Une simple mouche, celle du vinaigre, est à l’origine d’une découverte scientifique de taille: celle de la protéine dite «de l’évolution de l’espèce». En d’autres termes, de la molécule HSP 90 qui interdit aux mutations de s’exprimer. C’est en 1859 que Darwin a énoncé sa célèbre théorie sur l’évolution des espèces et, au cours de ces 140 ans, sa théorie a progressé de façon inimaginable. Au cours de la seconde partie du XXe siècle, la biologie a réussi à identifier ce qui est à l’origine de la diversité des espèces: la mutation génétique. Cette mutation serait l’altération de l’ADN (matériel héréditaire) ayant pour résultat la mise au monde de sujets non-viables ou incapables de procréer. Les mutations toutefois, lors d’un bouleversement accéléré de l’environnement, empêchent la disparition des espèces en leur conférant une résistance innée au nouveau danger d’extermination qui les menace. L’exemple typique serait la résistance développée par certains agents pathogènes aux antibiotiques. Les «mutants», de plus en plus nombreux, finissent par établir leur suprématie sur leurs congénères, rendant la mutation générale: la résistance innée face à l’agent exterminateur (les antibiotiques). Deux scientifiques américains, Suzanne Rutherford et Susan Lindquist, auraient découvert une petite protéine empêchant les mutations de s’exprimer. Nommée «protéine de choc thermique» ou HSP 90, cette molécule est susceptible d’être à l’origine du foisonnement de la vie sur la planète. Les travaux sur la drosophile Les travaux des deux scientifiques américains portaient sur la mouche drosophile ou «mouche du vinaigre», selon son appellation commune. Cette mouche présente en effet une particularité: la molécule HSP 90 qui n’est synthétisée dans les cellules qu’en cas de changement important de température, chez la drosophile, elle est présente en permanence, même s’il n’y a pas de tension thermique. L’étude a cependant révélé que la modification rapide de la température entraînait une forte croissance de descendants malformés. Surtout au niveau des yeux, des ailes et des pattes: signes évidents de mutation. Le même résultat était obtenu par l’inhibition de l’action de l’HSP 90. Ce qui signifie que quand cette protéine est mobilisée par le stress ou mise «hors d’action ou de service», des mutations génétiques apparaissent spontanément. D’où la théorie énoncée par les deux scientifiques américains: «L’HSP 90 bloque l’expression des mutations chez la drosophile. Quand la protéine ne peut pas assurer son rôle, elle les rend muettes (ex: quand elle est sollicitée pour répondre à un choc thermique, les mutations accumulées s’expriment brutalement)». Si ce phénomène s’avère efficace pour d’autres organismes, il permettrait d’expliquer pourquoi la vie dans le passé, à certaines périodes, a explosé avec l’apparition de nouvelles espèces et d’une multitude de nouveaux groupes.
Une simple mouche, celle du vinaigre, est à l’origine d’une découverte scientifique de taille: celle de la protéine dite «de l’évolution de l’espèce». En d’autres termes, de la molécule HSP 90 qui interdit aux mutations de s’exprimer. C’est en 1859 que Darwin a énoncé sa célèbre théorie sur l’évolution des espèces et, au cours de ces 140 ans, sa théorie a progressé de façon inimaginable. Au cours de la seconde partie du XXe siècle, la biologie a réussi à identifier ce qui est à l’origine de la diversité des espèces: la mutation génétique. Cette mutation serait l’altération de l’ADN (matériel héréditaire) ayant pour résultat la mise au monde de sujets non-viables ou incapables de procréer. Les mutations toutefois, lors d’un bouleversement accéléré de l’environnement, empêchent...
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