La demande du dollar, qui s’était relâchée la veille à Beyrouth, a semblé reprendre hier, sans pour autant prendre une grande importance, et ce dans un marché toujours réticent à l’offre, selon les milieux cambistes de la place. Mais, après que la Banque du Liban (BDL) se fut déclarée prête à acheter le billet vert à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL simultanément, il a dû clôturer, comme tous les jours depuis le 9 septembre dernier, au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL Compte tenu de la propension du marché à la demande plutôt qu’à l’offre, les établissements de crédit ont été amenés à négocier le dollar relativement à la hausse entre 1 504,00 et 1 505,00 LL contre 1 502,00 et 1 503,00 LL la veille, quoique dans des transactions peu étoffées. En effet, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque huit millions de dollars, entièrement échangés par les banques de la place à l’achat et à la vente, sans aucune intervention de la BDL Reprise de l’euro à l’étranger À l’étranger, la monnaie unique européenne était un peu plus en forme hier sur les marchés des changes internationaux, bénéficiant d’un léger retour de confiance après l’annonce du projet de fusion bancaire entre Dresdner Bank et Deutsche Bank et d’une offre d’achat de HSBC sur Commerzbank ainsi que de la publication d’indicateurs économiques européens laissant croire à un éventuel relèvement des taux d’intérêt dans la zone euro. Selon les cambistes, l’euro a regagné hier une peu la confiance des opérateurs qui ont finalement intégré les bons indicateurs économiques publiés dans le bulletin mensuel de la Banque centrale européenne (BCE) pour le mois de mars. Celle-ci a fait état d’une accélération de l’inflation cette année à 2 % grâce aux perspectives de croissance assez fortes en Europe, incitant les investisseurs à ne pas être démunis en euros au cas où la BCE bougerait la semaine prochaine lors de la réunion de son conseil de gouverneurs. Certains analystes ont en outre estimé que l’annonce officielle hier de la fusion entre les deux grandes banques allemandes Dresdner et Deutsche ainsi que l’offre d’achat de HSBC sur Commerzbank pouvaient entraîner une forte demande d’euros sur les marchés. Il s’agissait de toute façon d’un bon signe après les critiques sur les rigidités des marchés dans la zone euro, redonnant plus d’actualité aux placements dans la monnaie unique. Pour ce qui est des autres grandes devises, la monnaie japonaise a été en hausse hier, empêchant le dollar de remonter au-dessus du seuil psychologique des 107 yens, aidée par l’annonce dans la matinée d’hier de bons chiffres sur les commandes de machines en janvier au Japon ainsi que par les rapatriements de capitaux nippons. Quant à la livre sterling, elle a continué d’évoluer dans des marges étroites après l’annonce du maintien du taux de prise en pension de la Banque d’Angleterre à 6 % à l’issue de la réunion hier de son comité de politique monétaire. Cela d’autant que cette décision était conforme aux attentes du marché après les récentes déclarations du gouverneur de cette banque Eddie George sur le niveau trop élevé du sterling. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar s’est montré généralement vulnérable, se négociant à New York, comme suit : – 0,9685 pour un euro contre 0,9605, la veille – 1,5815 pour un sterling contre 1,5810 – 2,0195 DM contre 2,0365 – 6,7725 FF contre 6,8295 – 1,6600 FS contre 1,6720 – 1 999,25 lires contre 2 015,90 – 106,55 yens contre 107,15. Bourse de Beyrouth : marché stable et étriqué À la Bourse de Beyrouth, c’est le statu quo hier, dans un marché plat sur lequel on a relevé le maintien des actions A de Solidere à 7 1/8 dollars ainsi que les actions C de la Bank of Beirut à 7 9/16 dollars, le restant de la cote n’ayant fait l’objet d’aucune transaction. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 71,00 points de même que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 161,59 points. Ce mouvement s’est donc déroulé dans un volume d’affaires étriqué ne dépassant pas quelque 8 502 actions d’une valeur globale de 60 979 dollars. Wall Street : marché ferme mais irrégulier Sur les places boursières internationales, la tendance a été très irrégulière à Wall Street et les locomotives traditionnelles de la cote américaine avaient bien des difficultés hier à s’installer dans le vert, malgré les performances de l’indice composite Nasdaq des valeurs de la haute technologique et de l’Internet. Selon les analystes boursiers, le climat a été une nouvelle fois morose sur la place américaine avec toujours la très mauvaise impression laissée mardi dernier par le coup de tabac sur les valeurs traditionnelles, illustrées par le Dow Jones Industrial Average (DJIA). Et d’ajouter que le léger sursaut de la veille sur ces valeurs n’arrive pas encore à se confirmer, faisant remarquer que le rebond dans le secteur de la pharmacie ne compense pas les retraits dans les semi-conducteurs, le pétrole, les valeurs cycliques, ou même parfois dans l’Internet et les biotechnologies pour le Nasdaq. Le titre Procter & Gamble, cause de tous les soucis du marché boursier américain ou simplement l’élément révélateur d’un mal plus profond, n’est pas arrivé à refaire surface. Il est resté attaché à ses plus bas depuis un an bien que les deux grandes agences de notation financière Standard & Poor’s et Moody’s aient maintenu leurs notes sur cette entreprise fabriquant des produits de grande consommation. Dans ce contexte et avec le pari des investisseurs sur un accord prochain entre le groupe allemand Deutsche Telekom et Qwest qui est doté d’un réseau de câble en fibre optique qui intéresse la société allemande, la volatilité du marché américain ne devait pas se démentir dans tous les secteurs malgré la hausse de tous les indices boursiers. En effet, le Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû fluctuer irrégulièrement entre un plus bas à 9 738,95 points et un plus haut à 9 946,50 points, avant d’afficher en préclôture 9 928,51 points, en hausse de 71,98 points sur la veille. Les Bourses européennes ont terminé sur une image contrastée Les portes pertes de Deutsche Bank et de Dresdner Bank ont compensé les gains des valeurs TMT (technologie-médias-télécoms) hier, donnant en fin de compte une image très contrastée des Bourses européennes en clôture. Paris, Londres et Milan sont arrivés en tête avec des gains respectifs de 1,24 %, 1,89 % et 1,40 %. Les autres places ont rétrogradé : Francfort a abandonné 0,47 %, Zurich 0,63 %, Amsterdam 0,99 %, Madrid 0,83 % et Bruxelles 1,28 %. L’indice Euro Stoxx 50 a cédé 0,22 % à 5 352,88 et l’indice FTSE Eurotop 300 a progressé de 0,07 % à 1 623,08. L’aspect coûteux de la fusion entre Dresdner et Deutsche – une charge exceptionnelle de trois milliards d’euros a été annoncée – a fait chuter le cours des deux banques, même si elles ont annoncé – des économies à peu près équivalentes à l’horizon 2003 par le biais de la suppression de 16 000 emplois et de la fermeture de 800 succursales. Deutsche Bank a perdu 12,87 % et Dresdner Bank 10,65 %. En revanche, Commerzbank a gagné 4,8 %. La quatrième banque allemande passe pour être une future cible d’OPA. Le quotidien Die Welt daté de jeudi a évoqué une OPA hostile de la part du britannique HSBC. Les deux banques se sont abstenues de tout commentaire. HSBC a gagné 0,50 %. Le réassureur Munich Re, qui lorgnerait sur les 17,4 % d’Allianz dans HypoVereinsbank, a pris 5,7 %. Au contraire, HypoVereinsbank a perdu 6,62 %, tandis qu’Allianz, qui, grâce à la fusion Deutsche/Dresdner deviendra l’un des grands spécialistes mondiaux de la gestion d’actifs, a cédé 0,97 %. Les valeurs des médias sont les grandes gagnantes de la journée. Canal Plus a fait un bond de 12,77 %, après sa chute de 4,29 % de la veille due à des résultats 1999 décevants. Reuters Group Plc a progressé de 9,0 %, à la faveur du rebond de sa filiale Internet Tibco Software. Viennent ensuite les télécoms avec surtout la hausse de 12,55 % de British Telecommunications qui a annoncé des alliances avec une trentaine de sociétés en vue d’intégrer Internet aux mobiles. La rumeur d’une OPA de Deutsche Telekom sur Equant a fait progresser cette dernière de 8,79 %. Telekom n’a fait aucun commentaire et a perdu 0,1 %. Les valeurs TMT se sont donc bien remises de leurs déconvenues de la veille, grâce surtout au Nasdaq américain qui a clôturé en hausse mercredi et qui poursuivait son avance jeudi, celle-ci dépassant 1,60 %. Mais les experts se demandent pendant encore combien de temps les valeurs de la «nouvelle économie» flamberont avant de subir une correction. De l’avis de Nathalie Monnoyeur (Crédit lyonnais, Paris), les écarts d’évaluation des high techs entre les USA et l’Europe et entre actions et obligations sont en train de se combler, ce qui implique probablement une nouvelle diversification des portefeuilles en dehors des TMT et notamment vers les financières. Même raisonnement pour Ian Scott (Lehman Brothers) qui ajoute qu’à «trois ou six mois d’horizon, nous serions très prudents». Tokyo : poursuite de la baisse La Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 0,5 % jeudi, les investisseurs ayant décidé d’engranger leurs bénéfices sur les valeurs technologiques et des télécommunications qui avaient progressé dans la matinée. L’indice de référence Nikkei-225 a chuté de 104,47 points à 19 662,33. Le volume des échanges s’est élevé à quelque 714 millions d’actions, contre 642 millions la veille. «Les valeurs importantes de la technologie et de l’information, qui avaient fortement baissé lors des dernières séances, ont été achetées hier matin par les opérateurs à la suite du rebond de Wall Street», a indiqué le chef des opérations sur les actions chez Taiheiyo Securities, M. Masaru Yamano. «Mais, elles ont été vendues peu après lorsque les opérateurs se sont aperçus qu’elles n’avaient pas de perspectives de croissance» a ajouté M. Yamano. «Les achats et les ventes ont été effectués par les même secteurs dans un temps très court» a-t-il ajouté. L’ambiance a été assombrie par la baisse du géant de l’électronique Sony et par le spécialiste d’Internet, Softbank Corp. Sony a reculé de 760 yens (-2,6 %) à 28 100 yens. C’est le sixième jour consécutif de recul de Sony après le bond de samedi, à la suite du lancement au Japon de la console de jeux PlayStation2. Softbank a perdu 16 000 yens (-12,3 %) à 114 000 yens. La firme d’électronique TDK a progressé de 710 yens (+6,6 %) à 11 460 yens après l’annonce mercredi qu’elle allait racheter l’américain Headway Technologies, l’un des premiers producteurs au monde de têtes d’enregistrement en particulier pour les lecteurs de disque dur.
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