Quarante ans de carrière active dans le domaine de l’architecture libanaise et internationale peuvent faire l’objet d’un livre. C’est ce qu’a fait Pierre el-Khoury, en proposant de raconter ses souvenirs concernant les bâtiments qui ont construit sa célébrité, ici et ailleurs. Près de 200 pages, largement illustrées de photos, de dessins et de plans, dans lesquelles l’architecte se souvient dans quelles circonstances chaque projet a été réalisé, ses observations et ses commentaires sur ses clients et le terrain à construire. Petit extrait : «(Aimée Kettaneh) avait acheté un terrain à Yarzé. Quand je me rendis dans cette banlieue boisée de Beyrouth, je m’aperçus tout de suite que le terrain n’était pas très beau, au carrefour de deux routes, avec une vue limitée sur la montagne, et qu’il ne permettait aucune intimité dans le jardin». Réalisations et frustrations Le livre présente douze des 204 projets réalisés ou en cours de réalisation, sans doute les plus connus, comme la basilique Notre-Dame du Liban, à Harissa, l’immeuble Borj el-Ghazal, la Banque du Liban et d’Outre-Mer et le siège de l’Onu/Escwa, tous les trois à Beyrouth. L’avant-dernière section présente les «autres projets, en cours ou non réalisés»; le ministère des Affaires étrangères séoudien, à Ryad, non réalisé, une des «grandes frustrations» de Pierre el-Khoury ; d’autres projets : un quartier d’Alger, le Musée d’art moderne de Damas, le siège social d’al-Fuzan en Arabie séoudite, ou le Club Méditerranée d’Oman ont tous été refusés parce que trop avant-gardistes et trop coûteux. Au centre-ville, deux de ses projets sont en cours : un immeuble de bureaux (Park View) et l’immeuble de la Société immobilière de presse An-Nahar. Soucieux de la tradition La partie biographique a été assurée par George Arbid, un confrère de Pierre el-Khoury. Ce texte, très facile et agréable à lire (avec des références constantes aux architectures, dont les photographies sont placées de part et d’autre des pages), présente évidemment la jeunesse de l’architecte, ses premiers projets (avec un hommage à Fouad el-Khoury, son père, décédé en 1983), mais aussi son rapport à la tradition (l’architecte est un des fondateurs de l’Apsad, l’Association pour la protection des sites et anciennes demeures), son approche du terrain et son affection particulière pour le thème du patio. L’auteur s’attarde aussi sur les matériaux privilégiés et l’intérêt porté par l’architecte au «détail mécanique», avant de conclure sur les œuvres récentes et leur monumentalisme. Un ouvrage soigné, supervisé par Pierre el-Khoury, publié aux Editions Dar An-Nahar (191 pages), et qui sera certainement très utile aux étudiants, en manque cruel de documents.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quarante ans de carrière active dans le domaine de l’architecture libanaise et internationale peuvent faire l’objet d’un livre. C’est ce qu’a fait Pierre el-Khoury, en proposant de raconter ses souvenirs concernant les bâtiments qui ont construit sa célébrité, ici et ailleurs. Près de 200 pages, largement illustrées de photos, de dessins et de plans, dans lesquelles l’architecte se souvient dans quelles circonstances chaque projet a été réalisé, ses observations et ses commentaires sur ses clients et le terrain à construire. Petit extrait : «(Aimée Kettaneh) avait acheté un terrain à Yarzé. Quand je me rendis dans cette banlieue boisée de Beyrouth, je m’aperçus tout de suite que le terrain n’était pas très beau, au carrefour de deux routes, avec une vue limitée sur la montagne, et qu’il ne...