Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Al Gore a courtisé avec assiduité les syndicats des travailleurs, une stratégie qui devrait porter ses fruits dans l’État de l’Ohio (nord-est), lors des primaires du «super-mardi». Les ouvriers affiliés aux syndicats comptent pour un tiers du vote démocrate dans cet État de la «ceinture de la rouille», au cœur de l’Amérique industrielle. L’Ohio a le plus fort pourcentage d’ouvriers syndiqués du pays : près de 20 % contre 12 % au niveau national, et les dirigeants syndicaux ont affirmé que l’on pouvait compter sur les ouvriers pour se mobiliser le jour de l’élection primaire. «La campagne électorale est en tête de notre ordre du jour», a indiqué John Ryan, secrétaire général pour Cleveland de la confédération syndicale AFL-CIO, qui compte 13 millions d’adhérents dans tous les États-Unis, et qui a donné son appui à Gore. Pas moins de 32 000 membres du syndicat ont été contactés au cours des dernières semaines à Cleveland par les syndicalistes responsables de la campagne électorale. Cette mobilisation ainsi que le taux de participation des ouvriers sera un élément-clé dans la victoire attendue d’Al Gore dans cet État. Selon un sondage Zogby-MSNBC rendu public, Al Gore écraserait son rival Bill Bradley dans l’Ohio, avec 69,6 % des intentions de vote contre 17,3 %. L’Ohio doit désigner 146 délégués démocrates, sur un total de 4 336. Si les syndicalistes sont méfiants de l’enthousiasme du vice-président pour le libre-échange et de ses conséquences sur l’emploi, ils soutiennent en revanche le reste de son programme. «Le libre-échange est son point faible», a dit John Ryan avant d’ajouter qu’Al Gore «a dit publiquement qu’il voulait inscrire la question du droit des travailleurs au cœur des futures négociations commerciales» de l’OMC. «Il a défendu le droit de grève. Il a été l’un des candidats présidentiels à parler clairement du droit des travailleurs à s’organiser», a-t-il souligné. Évoquant les positions de Bill Bradley, le dirigeant syndical a critiqué son ignorance sur ce point. «J’ai été surpris quand j’ai rencontré Bill Bradley. Il ne m’a pas semblé comprendre les problèmes avec la loi actuelle», a dit John Ryan en évoquant les craintes de certains salariés devant des sanctions de leur direction s’ils venaient à s’organiser. «Bill Bradley a voulu faire de l’argent et avoir une vie privée. Al Gore a préféré avoir une vie publique ce qui est, je crois, plus dur que d’être un banquier», a poursuivi le dirigeant syndical. Selon un expert de l’université d’État d’Ohio, Randall Ripley, le soutien de la confédération syndicale à Gore ne va pas constituer une contrainte pour lui dans le domaine du libre-échange s’il est élu à la Maison-Blanche. Les syndicats «savent quelle est la position de l’Administration Clinton-Gore sur cette question. Ils ne vont probablement pas l’influencer sur cette question», a-t-il estimé.
Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Al Gore a courtisé avec assiduité les syndicats des travailleurs, une stratégie qui devrait porter ses fruits dans l’État de l’Ohio (nord-est), lors des primaires du «super-mardi». Les ouvriers affiliés aux syndicats comptent pour un tiers du vote démocrate dans cet État de la «ceinture de la rouille», au cœur de l’Amérique industrielle. L’Ohio a le plus fort pourcentage d’ouvriers syndiqués du pays : près de 20 % contre 12 % au niveau national, et les dirigeants syndicaux ont affirmé que l’on pouvait compter sur les ouvriers pour se mobiliser le jour de l’élection primaire. «La campagne électorale est en tête de notre ordre du jour», a indiqué John Ryan, secrétaire général pour Cleveland de la confédération syndicale AFL-CIO, qui compte 13 millions...
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