L’Académie libanaise des beaux-arts, Université de Balamand, inaugure demain, vendredi 10 mars, dans ses locaux de Sin el-Fil, sa nouvelle salle de cinéma ultraperformante. Une réalisation tant attendue qui profitera non seulement à l’École de cinéma et de réalisation audiovisuelle mais aussi à tous les départements de l’université, ainsi qu’au grand public. «Il en était grand temps», affirme dans un sourire M. Khalil Smayra, responsable administratif de l’École de cinéma et de réalisation audiovisuelle et initiateur du projet. Avant, l’Alba avait bien un auditorium, mais très modeste, mis au service des étudiants. Les années passant, le besoin d’avoir une salle techniquement bien équipée se faisait sentir de plus en plus fort. «À chaque fois que nous avions des manifestations, nous étions obligés de déménager», souligne M. Khalil Smayra. «Cela ne pouvait plus durer, surtout que nous sommes souvent amenés à recevoir des invités étrangers, à qui nous présentons les travaux de nos étudiants». Ainsi, il y a deux ans, l’Alba recevait Alain Robbe-Grillet. Il avait alors fallu louer une salle en ville, pour deux soirées, pour le visionnage de films. «Le succès du studio son numérique, que nous avons créé il y a trois ans, nous a par ailleurs beaucoup encouragés», poursuit M. Smayra, qui considère que ce studio est le meilleur au Liban et même dans la région tout entière. «Beaucoup de professionnels nous réclament cette salle, pour leur usage personnel. Nous sommes comme harcelés, ajoute-t-il, mais nous ne voulons pas la commercialiser ni la louer». Un modèle à suivre La nouvelle salle de cinéma est tout de bleu tapissée, et sent encore la colle et le flambant neuf. Salle de poche, elle contient une centaine de personnes et offre d’excellentes conditions de visionnage et d’écoute. La cabine de projection est équipée pour toutes sortes de films : 35 mm, 16 mm, vidéos et projections de CD-rom, à partir d’un ordinateur. C’est un ingénieur de son français et enseignant à l’Alba, Florent Lavallée, qui a prits en charge l’installation du système son, le Dolby Digital Surround. Le matériel a été entièrement acheté en France et testé dans des studios français. «Cette salle a spécifiquement été conçue comme une vraie salle de cinéma», souligne Khalil Smayra. «Nous n’avons pas voulu d’espace à cheval entre un théâtre et une salle de projection. Notre objectif principal est de former nos jeunes à apprécier la nouvelle technologie et les amener à toucher du doigt l’importance d’une bande son dans un film», indique-t-il. «Nous espérons, par ailleurs, être un modèle à suivre, car certaines salles du pays sont lamentables. Le public s’en plaint, et nous en avons fait l’expérience nous-mêmes». M. Smayra note par ailleurs que toutes les disciplines de l’université pourront profiter de cette initiative. Un architecte, par exemple, pourra désormais présenter son projet sur grand écran. «Fin mai, la nouvelle promotion d’étudiants en audiovisuel présentera ses projets ici», ajoute-t-il. «Et le jury international à qui nous faisons appel chaque année appréciera certainement les changements côté acoustique et netteté de l’image». Enfin, cette salle sera ouverte au grand public pour les séances hebdomadaires de ciné-club, tous les vendredis, à 19h. Interrompues pour cause de travaux, les projections reprendront à partir du 24 mars. Quatre films primés pour 1999 La salle de projection de l’Alba sera officiellement inaugurée demain, vendredi 10 mars. À cette occasion, l’École de cinéma et de réalisation audiovisuelle présente une sélection de courts-métrages d’étudiants de la promotion 1999. Quatre films qui, sur les neuf réalisés cette année-là, ont été primés dans différents festivals. L’inauguration se fera donc en présence des réalisateurs et acteurs, ainsi que de leurs parents et amis. – Insa de Simon Habre, à reçu le Prix de la meilleure réalisation au Festival du film de Beyrouth. Il s’agit d’un sujet qu’on connaît si bien chez nous : les vols de voitures. Une fois, puis une deuxième, voire même une troisième fois, puisque les voitures volées sont souvent volées à nouveau, puis revendues, etc. – Boom de Mali Badr, et al-Mousalsal, de Ziad Nassif, ont mérité les premier et deuxième Prix de la Future TV. Ces films ont également été montrés en octobre dernier au Medfilm Festival à Rome. Les réalisateurs ont, quant à eux, fait partie d’un jury international. – Boom est une comédie. Un homme se réveille un matin, se regarde dans la glace et ne se voit pas. Par contre, il voit nettement son cadavre étendu dans son lit… Dans al-Mousalsal, une famille refuse de quitter maison et village lors de la guerre de la montagne au Liban, en 1983. – Al-Houriya (La sirène), de Nadine Ghorra, est sélectionné pour la 19e édition du Festival de Chicago. C’est une jeune fille qui a toujours vécu à la campagne et qui rêve d’échapper à sa vie monotone et renfermée. Sur la place du village, un marchand de poisson lui fait écouter le bruit de la mer, la mer qu’elle n’a jamais vue. Forcée par son père d’épouser un paysan du village, elle s’enfuit, appelée par le bruit de la grand-bleue… 180 films seront en lice cette année au Festival de Chicago – représentant les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Bolivie, le Mexique, l’Angleterre et le Liban – autour du thème «Women in the Directors Chair» (Femmes réalisatrices). Signalons que le programme prévoit un deuxième film libanais, al-Hawch (Le bourg), de Cynthia Choucair, qui est elle aussi une ancienne de l’Alba.
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