La presse juge sévèrement la gaffe du Premier ministre
le 29 février 2000 à 00h00
Les quotidiens nationaux consacrent hier de gros titres à la «tempête» soulevée par les déclarations du Premier ministre français Lionel Jospin, qui avait qualifié de «terroristes» les attaques du Hezbollah contre l’armée israélienne au Liban-Sud, et juge sévèrement sa «gaffe». Sous le titre «Jospin : la faute», Le Figaro souligne que «la liberté de parole prise par Jospin au cours de son voyage introduit une rupture de contrat diplomatique et politique, sinon constitutionnel, au sommet de l’État. Que cette rupture sans préavis jette le doute sur la politique étrangère de la France et rameute ses divisions internes, on en mesure déjà les effets». «Jospin l’a-t-il fait exprès ?», se demande le quotidien. «Qu’il ait voulu, par une manifestation de l’exercice le plus solitaire de son pouvoir, renverser le concept dit de la “politique arabe” de la France et affirmer son tropisme pro-israélien, c’est évident. Qu’il ait eu quelques arrière-pensées de politique intérieure, d’ailleurs périlleuses, c’est possible», écrit-il. Pour Libération, «les pierres de Bir Zeit ont transformé la “gaffe” de Jospin en faute grave. Cette agression a montré que le Premier ministre français n’a pas simplement perdu une manche dans la partie qui l’oppose à Jacques Chirac, mais aussi qu’il a été dépassé par les conséquences de sa propre action. Il a créé un incident diplomatique, ce qui est un comble pour quelqu’un qui cherchait au contraire à convaincre de sa stature présidentielle. C’est ce qu’on appelle donner le bâton pour se faire battre». Le quotidien économique La Tribune souligne quant à lui que «sur un sujet où il est impossible de laisser face à face deux pouvoirs distincts, un tel faux pas n’est pas à l’honneur de la France qui ne sort pas grandie d’un épisode dont Lionel Jospin doit assumer les conséquences». Aujourd’hui en France, le quotidien estime que le Premier ministre a agi comme s’il «en avait assez d’avoir, à Paris, les mains dans le charbon, de se faire reprocher son “immobilisme”, comme s’il craignait l’usure et cherchait à crédibiliser l’idée d’une sorte de coprésidence de la République». «Mais le résultat n’a pas été à la hauteur des espérances. Jospin a dû ravaler le mot qu’il avait prononcé. Il n’en finit pas de se justifier», note le quotidien. France Soir, soulignant que «le Premier ministre va devoir s’expliquer», estime que «reculer et a fortiori s’excuser ouvrirait à l’opposition un boulevard pour inscrire contre lui un procès sur sa stature d’homme d’État. Persévérer le conduirait à affronter sans fard le président. C’est pour cela que cette crise de la cohabitation est la plus grave de toutes les cohabitations». Pour L’Humanité enfin, «il serait exécrable que ces miasmes institutionnels aient des conséquences malheureuses du côté de Jérusalem, Gaza, Beyrouth ou Damas».
Les quotidiens nationaux consacrent hier de gros titres à la «tempête» soulevée par les déclarations du Premier ministre français Lionel Jospin, qui avait qualifié de «terroristes» les attaques du Hezbollah contre l’armée israélienne au Liban-Sud, et juge sévèrement sa «gaffe». Sous le titre «Jospin : la faute», Le Figaro souligne que «la liberté de parole prise par Jospin au cours de son voyage introduit une rupture de contrat diplomatique et politique, sinon constitutionnel, au sommet de l’État. Que cette rupture sans préavis jette le doute sur la politique étrangère de la France et rameute ses divisions internes, on en mesure déjà les effets». «Jospin l’a-t-il fait exprès ?», se demande le quotidien. «Qu’il ait voulu, par une manifestation de l’exercice le plus solitaire de son pouvoir,...
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