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Actualités - Chronologie

Cosmic Carlos a vaincu ses démons

Trente ans après ses débuts tonitruants à Woodstock, shooté à l’acide, Carlos Santana a vaincu ses «démons» intérieurs : une enfance pauvre et abîmée, une colère sourde et les errances de la drogue. Son triomphe de mercredi soir marque, à 52 ans, un retour spectaculaire sur le devant de la scène pour ce guitariste de légende. «Cela prouve que le monde n’appartient pas aux 17-27 ans, comme on voudrait vous le faire croire à la télé ou à la radio», a asséné l’artiste, dans un entretien diffusé cette semaine par la chaîne de télévision CBS. L’émigré mexicain y évoquait son enfance, à Tijuana, son père qui l’avait mis au violon, les journées sans école à faire la manche dans la rue, écorchant sur une guitare une chanson pour un demi-dollar. À 13 ans, il écoute déjà les grands bluesmen de l’époque, Muddy Waters, Jimmy Reed, John Lee Hooker et Lightning Hopkins, qui se produisent dans les bouges de la frontière, forge son style et se produit dans des bars de strip-tease. «Je travaillais de quatre heures de l’après-midi à six heures du matin. On jouait pendant une heure. Les filles se déshabillaient pendant une heure. Je trouvais que c’était super», raconte-t-il. Il passe la frontière, est adopté par une famille américaine. C’est 1965, la guerre du Vietnam déjà, les hippies et la révolution culturelle. Vient 1969 et Woodstock, le concert historique qui le révèle au monde entier. Défoncé sur la scène, l’acide coulant dans les veines, Santana, tordu de grimaces, délivre une prestation enragée : «Ma guitare était comme un serpent électrique. J’ai demandé à Dieu de m’aider à tenir le coup. Ce fut une expérience effrayante», se souvient-il aujourd’hui. Après ses trois premiers albums, il arrête la drogue jusqu’en 1983, où il décide à nouveau d’enrober ses explorations spirituelles et musicales de volutes de haschisch. Il faudra son arrestation en 1991 pour possession de marijuana et les admonestations de son épouse Deborah pour qu’il y renonce. «Il avait besoin d’opérer des changements dans sa vie afin de rester avec moi et être le père dont nos enfants avaient besoin», confie cette dernière. «J’étais très en colère à une époque», reconnaît Santana. «Et je ne savais pas pourquoi». En 1995, Deborah le force à suivre une psychanalyse. Santana traîne les pieds. Six séances improductives avec la psychanalyste. «La septième fois, raconte-t-il, elle m’interrompt et me dit : “Qu’est-ce qui vous pousse à croire que le monde se réveille chaque matin avec comme seule idée en tête de vous rouler ?”». «Et voilà, c’était ça. J’ai compris que je pensais de manière erronée, en victime», poursuit Santana, révélant avec pudeur le traumatisme de l’enfance : des mauvais traitements sexuels par «un homme», entre l’âge de 11 et 13 ans. Un secret enfoui durant quarante ans. «Vous savez, d’abord, c’est quelque chose qui met mal à l’aise. C’est une partie très, comme les enfants disent, dégoûtante de ma vie», lâche le musicien. Parler l’a libéré. «Je me suis affranchi de tout sentiment de culpabilité, de honte, de jugement et de peur», assure-t-il aujourd’hui. Le résultat, «c’est cet album. C’est la récompense de ma confrontation avec mes soi-disant démons», ajoute-t-il en parlant de Supernatural, son dernier disque déjà vendu à 11 millions d’exemplaires. Sa spiritualité à base de New Age, de végétarisme et de langage transcendantal lui vaut parfois le sobriquet de «Cosmic Carlos». Sans l’émouvoir. «Si Cosmic Carlos c’est quelque chose que les gens ne comprennent pas parce qu’ils sont trop branchés sur la fréquence de la viande et des patates, ça ne me gêne pas !». Santana est peut-être le seul à ne pas être surpris de son retour. «C’est comme Jésus, on dit qu’il est revenu. Mais, en fait, il n’était jamais parti !».
Trente ans après ses débuts tonitruants à Woodstock, shooté à l’acide, Carlos Santana a vaincu ses «démons» intérieurs : une enfance pauvre et abîmée, une colère sourde et les errances de la drogue. Son triomphe de mercredi soir marque, à 52 ans, un retour spectaculaire sur le devant de la scène pour ce guitariste de légende. «Cela prouve que le monde n’appartient pas aux 17-27 ans, comme on voudrait vous le faire croire à la télé ou à la radio», a asséné l’artiste, dans un entretien diffusé cette semaine par la chaîne de télévision CBS. L’émigré mexicain y évoquait son enfance, à Tijuana, son père qui l’avait mis au violon, les journées sans école à faire la manche dans la rue, écorchant sur une guitare une chanson pour un demi-dollar. À 13 ans, il écoute déjà les grands bluesmen de...