Une commission d’experts nommée par le Congrès américain a présenté, hier, un rapport sévère et proposé des réformes drastiques sur le rôle des institutions financières internationales, particulièrement le FMI et la Banque mondiale. Ce rapport de la commission Meltzer, du nom de son président Allan Meltzer, professeur à Carnegie Mellon University (Pennsylvanie), estime que le Fonds monétaire international (FMI) joue «un rôle excessif» en tant que «manager des crises financières aux opérations de sauvetage trop coûteuses». «Son système de gestion des crises à court terme est trop coûteux, ses réponses trop lentes, ses conseils souvent incorrects et ses efforts pour influencer les politiques (économiques) relèvent de l’ingérence», dit du FMI le rapport qui a été approuvé par huit des onze experts de la commission. Selon eux, le FMI ne devrait prêter qu’à des pays solvables à court terme et à des taux élevés. Sauf en cas de crise menaçant le système économique mondial, ces prêts ne devraient être accordés qu’à des pays montrant les conditions d’une certaine santé financière. Ces conditions sont : un système bancaire compétitif et des banques privées capitalisées de manière adéquate, une politique budgétaire saine et une transparence quant au niveau de la dette. Pour encourager les pays pauvres à adopter des réformes financières, FMI et Banque mondiale devraient annuler la dette de tous les pays les plus lourdement endettés, selon le rapport qui encourage les États-Unis à faire de même. Le rapport juge également que la Banque mondiale, rebaptisée Agence de développement du monde, devrait cantonner ses prêts aux pays n’ayant pas accès aux marchés financiers. Ainsi, elle devrait, au cours des cinq prochaines années, cesser de prêter aux pays ayant accès aux ressources privées ou disposant d’un revenu annuel par habitant de 4 000 dollars. Cette mesure toucherait des pays comme la Chine et la Thaïlande. La Banque mondiale n’accorderait plus de prêt en cas de crise financière, un rôle qui reviendrait au FMI. En revanche, elle devrait faire davantage de dons aux pays très pauvres pour des programmes sociaux ou d’infrastructures qui ne peuvent être financés par le secteur privé. Sur le plan régional, la Banque mondiale ne s’occuperait plus que de l’Afrique, du Moyen-Orient et des quelques pays pauvres d’Europe. Les interventions en Asie et en Amérique latine seraient l’apanage exclusif de la Banque asiatique de développement (BAD) et de la Banque interaméricaine de développement (BID). Trois membres de la commission, Fred Bergsten, directeur de l’Institute for International Economics, Jérôme Levinson, professeur à l’American University, et Esteban Torres, ancien représentant à la Chambre, ont signé un texte de désaccord à ces conclusions. Ces trois personnes estiment que ces recommandations «cavalières... pourraient affaiblir la lutte contre la pauvreté».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une commission d’experts nommée par le Congrès américain a présenté, hier, un rapport sévère et proposé des réformes drastiques sur le rôle des institutions financières internationales, particulièrement le FMI et la Banque mondiale. Ce rapport de la commission Meltzer, du nom de son président Allan Meltzer, professeur à Carnegie Mellon University (Pennsylvanie), estime que le Fonds monétaire international (FMI) joue «un rôle excessif» en tant que «manager des crises financières aux opérations de sauvetage trop coûteuses». «Son système de gestion des crises à court terme est trop coûteux, ses réponses trop lentes, ses conseils souvent incorrects et ses efforts pour influencer les politiques (économiques) relèvent de l’ingérence», dit du FMI le rapport qui a été approuvé par huit des onze experts de...