Né en 1881 dans une ferme d’Écosse, Alexander Fleming est devenu médecin grâce à un héritage inattendu qui lui a permis de financer ses études. En septembre 1928, il observe qu’une de ses cultures de staphylocoques dorés est envahie par une colonie de champignons minuscules véhiculés par l’air ambiant. Au contact de cette moisissure, les bactéries disparaissent par plaques. Comme si le champignon («Penicillium notatum») avait le pouvoir de les détruire. D’autres chercheurs avaient déjà remarqué le phénomène avant lui, et Pasteur, le premier, en avait fait état en 1877, à l’Académie des sciences. En 1927, d’autres chercheurs poursuivaient des travaux inspirés de ce phénomène. Ainsi, quand Fleming publie en 1929 son observation puis l’évoque à Londres en 1936 devant le congrès de microbiologie, il ne rencontre que très peu d’enthousiasme parmi ses pairs. Il faut dire que son «bouillon de culture de penicillium, ironisaient ses collègues, n’apportait pas jusque-là des résultats thérapeutiques». Fleming suspend donc ses recherches. Mais deux chercheurs, Ernst Chain, biochimiste fuyant le régime nazi, et Howard Florey, professeur à Oxford, connaissant les travaux de Fleming, y croient fermement et le poussent à isoler de son «bouillon» le principe actif. La Seconde Guerre mondiale débute en Europe et précipite les travaux des trois savants. Les plaies infectées des soldats entraînent des hécatombes qui déciment l’armée. Il faut absolument trouver un remède afin de limiter les pertes humaines. Le Lancet du 24 août 1940 publie leur découverte : extraire d’une culture de penicillium, sans en modifier la composition ni l’activité, l’insaisissable «antibiotique». Mais il reste à produire ce fabuleux produit en quantités suffisantes pour répondre aux besoins militaires. Chain et Florey partent aux États-Unis pour tenter d’obtenir aide et appui auprès de l’industrie pharmaceutique américaine. Réservée à ses débuts aux pilotes de la RAF et au personnel des usines d’armement, la pénicilline, grâce aux industries de la Grande-Bretagne, des États-Unis et du Canada, commence à soigner de plus en plus de monde. En 1945, Fleming, le précurseur, et ses deux collaborateurs, Chain et Florey, reçoivent le prix Nobel de médecine.
Né en 1881 dans une ferme d’Écosse, Alexander Fleming est devenu médecin grâce à un héritage inattendu qui lui a permis de financer ses études. En septembre 1928, il observe qu’une de ses cultures de staphylocoques dorés est envahie par une colonie de champignons minuscules véhiculés par l’air ambiant. Au contact de cette moisissure, les bactéries disparaissent par plaques. Comme si le champignon («Penicillium notatum») avait le pouvoir de les détruire. D’autres chercheurs avaient déjà remarqué le phénomène avant lui, et Pasteur, le premier, en avait fait état en 1877, à l’Académie des sciences. En 1927, d’autres chercheurs poursuivaient des travaux inspirés de ce phénomène. Ainsi, quand Fleming publie en 1929 son observation puis l’évoque à Londres en 1936 devant le congrès de microbiologie, il...
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