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Actualités - Chronologie

Les dirigeants politiques essuient le feu des critiques de la presse européenne

Le renvoi au Chili du général Pinochet a été sévèrement critiqué hier dans plusieurs médias en France et en Belgique, deux des quatre pays européens où des procédures d’extradition avaient été engagées pour le juger. Mais plus que la libération de l’ancien dictateur, c’est le comportement des dirigeants politiques qui a été fustigé dans les éditoriaux. «Le comble de l’ambiguïté, pour ne pas dire de l’hypocrisie, sera atteint (...) notamment à Paris», a ainsi attaqué le quotidien français Libération. «À peine Pinochet envolé, voilà que nos plus hautes autorités, du président de la République au Premier ministre en passant par la ministre de la Justice, exigent sur l’air des lampions qu’Augusto Pinochet soit jugé dans son pays. Oubliant tout d’un coup que sa santé défaillante lui interdisait quelques heures plus tôt de comparaître à Madrid», a raillé son éditorialiste. «La raison des États l’a emporté sur le devoir de justice ; les nécessités de la diplomatie internationale l’ont emporté sur les appels de la conscience ; la dure loi des affaires du monde sur la mémoire des persécutés», a pour sa part déploré le quotidien communiste L’humanité. La presse belge était tout aussi virulente. «Toute l’affaire aura révélé le cynisme et l’hypocrisie qui prévaut dans l’univers des relations internationales, et cela tant du côté belge que du côté anglais», a jugé le quotidien néerlandophone Het Belang van Limburg. «Si le ministre (belge) des Affaires étrangères (Louis Michel) a longtemps encouragé les actions contre une impunité de fait accordée à Pinochet, il s’est rangé juste à temps pour que le doute plane sur ses motivations, et pour alimenter le soupçon quant à un exercice – réussi – de musculation diplomatico-médiatique», a regretté le quotidien francophone La Libre Belgique. Plusieurs quotidiens britanniques ont développé la thèse d’un accord politique entre les autorités britanniques, espagnoles et chiliennes pour renvoyer l’ancien dictateur dans son pays. La procédure d’extradition engagée par l’Espagne a en effet pris le pas sur les démarches françaises, belges et suisses. Le Daily Telegraph, le Guardian et l’Independent ont ainsi affirmé que ni la Grande-Bretagne ni l’Espagne ne souhaitaient voir l’ancien dictateur chilien, âgé de 84 ans, décéder sur leur territoire et ont négocié son retour dans son pays. La tonalité des commentaires était en revanche beaucoup plus mesurée en Espagne et en Suisse, où les journaux ont préféré mettre l’accent sur la nécessité d’une justice pénale internationale. «Un pas décisif a été fait vers l’établissement d’un Tribunal pénal international. C’est une grande victoire», s’est notamment exclamé le quotidien libéral espagnol el Mundo. «Aucun dictateur ne reviendra faire ses courses ou voir son médecin à Nice, Marbella ou Londres», a pour sa part commenté son rival socialiste el Pais. «Le dénouement de cette affaire montre que la mise en marche du Tribunal pénal international est une nécessité urgente et réelle», a insisté le quotidien conservateur ABC. Même analyse pour les médias suisses. «Le cas Pinochet aura considérablement fait évoluer le droit international. D’abord en rendant caduque l’immunité dont pensaient pouvoir bénéficier ad vitam aeternam les despotes en exercice ou à la retraite. Ensuite parce qu’il a réaffirmé le caractère universel et imprescriptible de certains crimes contre l’humanité», écrivait ainsi Le Matin.
Le renvoi au Chili du général Pinochet a été sévèrement critiqué hier dans plusieurs médias en France et en Belgique, deux des quatre pays européens où des procédures d’extradition avaient été engagées pour le juger. Mais plus que la libération de l’ancien dictateur, c’est le comportement des dirigeants politiques qui a été fustigé dans les éditoriaux. «Le comble de l’ambiguïté, pour ne pas dire de l’hypocrisie, sera atteint (...) notamment à Paris», a ainsi attaqué le quotidien français Libération. «À peine Pinochet envolé, voilà que nos plus hautes autorités, du président de la République au Premier ministre en passant par la ministre de la Justice, exigent sur l’air des lampions qu’Augusto Pinochet soit jugé dans son pays. Oubliant tout d’un coup que sa santé défaillante lui...