinage. C’est à ces fins que l’équipement, d’un volume peu imposant – un ordinateur et un équipement chargé d’analyser les produits –, devrait être commercialisé dans le courant de l’année, après sa présentation au «Forum-labo» du 28 au 31 mars à Paris. Créée en 1992 autour de Jean-Christophe Mifsud, son actuel PDG, Alpha-MOS est entrée en Bourse, sur le Nouveau marché, en mars 1998. L’an dernier, son chiffre d’affaires avait atteint 12 millions de francs. «Les prévisions pour l’année en cours se situent autour de 20 millions de francs», affirme M. Chauvet, qui espère beaucoup de «ses premiers coups de langue» aux États-Unis.
Après avoir lancé en 1993 un nez électronique, la société toulousaine Alpha-MOS (Alpha-Multi Organoleptic Systems) présentera du 12 au 16 mars à l’occasion du salon Pittcon de La Nouvelle-Orléans (États-Unis) son nouvel organe artificiel : une langue électronique capable d’identifier et de mémoriser les goûts. Les principales applications de cette innovation technologique, née dans une «start-up» d’une quarantaine d’employés de Toulouse, concernent les industries alimentaires, cosmétiques et de l’emballage, explique Jean-François Chauvet, directeur du marketing et de la communication. La mission de la société est de «numériser deux des sens humains : l’odorat et le goût» en créant et commercialisant des nez et des langues électroniques. Avec la langue, «nous ajoutons un autre sens à notre...