L’union à venir des deux banques allemandes Deutsche et Dresdner Bank modifie l’échiquier de la finance allemande, et accroît la pression sur les autres établissements du secteur, soulignaient hier des analystes. Cette alliance annoncée jeudi dernier est largement interprétée comme un mariage de raison par les analystes, qui n’ont de cesse de pointer du doigt la faible capitalisation boursière des banques allemandes, qui les rend vulnérables à des assauts extérieurs. L’offensive réussie du britannique Vodafone sur le conglomérat Mannesmann a laissé des traces dans tous les esprits en Allemagne, et aucun patron ne devrait s’estimer en sécurité, répètent à l’envi la presse et les experts. Ce à quoi rétorquent généralement les mêmes patrons : «la taille n’est pas une valeur en soi», et Bernhard Walter, patron de Dresdner Bank, l’a lui aussi souligné jeudi dernier lors de la conférence de presse. «Mais il en va de la taille comme de l’argent: quand on en a, on se sent énormément rassuré», raille le quotidien allemand Handelsblatt d’hier. «Avec cette fusion va apparaître un colosse à qui plus personne ne peut s’attaquer si facilement», remarque-t-il. Il n’en va pas de même, loin s’en faut pour les concurrentes de la nouvelle Deutsche Bank : «Le marché tout entier de la banque allemande est sous pression, en particulier la Commerzbank», avertit Britta Graf, analyste pour la BNP à Francfort. Et de fait, la quatrième banque privée du pays est au cœur de rumeurs de reprise hostile à court terme par la britannique HSBC. Commerzbank elle-même n’ose plus exclure cette possibilité. «En l’état actuel des choses, on ne peut rien exclure», a indiqué jeudi dernier une porte-parole, précisant que 90 % de l’actionnariat de la banque était dispersé, ce qui facilite une reprise hostile. «Je pense que cela pourrait arriver» estime Britta Graf. La Bourse était visiblement du même avis, et le titre Commerzbank a bondi de 13 % jeudi en cours de séance. Jusqu’ici le patron de Commerzbank Martin Kolhaussen avait toujours explicitement exprimé son opposition à la «fusionnite» ambiante. Une alternative serait une alliance avec la deuxième banque privée du pays, la bavaroise HypoVereinsbank, estiment des observateurs. Interrogé sur ce point par le quotidien Frankfurter Allgemeine d’hier, le patron de HypoVereinsbank Albrecht Schmidt a répliqué : «On ne devrait parler sérieusement de fusion que lorsqu’on a une idée identique des affaires». HypoVereinsbank, mieux implantée régionalement, peut, selon Mme Graf, voir les choses de façon plus «décontractée» que Commerzbank. Les mouvements qui se dessinent aujourd’hui dans la finance allemande devraient être bientôt suivis d’une importante recomposition du paysage industriel, si la loi prévoyant d’exonérer d’impôt les plus-values sur la vente de participations industrielles allemandes entre en vigueur en 2001, comme le veut le gouvernement.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’union à venir des deux banques allemandes Deutsche et Dresdner Bank modifie l’échiquier de la finance allemande, et accroît la pression sur les autres établissements du secteur, soulignaient hier des analystes. Cette alliance annoncée jeudi dernier est largement interprétée comme un mariage de raison par les analystes, qui n’ont de cesse de pointer du doigt la faible capitalisation boursière des banques allemandes, qui les rend vulnérables à des assauts extérieurs. L’offensive réussie du britannique Vodafone sur le conglomérat Mannesmann a laissé des traces dans tous les esprits en Allemagne, et aucun patron ne devrait s’estimer en sécurité, répètent à l’envi la presse et les experts. Ce à quoi rétorquent généralement les mêmes patrons : «la taille n’est pas une valeur en soi», et Bernhard...