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Actualités - Chronologie

Deux faits divers tragiques ont traumatisé la société L'Amérique cherche ses coupables

La société, la télévision ou la loi ? Les États-Unis, traumatisés cette semaine par deux drames qui ont fait quatre morts dont une fillette de six ans tuée par un enfant de son âge, n’en finissent plus de se chercher des coupables. Deux faits divers tragiques ont remis dans l’actualité la délicate question du contrôle des armes à feu, toujours en mal d’une solution en dépit d’une succession de drames qui secouent périodiquement l’opinion. Une fillette de six ans, Kayla Rolland, a été tuée d’une balle dans la poitrine par un garçonnet de son âge, en pleine classe, dans une école du Michigan (nord-est). Le lendemain, un déséquilibré a ouvert le feu dans deux restaurants fast-food près de Pittsburgh en Pennsylvanie (nord-est), tuant trois personnes et blessant deux autres avant d’être arrêté. Depuis, le sujet est partout. Les télévisions et les médias nationaux s’en sont emparés. En pleine campagne électorale, à huit mois de l’élection présidentielle, il est aussi largement exploité par les hommes politiques. Pour le président Bill Clinton, les coupables sont au Congrès. Il a décidé de mettre la pression sur les parlementaires des deux chambres afin qu’ils se réunissent en vue de l’adoption d’un projet de loi renforçant le contrôle des armes à feu, en souffrance depuis des mois. Il a vigoureusement dénoncé le lobby des armes incarné par la National Rifle association (NRA), en l’accusant de peser de tout son poids sur le Congrès. Le candidat républicain à la présidence George W. Bush met pour sa part l’accent sur la responsabilité du propriétaire de l’arme utilisée par l’enfant. «La question fondamentale est de savoir comment un garçon de cet âge a pu entrer en possession d’une arme à feu. Il faut demander des comptes à ceux qui ont permis cela», a-t-il dit. Dans le cas du décès de la fillette, un autre coupable – de taille – est incriminé : «la société» qui a «laissé tomber» l’enfant, auteur du meurtre. Le jeune écolier qui avait trouvé le pistolet calibre 32 roulé dans une couverture au domicile de son oncle, un petit dealer, menait une existence chaotique au milieu de malfrats et de drogués, sans même un lit pour dormir. Père en prison, mère absente, l’enfant avait pris l’habitude de faire le coup de poing avec ses camarades de classe et avait même été renvoyé de l’école, quelques semaines plus tôt, pour avoir attaqué l’un d’eux avec un crayon acéré. «L’État et la société négligent, voire abandonnent certaines couches (sociales), dans un climat chaotique, de la nourriture à la sexualité, en passant par l’argent et la façon de vivre, sans règle, sans stabilité, sans contrôle», estime le sociologue et juriste Emilio Viano. Mais on ne peut pas les accuser de tous les maux. On ne peut pas demander à l’État d’être partout, de tout contrôler, en permanence. En attendant, les autorités ont arrêté un adolescent de 19 ans, le propriétaire de l’arme, pour l’inculper d’homicide involontaire, faute de pouvoir faire de même avec l’enfant, trop jeune. Quant à l’auteur de la tuerie de Pittsburgh, un noir de 39 ans, inculpé d’homicide, son mobile semble avoir été le racisme antiblanc, selon la police. Les Américains possèdent entre 200 et 250 millions d’armes à feu qui tuent en moyenne chaque jour 13 enfants, un chiffre neuf fois plus élevé que dans les 24 autres plus grands pays du monde combinés.
La société, la télévision ou la loi ? Les États-Unis, traumatisés cette semaine par deux drames qui ont fait quatre morts dont une fillette de six ans tuée par un enfant de son âge, n’en finissent plus de se chercher des coupables. Deux faits divers tragiques ont remis dans l’actualité la délicate question du contrôle des armes à feu, toujours en mal d’une solution en dépit d’une succession de drames qui secouent périodiquement l’opinion. Une fillette de six ans, Kayla Rolland, a été tuée d’une balle dans la poitrine par un garçonnet de son âge, en pleine classe, dans une école du Michigan (nord-est). Le lendemain, un déséquilibré a ouvert le feu dans deux restaurants fast-food près de Pittsburgh en Pennsylvanie (nord-est), tuant trois personnes et blessant deux autres avant d’être arrêté. Depuis,...