Briguer la présidence des États-Unis était autrefois tâche sérieuse. Aujourd’hui, tous les candidats doivent sacrifier au rite des émissions satiriques télévisées. «Cela déterminera si je peux être comédien en chef», a plaisanté le candidat républicain George W. Bush, qui devait participer hier soir à l’émission Tonight Show sur NBC. Faire des blagues et en être la cible devant des millions de téléspectateurs est plus difficile que de prononcer un discours bien préparé. Mais de plus en plus de candidats estiment que le risque en vaut la peine. Le président Bill Clinton avait ouvert la voie, lorsqu’il avait été interrogé lors de sa première campagne sur ses sous-vêtements préférés – caleçons ou slips. Depuis, nombre de candidats lui ont emboîté le pas. Hillary Clinton, qui avait longuement refusé, et M. Bush, ont tous deux fait une récente apparition sur le Late Night Show du présentateur David Letterman, sur CBS, connu pour son ironie mordante. Celui-ci a demandé à M. Bush comment il faisait pour paraître toujours à l’aise, dans la bataille avec son rival républicain John McCain. «Je fais semblant», a répondu M. Bush. «C’est donc ainsi que vous comptez diriger le pays ?», a répliqué M. Letterman. John McCain, connu pour son humour, a déjà participé à la fois au Tonight Show et Late Night Show. Quand Jay Leno du Tonight Show lui a demandé comment son avion de campagne s’était embourbé, le sénateur de l’Arizona a répondu : «C’est un appareil russe, je mène une campagne pas chère. C’est une copie du (Boeing) 727 mais je crois qu’il a été construit à Moscou. Vous savez, c’est vraiment pas cher de louer. Un dollar par mois. En fait, c’est eux (les Russes) qui nous payent». Pour lutter contre son image d’homme rigide, le vice-président démocrate Al Gore a lui aussi participé au Tonight Show. Pressé de dire s’il préférait affronter Bush ou McCain en novembre, il a répliqué : «Celui qui perd». Selon un sondage Pew Research, un Américain sur dix pense que l’apparition de candidats dans des émissions satiriques est un bon test. Les hommes politiques de leur côté y gagnent gratuitement un temps d’antenne, et comme récemment pour Hillary Clinton, un candidat peut y engranger des bénéfices politiques. M. Bush a ainsi choisi de participer au Tonight Show à la veille du «super-mardi», sans pour autant reconnaître qu’il s’agissait d’une décision stratégique. «C’est une occasion intéressante de rire, et dans cette campagne, c’est parfois difficile de trouver de quoi rire», a-t-il expliqué.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Briguer la présidence des États-Unis était autrefois tâche sérieuse. Aujourd’hui, tous les candidats doivent sacrifier au rite des émissions satiriques télévisées. «Cela déterminera si je peux être comédien en chef», a plaisanté le candidat républicain George W. Bush, qui devait participer hier soir à l’émission Tonight Show sur NBC. Faire des blagues et en être la cible devant des millions de téléspectateurs est plus difficile que de prononcer un discours bien préparé. Mais de plus en plus de candidats estiment que le risque en vaut la peine. Le président Bill Clinton avait ouvert la voie, lorsqu’il avait été interrogé lors de sa première campagne sur ses sous-vêtements préférés – caleçons ou slips. Depuis, nombre de candidats lui ont emboîté le pas. Hillary Clinton, qui avait longuement...