Les Libanais sont de plus en plus nombreux à consulter des psychologues. C’est auprès des jeunes, âgés notamment entre 20 et 35 ans, que ces spécialistes ont le plus la cote. Le succès des spécialistes de l’âme auprès de cette tranche de la population pourrait être dû, entre autres, aux séquelles de la guerre, notamment la crise économique qui touche le pays, et le manque de repères. Beaucoup de parents également suivent le conseil de l’école et amènent leurs enfants pour des consultations. Les femmes jeunes qui font appel à une aide spécialisée sont généralement celles qui vivent des divorces ou des séparations. Dans les milieux aisés, on fait appel à l’aide d’un spécialiste à l’issue d’une séparation ou d’un deuil. Mme Viviane Touma, docteur en psychologie clinique et chargée d’études à l’Université saint-Joseph, note que «beaucoup de jeunes ne disent pas à leurs parents qu’ils consultent un psychologue, c’est d’autres membres de la famille qui sont au courant des thérapies». Et d’ajouter que «ceux qui sont amenés par leurs parents sont des jeunes inadaptés mais ce n’est pas généralement la vraie cause de la consultation». Évoquant les parents qui accompagnent leurs enfants aux consultations, Mme Touma note que «ces derniers montrent des réticences». En effet, tout le monde rêve d’avoir un enfant parfait, mais ce n’est pas toujours le cas. Les tout petits qui viennent en consultation souffrent de carences affectives, ont vécu la mort d’un parent ou sont les témoins de la séparation du couple. Ces enfants, qui expriment leur mal-être à l’école, ne parviennent pas généralement à se concentrer ou font face à une suite d’échecs. Ils sont très agités ou très solitaires. Les jeunes adultes âgés notamment entre 19 et 28 ans figurent également parmi les patients de Mme Touma. «Ce sont des personnes qui ont des problèmes relationnels, d’adaptation et d’insertion sur le plan professionnel ou privé», note-t-elle. La plupart ont subi beaucoup d’agitation dans leur vie. Mme Myrna Gannagé, docteur en psychologie clinique et chargée d’études à l’Université saint-Joseph, évoque les tout petits qui font face à des difficultés scolaires. «Ils masquent des troubles affectifs ; ce sont des enfants instables, déprimés, agités et ils manquent généralement de concentration à l’école», dit-elle. Soulignant que «beaucoup d’institutions scolaires envoient actuellement les enfants en difficulté à des consultations», elle indique que «parfois le psychologue devient une option de facilité pour les professeurs d’école qui ne parviennent pas à tenir une classe à cause d’un enfant bruyant car, dans certains cas, cet enfant ne souffre de rien». Certains enfants sont envoyés par des pédiatres ou des médecins de famille. Et la spécialiste de poursuivre qu’il «existe des élèves inhibés, qui ne s’expriment pas, qui sont repliés sur eux-mêmes et qui pourraient avoir des problèmes, mais généralement on ne le remarque pas car ils ne sont pas gênants en classe ; ces cas sont plus difficiles à dépister». Est-ce qu’il existe des caractéristiques qui marquent les parents et les enfants qui ont recours à l’aide d’un spécialiste ? «Les familles manquent de moments de loisirs», note Mme Gannagé. «Souvent les parents sont uniquement présents dans le cadre des études de leurs enfants ; ils partagent peu de moments libres ensemble», explique-t-elle. Évoquant ses consultations, la spécialiste indique que «quand le problème n’est pas important il peut être réglé au bout de quelques consultations». «Parfois les parents sont agressifs, ils discutent ensemble en présence de l’enfant sans le ménager», ajoute-t-elle . Il est nécessaire que l’adulte soit disposé à changer. Si les parents demeurent rigides, les thérapies n’aboutissent à rien. Parmi les patients de Mme Gannagé figurent beaucoup de jeunes âgés entre 25 et 35 ans. Ils viennent de toutes les régions du pays. «Ils sont conscients des bienfaits d’une thérapie et vivent des malaises», indique la spécialiste. «Ces jeunes se sentent incompris et manquent de repères : ils vivent les conséquences de la guerre», ajoute-t-elle. La crise économique qui touche le Liban génère également beaucoup de problèmes. «Je reçois de jeunes ambitieux qui ne parviennent pas à se réaliser, ils ne peuvent pas avoir tout ce qu’ils veulent et ceci leur crée des problèmes», note la spécialiste en poursuivant que «la société ne répond pas à ce que ces jeunes recherchent et ils en veulent à tout le monde».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Libanais sont de plus en plus nombreux à consulter des psychologues. C’est auprès des jeunes, âgés notamment entre 20 et 35 ans, que ces spécialistes ont le plus la cote. Le succès des spécialistes de l’âme auprès de cette tranche de la population pourrait être dû, entre autres, aux séquelles de la guerre, notamment la crise économique qui touche le pays, et le manque de repères. Beaucoup de parents également suivent le conseil de l’école et amènent leurs enfants pour des consultations. Les femmes jeunes qui font appel à une aide spécialisée sont généralement celles qui vivent des divorces ou des séparations. Dans les milieux aisés, on fait appel à l’aide d’un spécialiste à l’issue d’une séparation ou d’un deuil. Mme Viviane Touma, docteur en psychologie clinique et chargée d’études à...