Ils s’appellent Ai, Hassan, Hussein, Mustapha, ou Abbas, ils sont hauts comme trois pommes et ils fréquentent l’école publique de Cana, non loin du cimetière collectif du village touché par les bombardements israéliens de 1996. Ils vivent à Cana ou dans les localités voisines et sont régulièrement témoins des raids des avions de l’État hébreu au Liban-Sud. Ils sont neuf enfants en tout dans cette petite école de village à bénéficier d’une animation à visée thérapeutique. Créé sur mesure par les thérapeutes du centre, cet exercice a pour but, à travers une activité (pâte à modeler, dessin, peinture…), de favoriser le processus d’abréaction, d’atténuer les sentiments d’échec, d’impuissance et de culpabilité. Il devrait permettre aux enfants traumatisés par la guerre de verbaliser leurs émotions et de se projeter dans l’avenir. C’est Mlle Darina Bachalani, assistante sociale, qui anime régulièrement le groupe de l’école publique de Cana. Les neuf enfants, rassemblés dans une salle de l’établissement, munis de papiers et de crayons de couleurs, s’appliquent à esquisser un «dessin libre». Traumatisés par la guerre ou par leur environnement, ces enfants parlent en chuchotant et gardent les yeux baissés. Ils ont l’air triste, presque inconsolables. Une fois le dessin fini, chacun d’eux devrait expliquer à l’animatrice le contenu de la création qu’il vient d’achever. Que dessinent-ils ? Des maisons, dont certaines sont dépourvues de toit, et que «les habitants ont quittées» ; des bateaux vides «qui voguent seuls» ; une mer où un grand poisson «nage librement» ; une pluie aux grosses gouttes grises, étrangement semblables à des obus, qui tombe sur un toit gris, protégé par un immense parapluie aux couleurs de l’arc-en-ciel… La plupart des dessins présentent (avec les maisons, les bateaux, les poissons, la mer…) le drapeau libanais que tous les enfants «aiment». Pourtant mars n’est pas le mois de l’indépendance, et l’emblème du pays n’est pas facile à dessiner. Est-ce que les enfants aussi rêvent du jour où l’État libanais marquera sa présence dans toutes les régions du pays ?
Ils s’appellent Ai, Hassan, Hussein, Mustapha, ou Abbas, ils sont hauts comme trois pommes et ils fréquentent l’école publique de Cana, non loin du cimetière collectif du village touché par les bombardements israéliens de 1996. Ils vivent à Cana ou dans les localités voisines et sont régulièrement témoins des raids des avions de l’État hébreu au Liban-Sud. Ils sont neuf enfants en tout dans cette petite école de village à bénéficier d’une animation à visée thérapeutique. Créé sur mesure par les thérapeutes du centre, cet exercice a pour but, à travers une activité (pâte à modeler, dessin, peinture…), de favoriser le processus d’abréaction, d’atténuer les sentiments d’échec, d’impuissance et de culpabilité. Il devrait permettre aux enfants traumatisés par la guerre de verbaliser leurs...
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